mercredi 26 avril 2017

Le départ, l'arrivée, le séjour


Dans un peu plus de deux heures je serai loin. Dans mon bas Vivarais chéri j'oublierai la grande lessiveuse à recycler les Le Maire et autres Estrosi.
Finalement Sarkozy jadis avec son ouverture jouait petits bras, était dans l'expérimentation.  En Marche ! c'est le truc accompli, la machine grandeur nature à contourner les grognes populaires, à cocufier le votant.
Mais si en quinze jours le votant s'en apercevait, refusait d'aller faire sagement là où on lui dit de faire ?
Voilà qui serai nouveau et pour tout dire inespéré me direz-vous...

Un 26 avril quelque part en Bourgogne :


Valence : après un regrettable contretemps, j'ai pu enfin récupérer ma vieille mais brave voiture. Je me suis engagé sur l'A7 qui parcourt l'industrieuse vallée du Rhône puis, une petite centaine de kilomètres plus au sud, j'ai bifurqué sur la droite en direction du Teil. Vingt minutes plus tard apparaissaient enfin les douces collines tant désirées :





Vendredi 28.
Que serait une campagne présidentielle sans une petite piqûre de rappel des heures les plus sombres de notre histoire ?
La séquence bat son plein depuis ce matin.
Mais je m'aperçois que malgré mes espérances du début, je n'arrive pas à me détacher de ce grand moment d'agitation démocratique qu'est l'élection présidentielle.
C'est peut-être à cela que l'on reconnait un bon citoyen...


Il a franchi le rubicon. L'inverse aurait été incompréhensible. Il a mis fin à une incohérence qui lui faisait bégayer les mots de Marine Le Pen mais avec beaucoup moins de succès. Ça n'a l'air de rien mais c'est énorme : il est le premier d'une longue série à faire sécession de la doxa imposée, à rejoindre le grand parti d'opposition qu'est le Front National qui ressemble de plus en plus à un parti de gouvernement.









lundi 24 avril 2017

Insatisfaction




Insatisfaction, c'est bien le mot. C'est même un euphémisme.
J'avais imaginé, j'en parle un peu plus bas, une explication finale droite-droite, Fillon-Le Pen. Après tout ne dit-on pas que la France est majoritairement de droite ? J'avais espéré que les instituts de sondages se plantaient, ne voyaient pas le pays réel. Or la concordance de leurs prédictions avec les résultats finaux est quasi parfaite. Où va-t-on si l'on ne peut plus rêver avant 20 heures, dites-moi, si les sondeurs ne se trompent plus ?
Fillon out donc. On me dira que les électeurs de MLP en sont un peu responsables, je veux bien, je veux bien... Mais dans les 24% de Macron n'y a-t-il pas un peu d'électeurs LR qui font défaut à Fillon, qui se sont laissé abuser par une vilaine campagne de dénigrements ?
On s'achemine probablement vers une élection de Macron, mais quelle est donc cette droite qui unanimement appelle à voter pour lui au second tour ? Se reconnaît-elle dans le bidule échafaudé par Hollande pour se survivre ? Et l'électeur LR, cet éternel cocu, va-t-il écouter ses consignes de vote ?
Le petit père des peuples lui, pour le moment, n'appelle à voter pour personne. Imagine-t-on d'ailleurs les insoumis voter pour un banquier ? Je les imagine plutôt tentés par le FN ou l'abstention.
Que dira NDA à ses 4,5% d'électeurs ? Va-t-il lui aussi les encourager à rejoindre la farce macronnesque ?
Voici donc l'état des lieux, et il n'est pas brillant.
Nous risquons le 7 mai de reprendre 5 ans de hollandisme rajeuni.
Zob !

dimanche 23 avril 2017

A voté !



Très longues files d'attente à l'instant pour déposer le petit bout de papier dans l'urne. A l'assesseur qui cherche mon nom dans le fichier je demande :
- c'est l'heure de pointe ou bien c'est comme ça depuis ce matin ?
- c'est comme ça depuis ce matin qu'elle me répond, un vrai succès.
Finalement la surprise de ce soir ce sera peut-être une participation plus élevée qu'envisagée par les sondeurs.
A voté !

vendredi 21 avril 2017

L'arsenal

Dans la malle arrière de la voiture, un grand sac de sport noir comprenant un fusil de chasse, des munitions de calibre 12, deux gros couteaux de cuisine, un Coran ainsi qu'un sécateur*. Grâce à la carte grise de son véhicule, les policiers, qui disposaient en outre de sa carte d'identité et de ses empreintes digitales, n'ont éprouvé aucune peine à localiser le logement de Karim Cheurfi, qui vivait depuis 2015 chez sa mère à Chelles, toujours en Seine-et-Marne.

*Sans oublier la kalach...

Source.

En lisant cela, la liste de l'arsenal, m'est revenu en mémoire cette chanson de Gainsbourg : Viva Villa.
C'est la chanson du dimanche avant l'heure.

Deux fusils, quatre pistolets
Et un couteau à cran d'arrêt
S'en vont à Guadalajara
C'est pour un fameux carnaval
Que s'avance cet arsenal
Qui a pour nom Pancho Villa
Tout à l'heure au pied du calvaire
Il dira une courte prière
Puis il reprendra ses jurons
Et son chemin et sa chanson

Viva Villa!
Viva Villa!
Viva Villa!

Quatre fusils, dix pistolets
Quinze couteaux à cran d'arrêt
Viennent de Guadalajara
C'est pour un fameux carnaval
Que s'en vient tout cet arsenal


On recherche Pancho Villa
S'ils vont du côté du calvaire
Ils trouv'ront l'révolutionnaire
Ils lui f'ront entendre raison
Ou bien avaler sa chanson

Viva Villa!
Viva Villa!
Viva Villa!

Deux fusils, quatre pistolets
Et un couteau à cran d'arrêt
Allaient à Guadalajara
Ce fut un fameux carnaval
Quand on fit sauter l'arsenal
Qui s'appelait Pancho Villa
Il est là au pied du calvaire
Il vient de mordre la poussière
Les vautours ne lui laisseront
Que les os et les éperons

Viva Villa!
Viva Villa!
Viva Villa!



La nation





Le nationalisme c'est la guerre, mots connus. De la nation il conviendrait de s'en éloigner et nous serions bien inspirés de prendre des chemins de traverse, de s'en détacher comme je l'ai entendu ce soir. Mais quand la nation est attaquée, de nouveau terrorisée, ses policiers tués, alors soudainement elle reprend des couleurs cette nation mal-aimée. Des couleurs morbides. Ceux qui font tout pour l'enterrer, œuvrent  à sa dislocation méthodiquement au quotidien, la convoquent opportunément un soir d'attentat.
Mais la compassion sonne creux dans la bouche de ceux qui ont renoncé à l'idée même de nation, se refusent à voir la guerre, à la dire, mais arment malgré tout les policiers municipaux, demain les garde-champêtres, projettent la construction de murs de protection le long de nos promenades dominicales.
Si le nationalisme c'est la guerre, la paix qu'ils nous proposent n'est pas de tout repos, à bien des égards autrement plus dangereuse et détestable.
Ce soir Monsieur Hollande commentant les incidents des Champs-Elysées a employé cent fois le mot "nation", mais je ne sais plus de quoi il parle.
Le sait-il lui-même ? L'a-t-il jamais su ?

lundi 17 avril 2017

Résultats de premier tour



En exclusivité pour les lecteurs de DEMAIN A L'AURORE, afin de les remercier de leur fidélité, je livre ici avec un peu d'avance les résultats du premier tour de l'élection présidentielle :

- Marine Le Pen : 28,5%. Les électeurs étant du genre cachottiers, il m'a semblé normal de corriger son score à la hausse et ce en dépit de ce qu'affirment les sondeurs patentés qui prétendent l'avoir fait avant moi.
- François Fillon : 24%. Compte tenu des tombereaux de boue qui ont été déversés sur lui c'est une excellente performance : la France éternelle et rebelle avec des cheveux blancs a remis une pièce dans le juke-box.
- Emmanuel Macron : 15%. Ce qui est encore beaucoup trop pour un populiste d’extrême-centre et qui démontre bien, si nous ne le savions déjà, que nous devons rester vigilants, mobilisés contre la bête immonde au ventre toujours fécond.
- Jean Luc Mélenchon : 11%. Score qui devrait remettre les pieds sur terre au poète insoumis. Un petit séjour à Varna pour oublier les braves gens qui n'ont pas voulu de lui ?
- Benoit Hamon : 8%. Ce qu'il reste d'électeurs socialistes donc. Rien à en dire.
- Nicolas Dupont Aignan : 4%. Cette fois-ci s'il n'a pas compris qu'il peut retourner vendre des aspirateurs au porte à porte c'est à désespérer.
- Les autres... les autres on s'en fout mais l'on pourrait conseiller charitablement à Cheminade de regagner très vite l'asile dont il n'aurait jamais dû s'échapper.

Comme on le voit en regardant ces chiffres, la France reste bien un foutu pays de droite. On s'en félicitera ou on le déplorera mais c'est ainsi.

A noter que si dimanche prochain les résultats définitifs devaient quelque peu différer des miens, aucune réclamation ne sera jugée recevable.

dimanche 16 avril 2017

La chanson du dimanche


Du Léo Ferré qui ne donne pas mal à la tête : Jolie Môme.





T' es tout' nue
Sous ton pull
Y'a la rue
Qu' est maboule

Elle c'est plutôt Carmen. J'ai retrouvé ça dans mes archives que je parcours depuis deux jours, et comme illustration je trouve que ce n'est pas si mal.
La photo date de 2007, on peut cliquer dessus.


samedi 15 avril 2017

Paris - Le Caire, septembre 2007

Je suis toujours dans mes photos. J'en ai perdu beaucoup de ces photos que je pensais à l'abri sur un disque dur d'ordinateur, avant que celui-ci ne me plante définitivement. La photo numérique ne passera pas l'histoire je pense, et il est préférable de sauvegarder tout ce qui nous semble essentiel sur un support papier. M'enfin voilà : par miracle quelques-unes des miennes ont échappé au grand effacement. Y'a pas de raison pour que vous n'en profitiez pas, ça augmentera leurs chances de survie.

Paris - Le Caire en 2007 commence par l'avion (photos cliquables puis à dérouler, libres de droits même les floues) :


Et puis Le Caire, où j'ai beaucoup souffert de la chaleur entre parenthèses :


Le compagnon qui me manque






Si, plutôt que de vivre à Paris comme un imbécile j'habitais la campagne, j'aurais pour compagnon un chien comme celui ci-dessus. Lui nous l'avions récupéré un soir de novembre, épuisé, affamé par je ne sais combien de journées d'errance dans nos collines du Bas Vivarais. Il s'était jeté sur les croquettes du chat qui l'avait regardé faire dépité, avait vidé son bol d'eau puis était parti s'écrouler sur le canapé. Encore jeune, sans collier, j'ai eu ce soir là une grande envie d'adoption. Mais ce n'aurait pas été raisonnable. Ceux de sa race ont un besoin d'espace sans limite, une énergie qu'aucun mur ne peut contenir. Jamais il ne se serait satisfait de deux promenades-pipi par jour dans nos rues. Quoiqu'il en soit le dilemme fut vite résolu : dans la matinée suivante on toquait à notre porte : c'était son maître qui faisait toutes les maisons du quartier à sa recherche.
Son initiation à la chasse était terminée.

Rajout :
Ah tiens ! sur d'autres photos il en a bien un de collier. L'en aurait-on débarrassé sournoisement en vue d'un kidnapping en bon et due forme ? Je n'en ai plus le souvenir.
Adorable bestiole en tout cas...



jeudi 13 avril 2017

Grand déménagement / grand remplacement, Zemmour répond à Le Bras

Ne me demandez pas de quel côté mon cœur balance.



 Le grand remplacement » n'est ni un fantasme ni un complot ; c'est le secret le mieux gardé de la mondialisation ; son principe, son moteur, son âme. Ce n'est pas Renaud Camus, l'auteur de cette formule aussi brillante que sulfureuse, qui l'affirme ; ni un militant « identitaire », ni même un de ces intellectuels « réactionnaires » voués aux gémonies par la bien-pensance. C'est l'un des plus célèbres démographes français, l'un des piliers des pages idées de la presse de gauche, le compère d'Emmanuel Todd, le contempteur du Front national et des « fantasmes d'invasion » : Hervé Le Bras. Bien sûr, notre auteur continue de pourfendre cette notion de « grand remplacement », mais le paradoxe est qu'il en démontre l'implacable réalité mieux que quiconque. Il rejette le mot pour mieux en faire accepter la chose. Jamais il n'a été aussi clair, aussi limpide. Comme s'il tombait le masque. Comme s'il pouvait décrire la réalité sans fard car il était trop tard pour l'arrêter. Que nous dit son dernier opuscule ? Que la mondialisation, d'abord déménagement d'usines dans les pays pauvres, est désormais déménagement d'hommes dans les pays riches. Que ce ne sont pas les plus pauvres qui émigrent, mais les moins pauvres des pays pauvres. Que les stratégies d'aide au développement sont donc un leurre comme les réfugiés climatiques. Que « la croissance de la population française dépend des migrations. Sans l'entrée d'étrangers, le solde migratoire de la France deviendrait négatif et la croissance démographique cesserait rapidement ». Que les politiques devraient s'intéresser autant à l'immigration qu'à l?émigration. Que « 200 000 départs par an représentent presque le quart d'une génération ». Que les immigrés d'aujourd'hui n'ont rien à voir avec ceux d'hier, car « les migrations à longue distance qui viennent du monde entier ont remplacé les déplacements de proximité ». Ceux-ci rejoignaient une nation, une culture, une histoire à laquelle ils s'assimilaient (ou étaient renvoyés) ; ceux-là rallient une diaspora étrangère et ne cherchent qu'à « valoriser leurs compétences ». Et il est indigne de demander à leurs enfants de s'intégrer. S'intégrer à quoi ? À qui ? Pour Le Bras, un Français est celui qui a une carte d'identité française. À Saint-Denis, notre démographe voit 71 % de Français. Ce ne sont pas les murs qui font une nation, mais des papiers. Pas l'histoire, mais le droit. L'homme est un Homo migrans. L'homme n'est qu'un petit poisson rouge qui passe d'un aquarium à l'autre, comme sur la couverture de son livre. Un petit poisson rouge indifférencié, qui ressemble à un autre poisson rouge, sans mémoire ni racines. Il n'est pourtant dupe de rien. Le Bras a bien compris que nous étions revenus au plus ancien affrontement de l'humanité, « l'opposition entre ceux qui viennent de loin et ceux qui viennent de près, une opposition qui remonte au début de l'ère néolithique quand l'agriculture et l'élevage se sont répandus sur la Terre ». Le millénaire affrontement entre sédentaires et nomades, le combat biblique entre Caïn (l'agriculteur) et Abel (pasteur de petit bétail) ; Caïn tue Abel et fonde la première ville, pour protéger les paysans contre les nomades. Le crime fonde la civilisation. Cette histoire reprend partout sous les yeux dessillés de notre auteur, qui voit avec pertinence les Boko Haram, Daech, etc. comme « des sociétés hiérarchiques issues du nomadisme (opposées) à des sociétés plus démocratiques d'agriculteurs sédentaires ». Une opposition qui ne doit pas être réduite aux habituelles distinctions entre sunnites et chiites ou musulmans et chrétiens. Mais une distinction que Le Bras devrait étendre à nos contrées, non seulement pour les attentats revendiqués par Daech mais aussi, et surtout, pour la violence, abusivement qualifiée de délinquance, voire d'incivilités, de nos bandes banlieusardes (pour la plupart dirigées par des caïds sunnites) qui ont mis en coupe réglée d?innombrables quartiers, appelés « zones de non droit » alors qu'elles devraient être qualifiées plus justement, comme les Anglais osent le faire, de « sharia zones ». Mais Le Bras a choisi son camp, soutient la revanche historique d'Abel sur Caïn : il est pour les nomades. « Les migrations actuelles ne sont pas le fait de groupes guerriers, mais de civils sans armes ni hiérarchie. Toute comparaison avec les invasions du passé est donc fausse, bien qu'elle soit monnaie courante. » Le Bras nous la baille belle : ces groupes de civils sans armes ni hiérarchie sont le comble de la guerre asymétrique, la guerre du faible au fort. Des envahisseurs d'autant plus redoutables que leur force est dans leur faiblesse, dans l'humanisme et la culpabilité des adversaires. Le Bras accepte le monde tel qu'il est devenu. Cette essence même du conservatisme définit ce qu'on appelle aujourd'hui un progressiste. Notre monde « extraordinairement polarisé où l'impérialisme colonial a été supplanté par l'impérialisme culturel » détermine les stratégies de chacun : les meilleurs des Français émigrent aux États-Unis, tandis que les meilleurs des Africains émigrent en France. Hervé Le Bras trouve ringards (et racistes) ceux qui s'en offusquent. Il juge surtout ridicules ceux qui veulent arrêter la marche du monde. Vous réclamez du pain, mangez de la brioche ! Vous vous plaignez de l'immigration chez vous, immigrez chez les autres. Entrez dans la ronde plutôt que de tenter vainement de l'interrompre. Ne pensez surtout pas au destin de votre pays, pensez à votre destin individuel. « Il faudra admettre que la France perdra une partie de ses meilleurs citoyens qui seront remplacés par une partie des meilleurs citoyens de pays situés au-dessous d'elle dans l'ordre mondial. » Les uns remplaceront les autres, mais le grand remplacement n'existe pas. Le Bras est le Pangloss des migrations. Tout est bien dans le meilleur des mondes. Le grand remplacement est un grand déménagement du monde et Hervé Le Bras est son agent immobilier.

Eric Zemmour.