vendredi 28 octobre 2016

En pays Helvien


Tout est calme serein, immobile et silencieux. Quelques coups de fusil parfois au loin disent que par ici la chasse reste une tradition bien ancrée. Qui sait ce soir quelqu'un tapera à ma porte pour m'offrir un cuissot de sanglier. A moins que ce ne soit un chien égaré, épuisé, qui vienne me réclamer son droit d'asile, celui de partager la chaleur de mon feu.

mercredi 26 octobre 2016

Dans les classes populaires


Comment dire que le prolo est un con, un loser, un déclassé, une merde ?
Mais le dire plus élégamment que je ne le fais quand on est sociologue et socialiste !
Comme ça :




mardi 25 octobre 2016

Un youtubeur qui rend moins con


J'étais déjà par le passé tombé sur des vidéos de ce jeune homme et je m'étais fait la réflexion que tout n'était pas perdu tant qu'il se trouverait des têtes bien faites pour nous livrer ce genre d'analyse.
Voici sa dernière à écouter sans modération.


lundi 24 octobre 2016

Des Syriens



                            Des Syriens demandeurs d'asile après avoir fuit les persécutions de Bachar el-Assad .


Moi je les imaginais autrement les Syriens...
Mais en Auvergne ou ailleurs on n'y verra que du feu : c'est si con, si inutile, si effaçable, remplaçable, un plouc.
Voyez les poilus, nos monuments aux morts.

mercredi 19 octobre 2016

Paris-Bombay


           
                     Deux vieux et un jeune quelque part en Ouzbékistan trinquant à la vodka dans de petits bols.

Voila. Il est reparti notre pigeon voyageur. Après un premier périple avorté qui devait duré deux ans et qui l'aura mené jusqu'à la route de la soie en Ouzbékistan, le voici en route pour l'Inde avec escale à Istanbul. Au moment où je tape ces mots je peux suivre sur ce site en temps réel la trajectoire de son vol. Arrivée prévue de cette première étape à 19 heures* environ puis correspondance pour Bombay.
J'ai beau savoir que cette fois-ci il a en poche son billet de retour, qu'il prendra soin d'éviter les régions frontalières à problèmes, là ou l'Isl... où des populations... enfin bref vous m'avez compris, qu'il ira plutôt vers le sud, le Kerala  et Pondichéry, j'avoue ne pas être tranquille. Certes, la secte des adorateurs de Kâlî (les Thugs) qui offraient à leur idole des sacrifices humains avec une préférence pour les voyageurs étrangers, a, dit-on, été éradiquée à la fin du dix-neuvième siècle mais qui sait vraiment...
Toujours est-il qu'il n'est pas né celui qui le fera s’asseoir derrière un bureau en lui disant "on se revoie dans quarante ans pour calculer votre retraite". Il a pour lui l'idée d'un bureau plus vaste, infiniment plus vaste.
Alors va mon fils, et que Mercure te protège.

*Heure locale apparemment.



samedi 15 octobre 2016

De la houille aux gaz de schiste




Ce livre est décidément une mine, c'est le cas de le dire. Nous connaissons bien les différentes tentatives de groupes pétroliers pour explorer et éventuellement exploiter les ressources en huiles et gaz de schiste de la région de Montélimar comme nous connaissons les permis accordés à de grandes banques ou compagnies pétrolières à l'instar de ceux que signa Jean Louis Borloo* ( dont celui dit "permis de Villeneuve de Berg" ) qui tous reçurent une farouche opposition des populations concernées.
Mais qu'en était-il au début du 19ème siècle (1822) ?
Voici ce qu'en dit le Docteur Francus dans son livre "Voyage dans le midi de l'Ardèche" :

Il y a trois concessions de houille en exploitation dans la commune de Banne (outre une concession de minerai de fer non exploitée).
La première de ces trois concessions houillères, en date du 16 juillet 1822, donnée sous le nom de Pigère-et-Mazel à MM. Bayle, Garilhe et Thomas, de Banne, d'une superficie de cent quatorze hectares, fut rétrocédée plus tard à MM. Bergeron, Rivière de Larque, et Colomb frères. En 1836 elle reçut une extension de soixante six hectares. [...] (Suit une liste d'autres noms de propriétaires de concessions).
La compagnie houillère de Banne a extrait, en 1882, à elle seule, vingt deux mille tonnes de houille. La compagnie de Montgros, qui en avait extrait jusqu'à ce jour quelques milliers par an, a cessé son exploitation jusqu'à nouvel ordre. [...] (Suivent des considérations géologiques.)
En 1877, la compagnie de Montgros a commencé les travaux du puits St-Maxime et, à quelque distance de là, une galerie de St-Joseph. On a récemment découvert, au puits St-Maxime, un filet de houille grasse de vingt-cinq centimètres d'épaisseur qui paraît un indice assuré de la proximité des grandes couches houillères. La compagnie de Montgros a néanmoins suspendu, depuis, ses travaux de sondage. (...)


On le voit donc, si les huiles et autres gaz de schiste ont pour certains un avenir, ils ont aussi un passé.

*Alors "ministre de l'écologie, de l'énergie, du développement et l'aménagement durable", ça ne s'invente pas.

vendredi 14 octobre 2016

Un bilan




«Ma vie, elle a déjà été réussie.»

François Hollande.
"Un président ne devrait pas dire ça..."*
Source.

Pourquoi François Hollande a-t-il choisi de parler en vérité? Sans doute parce que sa carrière est derrière lui: «Ce n'est que du plus, je n'ose pas dire que du bonheur, mais que du plus», confie-t-il dans ce livre avant de lâcher ce mot pour l'histoire: «Ma vie, elle a déjà été réussie.»

 L'intégration? «Il y a à la fois des choses qui marchent très bien et l'accumulation de bombes potentielles liées à une immigration qui continue. Parce que ça continue.» Nadine Morano? «Je suis convaincu que, quand on interroge les Français, ils sont majoritairement sur sa position. (…) Ils pensent: “On est plutôt des Blancs, il y a plus de Blancs que d'autres.”» L'équipe de France de football? Elle est en proie à une «communautarisation, une segmentation, une ethnicisation». Le seuil de tolérance? «Je pense qu'il y a trop d'arrivées, d'immigration qui ne devrait pas être là.» Et de prendre l'exemple des professeurs devant les nouveaux immigrés. «C'est Sisyphe! On les fait parler français, et puis arrive un autre groupe, et il faut tout recommencer. Ça ne s'arrête jamais (…). Donc, il faut à un moment que ça s'arrête.» L'islam? «Qu'il y ait un problème avec l'islam, c'est vrai. Nul n'en doute.» Le voile? «Un asservissement.» Les migrants? «On ne peut pas continuer à avoir des migrants qui arrivent sans contrôle, dans le contexte en plus des attentats.» La sécession des territoires? «Comment peut-on éviter la partition? Car c'est quand même ça qui est en train de se produire: la partition.»

Merci pour ce moment mais tu nous laisses dans une belle merde enfoiré !

Ah au fait : Président Francois s'est excusé auprès des magistrats. Il s'est fendu d'une lettre.
Comme toujours en  bon français :

                                                                                                                                                                                     Même Fredi ne l'aurait pas faite celle-là...

*662 pages, 24,5 euros, pour les amateurs.

Un vieux débat



Il y a fort longtemps, je ne sais plus où ni quand, se produisit un débat passionnant dont seule la blogosphère a le secret. Il s'agissait de replacer dans la journée le moment de nos différents repas : quid de l'heure du déjeuner, de celle du dîner ? Moi dont la vie a toujours été rythmée par le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner, j'avoue que je tombais de haut en constatant que le sujet ne faisait pas consensus, bien au contraire.
Or il se trouve que j'ai entre les mains ce fameux livre du Docteur Francus, livre qui fut l'objet d'un billet précédent. Et que trouve-t-on au milieu de ce livre ? La journée d'été type d'un paysan ardéchois ainsi que le détail de ces cinq repas. Lisez plutôt :

En été, le paysan vivarois fait cinq repas :
1: Le tue-ver qui consiste à manger, au saut du lit, une tranche de pain avec un morceau de fromage - à défaut de quoi on se contente d'une sardine ou bien d'une gousse d'ail dont on frotte vigoureusement le pain ; autrefois on joignait à cela un ou deux verres de vin, et le ver était tué à merveille. Aujourd'hui* le vin est remplacé par un petit verre de mauvaise eau-de-vie lequel, s'il tue le ver, tue aussi l'homme peu à peu.
2 : Le déjeuner. A 8 heures du matin, les femmes le portent aux travailleurs occupés aux champs. En voici le menu ordinaire : [...] Je vous passe la description de ce menu qui pour nous il est vrai serait plutôt extraordinaire mais qu'il me serait fastidieux de recopier dans son intégralité. Notons simplement qu'il est 8 heures et que l'auteur parle bien de déjeuner et non de petit déjeuner dont il ne sera jamais question d'ailleurs.
3 : Le diner. Il a lieu à midi. Le plat fondamental est le fricot. Voici comment on le prépare :
On prend une poêle à frire - on la met sur son friquet (les anciens notaires ne mentionnaient jamais une poêle à frire sans ajouter avec son friquet) [...] là aussi et sensiblement pour les mêmes raisons que celles invoquées plus haut, je passe sur la reproduction de la recette du fricot. Je ne suis pas absolument certain que cette recette mérite la postérité et ce plat est de nature à retourner bien des estomacs contemporains y compris le mien qui en a pourtant vu d'autres. Mais je note que le dîner de ces paysans est en avance de 8 heures par comparaison du mien et qu'il est si copieux qu'une durmido (une sieste quoi) s'impose alors aux travailleurs.
4 : Le goûter forme le quatrième repas vers 4 heures de l'après-midi ; on y mange l'omelette, la salade, une tome fraîche, des figues sèches ou un autre fruit.
Bon. Là rien à redire quant à l'horaire du goûter. Soulignons cependant qu’offrir un pain au chocolat à un paysan de ces temps-là était probablement le plus sûr moyen d'en recevoir un autre en retour....
5 : le cinquième repas est le souper à l'heure où toute la famille est rentrée à la maison. On s'y contente ordinairement de manger la soupe et les restes des autres festins de la journée.
Voila...
J'espère avoir apporté utilement ma contribution à ce vieux débat.
Mais à ce stade un constat s'impose : que de temps perdu autour des repas ! la productivité devait s'en ressentir, non ? Aujourd'hui le problème est résolu : à part quelques vignerons il n'y a plus de paysans et l'anarchique nature a repris ses droits faisant disparaître les restanques** sous les genêts, les buis, les cades et les chênes rabougris.

En hiver, il n'y a que quatre repas : le tue-ver, le dîner vers 9 heures, le goûter à une heure après-midi, et le souper le soir en famille. Cependant, même dans les courtes journées d'hiver, il y a place quelquefois pour un cinquième repas qu'on appelle le réveillon. Il est fort agréable de réveillonner le soir autour d'un bon feu, en mangeant soit des beignets, soit plutôt des chataignes rôties ou à la braise (braisillado). 

Ces réveillons ou veillées étaient l'occasion de faire renaître les vieilles légendes comme celle parlant de ces scélérats qui n'hésitaient pas dès la nuit tombée à ouvrir les tombes des enterrés du jour surtout si le mort était un gros et gras chrétien, la graisse de chrétien étant supposée faire les meilleurs onguents. On raconte l'histoire de ce curé fortement constitué dont il fallu garder la tombe huit jours durant en se relayant le fusil chargé à portée de la main
Les idées se sont sans doute notablement modifiées depuis ; cependant je ne vous engagerais pas, après la mort d'une personne grasse, à trop tourner autour d'un cimetière de village.
Echos de traumatismes lointains portés par le vent glacé du nord, tout chargé de frayeurs par-dessus les douces collines, on en frissonnait toujours et quelqu'un demandait :
- a-t-on bien fermé la porte ?


*Je rappelle aux étourdis que nous sommes dans le dernier quart du 19ème siècle. Ce passage n'est pas sans rappeler la descente aux enfers de Coupeau dans l’Assommoir de Zola.

** Terrasses en escaliers dont l’extrémité de chacune est l'accès de la suivante.

jeudi 13 octobre 2016

Le pluriel

Le pluriel ne vaut rien à l'homme et sitôt qu'on
Est plus de quatre on est une bande de cons.
Bande à part, sacrebleu ! c'est ma règle et j'y tiens.
Dans les noms des partants on n'verra pas le mien.


mercredi 12 octobre 2016

Du bon docteur Francus




Dans une grosse, trop grosse poignée de jours, je serai de nouveau dans mon Bas-Vivarais chéri, autrefois patrie d'une tribu gauloise : les Hélviens.
Pour patienter je parcours, tantôt de la fin vers le début, tantôt le contraire, au petit bonheur, un livre que m’offrit naguère un ami de l'autre côté du Rhone :
"Voyage dans le midi de l'Ardèche" par le Docteur Francus (de son vrai nom Albin Mazon).
Albin Mazon est un ardéchois qui vécu le gros de sa vie au 19eme siècle et mourut à l'aurore du 20eme. On trouvera ici sa (courte) biographie.
L'édition que je feuillette date de 1966 mais son aspect est si austère et si vieillie qu'elle pourrait sembler de prime abord plus ancienne, contemporaine de l'auteur, d'autant que ce livre a constitué pour son précédent propriétaire un herbier abondant qui en a beaucoup taché les pages. Mais les quelques photos en noir et blanc qui parsèment l'ouvrage ne laissent planer aucun doute.
Qu'importe, l'essentiel n'est pas là.
L'essentiel est qu'il me fait vivre ou revivre un pays que je crois connaître mais qui est rigoureusement différent de ce qu'il fut il y a un peu plus d'un siècle. Vous allez me dire que ce n'est pas une découverte, que c'est vrai de toutes les régions de France, que je découvre la Lune, et vous aurez raison. Mais un siècle c'était hier et il se trouve que j'ai une affection toute particulière, intense, pour ce coin de France, que tout ce qui le concerne m’intéresse même si, le plus souvent, c'est pour me pencher sur un monde à jamais disparu, qui me restera définitivement inconnu (les marchés africains, les bals country de l'été, disent assez bien ici comme partout la fin d'un monde, la décivilisation.)
L'auteur, le Docteur Francus donc, prenant prétexte de ses observations régionales, glisse dans ses récits sans avoir l'air d'y toucher, avec beaucoup d'ironie et d'humour, des considérations savoureuses sur la Révolution dont on devine qu'il ne la porte pas trop dans son cœur, pas plus qu'il ne semble apprécier les politiciens de son époque.
Mais voici qu'en toute fin du livre je tombe sur ces mots à propos de l'école laïque et républicaine encore naissante :

...qu'il faut beaucoup pardonner parce qu'elle souffre et qu'elle est très ignorante. (...)
Barbe, saisissant l'occasion de mes paroles sur les résultats fâcheux de l'ignorance populaire, soutint qu'aucun régime n'avait autant fait que la République pour la supprimer. Il fit un éloge outré des instituteurs et, s'il en était passé un devant nous, il eût certainement essayé de me faire mettre à genoux devant lui. Il me reprocha vivement de ne pas signaler les belles maisons d'école construites ou en construction que nous avions rencontrées dans nos voyages.
Barbe appartient au groupe, assez nombreux pour le quart d'heure, de ces braves républicains qui ont élevé l'instruction laïque à la hauteur d'un dogme et ont fait des instituteurs une sorte de clergé nouveau. les bâtisses blanches leur tournent la tête. Ils s'en glorifient comme s'il suffisait de belles murailles toutes neuves pour instruire les enfants. Ils s'imaginent qu'avec cela la France est sûre désormais de battre Bismarck. Le temps leur fera voir clair dans ces chimères.

Voila. C'est remarquable non ?
Quant à moi, pour des raisons plus personnelles, j'ai hâte de tomber un jour sur son "Voyage au pays hélvien".

Que les jours passent, vite, et qu'enfin je me retrouve avec mes fantômes préférés, au coin de la cheminée, dans une solitude et un silence absolus à peine troublés par le crépitement des flammes.

dimanche 9 octobre 2016

Euh...

euh...
Marque l'hésitation, le doute, la restriction, la réticence.

- bonjour Alexandre euh... vous vous trouvez devant l'hôpital psychiatrique où 60 migrants euh...vont arriver. C'est ce qui pose problème, cet hôpital psychiatrique ?
- euh...oui bonjour Catherine alors pas seulement , euh... de ce t'hôpital euh...mais pas seulement euh...cette arrivée de migrants euh...pour une durée de huit mois euh... reconductibles, euh... pose questions. Un millier de personnes environ euh... sont venues euh... soutenir leur maire. On a senti aussi euh...beaucoup d'inquiétude euh...ils disent également euh...ils ont également euh... évidemment euh...peur. Et un peu plus tard dans la mitinée...euh... [...]...
...Le maire euh...sans étiquette euh...souhaite éviter euh...toute récupération politique.
- merci beaucoup euh...Alexandre.
- euh...
- non : c'est fini.





Euh.......
Quand on voit la qualité des reportages, on est bienheureux de payer sa redevance et de se sentir aussi correctement informés.




samedi 8 octobre 2016

On va au cinéma ?




- ça dépend, faut voir... y'a quoi à l'affiche ?
- y'a plus d'affiche, y'a des leds sur une façade laide.
- alors ?
- attends... Il m'a semblé voir "Les Sept Mercenaires" et "Cézanne et moi"...
- purée mais on n'y voit rien !
- c'est le progrès...
- y'a qui comme acteurs ?
- c'est pas précisé...
- bon allez viens on s'casse : j't'offre un pot.

mercredi 5 octobre 2016

Duplication


                                           


DUPLICATION, subst. fém.
Fait de doubler et son résultat.

L'autre soir j'étais allongé sur le canapé, une main où reposait ma tête, l'autre tenant la télécommande de la tévé, à la romaine si vous voyez le topo. Je zappais nonchalamment quand soudain apparut sur mon écran antédiluvien la face joviale, pleine de cette bonhomie qui lui est si naturelle, d’Yves Calvi. Il était entouré de ses intervenants habituels aux cheveux soignés quoique souvent blancs, si habituels que je ne comprends pas pourquoi j'ai tant de mal à me souvenir du nom de ces doctes personnages qui aiment à nous prodiguer inlassablement leur immense savoir aux heures de grande écoute.
"Tiens, me dis-je, c'est bizarre..."
Je m'attardais quelques instants. Il y était question de politique. Je dirais même de politique-fiction vu que nous sommes encore à six mois de la présidentielle. Chacun y allait de ses pronostics, de son argumentation parfaitement étayée mais dont je n'avais pas grand-chose à faire à vrai dire. Quand il m'arrive de tomber sur ce genre de débat, sauf étourderie, paresse ou fatigue, je zappe ou j'éteins en me disant "nous verrons bien en mai".
Non mais...
Mais là quelque chose m'amusait.
Pour en avoir le cœur net j'allais directement sur la Cinq pour me retrouver dans un décor familier, celui de "C dans l'air" animée depuis la rentrée par la très charmante Caroline Roux. Là aussi on débattait de politique ou du destin politique de quelques prétendants au trône. Le doute n'était plus permis : il y avait bien désormais DEUX "C dans l'air" ! L'une sur la Cinq et l'autre que j'avais entraperçue sur LCI, avec les mêmes invités interchangeables.
J'imagine aisément les échanges téléphoniques, les SMS frénétiques entre les deux compères :

Caroline Roux :
- Yvon mon chaton, j'ai un coup de mou dans mes audiences. Pour la semaine prochaine tu me refiles le Raymond ?
Yves Calvi :
- mais bien sûr ma chérie, tu sais bien qu'entre nous il n'y a pas de problème, qu'il n'y aura jamais de problème j'ai envie de dire... Par contre je te pique le Christophe et le Brice : un Raymond ça vaut bien ça.
- t'es dur en affaire toi...Ça va ! On fait comme ça. Des bisous partout mon nounours !

Oui parce que Raymond c'est du lourd, tout le monde se l'arrache. J'ignore s'il a voiture avec chauffeur mais si c'est le cas ce dernier ne doit pas souvent couper le moteur ! Avec ses allers-retours entre BFM, la Cinq et LCI il n'a plus une minute à lui le Raymond (Raymond la Science, on le surnomme dans le microcosme). N'empêche que parfois je le sens un peu las de ce petit jeu. Il y a des moments comme ça, en plein direct, où il s'échappe. Alors il croise les bras, ne participe plus au débat qu'en dodelinant de la tête, on sent qu'il aimerait être ailleurs, n'importe où, au Terminus Nord avec ses potes devant une choucroute mais pas ici. La Caroline le remet en marche d'un mot, d'un petit geste de la main glissé en experte sur la table, pas grand-chose mais c'est suffisant pour qu'il retrouve sa fiche mnémotechnique et nous la déroule en y changeant à peine une virgule, la même qu'il déroulera plus tard chez Yves Calvi. Du grand art...
Ah oui avant que j'oublie : "C dans l'air" sur LCI s'appelle "24 heures en questions", mais vous ne serez pas dépaysés. Sauf peut-être par la pub.







mardi 4 octobre 2016

Arts et Métiers direct par Levallois


                                             


Je voudrais que l'on se calme, mettre un peu de baume réconfortant sur les cœurs inconsolables, que l'on arrête de nous angoisser inutilement avec le fantasme du Grand remplacement, que l'on cesse une bonne fois pour toute avec ce mythe d'une France métissée qui n'a jamais existé et que certains brandissent pour diffuser la peur, attiser de nocives passions. J'en veux pour preuve, ou du moins pour indice sérieux, la dernière campagne contre la fraude dans les transports en commun de la RATP et de la SNCF. Ils ont eu beau faire, les concepteurs de cette campagne, beaucoup chercher avec toute la rigueur qu'on leur suppose, ils ont été infichus de trouver un seul visage issu de la diversité pour illustrer leurs belles affiches qui s'étalent dans les couloirs du métro, à nos arrêts de bus ou de tramways. Aucun noir, pas plus d'asiatique, tout juste un beau gosse brun aux origines indéterminées. C'est bien la France éternelle, romaine et apostolique dans ses œuvres les plus basses qui nous est donnée à contempler sur ces panneaux. Avec le diable sur ses épaules en mauvais conseiller.
Si vous pensez que ces images ne correspondent pas vraiment à ce que vous voyez dans votre rame, si vous trouvez le message de la RATP grossièrement stigmatisant et oublieux, je n'ai qu'un conseil à vous donner mauvais payeurs, incorrigibles tricheurs : fermer les yeux et prier pour votre salut ou une grève des contrôleurs.*

*Contrôleurs qui n'en peuvent plus de se faire agresser par des skinheads.



Quel coquin ce Pape...