samedi 5 août 2017

Rue du bourreau




Ben quoi ?
Il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas si longtemps, en notre nom, il rendait bien des services. Il a donc bien mérité de donner le sien à une rue.
La commune reconnaissante en quelque sorte.

mercredi 2 août 2017

Mémoires de S. suite




Non je n'ai pas renoncé à la viande non...
Mais ici, par ces chaleurs infernales, tandis que souffle un sirocco barbare, l'idée d'une côte de porc ou d'un steak me coupe par avance l'appétit. Alors, chose assez rare en ce qui me concerne, moi le carnassier sans vergogne, l'invétéré viandard, je me confectionne des salades : tomates, concombre, brins de fenouil, échalotes, œufs durs, olives noires, thon du petit bateau et, luxe suprême, des anchois ; ces anchois qui sont le sel indispensable à toute bonne salade. Jamais au grand jamais je n'y ajoute  cette graine jaunâtre que l'on nomme maïs, cette cochonnerie douceâtre et écoeurante dont je ne comprends pas pourquoi on ne l'a pas définitivement cantonnée à sa seule utilité reconnue : nourrir les volailles et les cochons.
Grâce à ce changement radical de régime je pense être en mesure d'affronter cette funeste canicule sans trop dépérir, d'autant que j'ai toujours par-devers moi, au frais, une cuvée du Pradel qui, aux heures les plus chaudes, m'envoie dans les bras de Morphée dans l'attente de l'heure exquise.

Le Recours de la Méthode



Alors que le dictateur et sa garde rapprochée ont trouvé refuge dans une grotte, qu'ils descendent quelques gobelets de rhum tandis que dehors gronde une tempête phénoménale, voici qu'un caillou jeté dans l'obscurité du refuge vient briser une jarre de terre cuite d'où apparaît une momie probablement Inca. Ce passage n'est pas sans rappeler une scène du Temple du Soleil, et est peut-être un clin d'œil à Hergé. Il faudrait vérifier la chronologie de sortie des deux ouvrages.
Reste que chaque page de ce roman d'Alejo Carpentier que je viens de commencer est parsemée d'un humour fin et érudit.
Voici le passage où il est décidé du devenir de ces momies :

Retrouvant l'extraordinaire sérénité qui succédait d'habitude à ces beuveries, le premier magistrat chargea son secrétaire de rédiger un rapport adressé à l'Académie des sciences du pays, au sujet de la découverte des momies ; on devait y relever l'orientation de la caverne, la position de l'entrée par rapport au soleil levant, l'emplacement exact des jarres, etc., comme le faisaient les modernes archéologues. De plus, on ferait don de la momie principale, celle du centre, au musée du Trocadéro de Paris, où elle serait mise en valeur dans une vitrine, sur un socle de bois, avec une plaque de cuivre : Civilisation précolombienne. Culture de Rio Verde, etc., etc. Quant à son antiquité, c'est l'affaire des experts de là-bas, plus prudents en ce domaine que les nôtres, trop enclins à vouloir démontrer, chaque fois qu'ils trouvaient l'anse d'une cruche archaïque, ou une amulette d'argile, qu'elles avaient été fabriquées selon une technique antérieure aux plus vieilles techniques d'Égypte ou de Sumer... Mais, de toute façon, plus la date gravée sur la plaque serait reculée, et plus de prestige en retirerait  le pays ; celui-ci posséderait ainsi des vestiges comparables, quant à l'antiquité, à ceux trouvés au Mexique ou au Pérou, dont les pyramides, temples et nécropoles constituaient comme les armoiries de nos civilisations. Et l'on démontrerait que nous n'avions rien d'un monde nouveau ou d'un Nouveau Monde puisque nos empereurs se paraient de splendides couronnes d'or, de pierreries et de plumes de Quetzal, à une époque où les ancêtres supposés du colonel Hoffmann erraient dans des forêts noires, vêtus de peau d'ours, des cornes de bœuf sur la tête, et où les Français, alors que la Porte du Soleil de Tiahuanaco comptait plusieurs siècles, n'avaient guère fait autre chose que de dresser des menhirs -pierres mal dégrossies dressées sans art ni grâce- sur les côtes de Bretagne.


lundi 31 juillet 2017

Petit à petit, la dictature



Étranges libéraux que la bande à Macron qui semble avoir oublié que dans ''libéral'' il y a le mot liberté. Que font-ils à peine arrivés au pouvoir ? Ils restreignent encore un peu plus la liberté d'expression  pourtant déjà réduite à peau de chagrin. À quoi peut bien servir de changer les têtes, de rajeunir les assemblées, si c'est pour entendre encore et toujours les mêmes conneries ? Quand donc serons-nous débarrassés de cette clique moralisante ? Ils prétendaient représenter le renouveau, une autre façon de faire de la politique et tombent dans les mêmes travers que leurs prédécesseurs socialistes.
Tout ça pour ça...

- Les députés LREM ont adopté un amendement au projet de loi de moralisation prévoyant une « peine d’inéligibilité » en cas de manquement à la probité. Celle-ci impliquerait « les faits de discrimination, injure ou diffamation publique, provocation à la haine raciale, sexiste ou à raison de l’orientation sexuelle », précise l’amendement.
Mathieu BOCK-CÔTÉ. - Vous me permettrez d’être franc : j’en suis effaré. Évidemment, tout le monde s’entend pour condamner le racisme, le sexisme ou l’homophobie. J’ajouterais que nos sociétés libérales sont particulièrement tolérantes et ont beaucoup moins de choses à se reprocher qu’on veut bien le dire. Mais le problème apparaît rapidement : c’est celui de la définition. À quoi se réfèrent ces concepts ? Nous sommes devant une tentative d’exclure non seulement du champ de la légitimité politique, mais même de la simple légalité, des discours et des idées entrant en contradiction avec l’idéologie dominante. Il faut inscrire cet amendement dans le contexte d’une offensive plus large pour comprendre sa signification. Prenons l’exemple du racisme. Depuis quelques années, on a amalgamé le racisme et la défense de la nation. Pour la gauche diversitaire et ceux qui se soumettent à ses prescriptions idéologiques, un patriotisme historique et enraciné n’était rien d’autre qu’une forme de racisme maquillé et sophistiqué. Ceux qui voulaient contenir l’immigration massive étaient accusés de racisme. Ceux qui affirmaient qu’il y avait un lien entre l’immigration et l’insécurité étaient aussi accusés de racisme. De même pour ceux qui confessaient l’angoisse d’une dissolution de la patrie. Cette assimilation du souci de l’identité nationale à une forme de racisme est une des tendances lourdes de l’histoire idéologique des dernières décennies. On l’aura compris, on accuse de racisme ceux qui ne se plient pas à l’idéologie diversitaire. Quel sort sera réservé demain à ceux qui avouent, de manière articulée ou maladroite, de telles inquiétudes ? Prenons l’exemple du débat sur le mariage pour tous. Pour une partie importante des partisans du mariage homosexuel, ceux qui s’y opposaient, fondamentalement, étaient homophobes. Ils n’imaginaient pas d’autres motifs à leur engagement. Comme toujours, chez les progressistes, il y a les intolérants et les vertueux. Pour eux, deux philosophies ne s’affrontaient pas : il y avait d’un côté l’ombre et de l’autre la lumière. Doit-on comprendre que dans l’esprit de nos nouveaux croisés de la vertu idéologique, ceux qui ont défilé avec la Manif pour tous devraient être frappés d’inéligibilité ?
Source Le Figaro de ce jour.

dimanche 30 juillet 2017

Mémoires de S.


                J'avais le plus bel amandier du quartier, j'avais plus bel amandier du quartier...

Un instant j'ai cru que Météo France s'était trompé, que nous aussi nous allions la recevoir l'ondée rafraîchissante. Mais non. Les nuages noirs chargés d'orages sont allés crever au-delà du Coiron, sur les plateaux de la Haute-Loire qui n'en ont pas besoin. Ils m'ont rejoué le mauvais tour fait au Bossu de Pagnol. Et les températures montent, montent. Le ruisseau qui jadis murmurait tous les étés à l'ombre des figuiers est désespérément sec. Nous ne sommes que le 30 juillet et, si la végétation est ici essentiellement composée de chênes rabougris, de chênes verts, si les seuls résineux que nous ayons sont quelques bouquets de cades clairsemés, on devine qu'il s'en faudrait de pas grand-chose pour qu'ici aussi les collines s'embrasent.
Plus encore : il me devient pénible de constater à chaque nouveau passage les dégâts provoqués par des évènements climatiques de plus en plus violents : ici ce sont des berges arrachées et des tonnes de cailloux emportées dans le lit du ruisseau ; là c'est une grosse branche d'un peuplier bi-centenaire brisée, jetée à terre ; plus loin c'est une lourde passerelle de métal, posée sur les deux rives au 19e siècle, emportée comme une planche de bois. Ces crues que l'on disait autrefois décennales, se produisent désormais une à deux fois par an voire plus. On les attendait assez naturellement à l'automne (épisodes cévenols), elles s'invitent depuis peu aussi au printemps et leur rage a été démultipliée.
Si, comme nous le prédisent les climatologues, ces événements devaient devenir la norme, alors cette région que j'aime tant prendrait des aspects inhospitaliers inconnus jusqu'alors.
Prions pour qu'ils se trompent.

samedi 29 juillet 2017

Retour aux sources



Le partage des eaux, d'Alejo Carpentier, aurait pu tout aussi bien s'appeler retour aux sources. Retour aux sources de la vie d'avant la création, retour au paradis perdu où l'or et le temps n'avaient aucune valeur. Paradis grandiose que l'on atteint non sans risques et que bien sûr on ne voudra plus jamais quitter, paradis dont les portes sont si étroites qu'il serait absurde et regrettable d'en perdre les clefs.

Nous sommes dans le monde de la Genèse, à la fin du quatrième jour de la création. Si nous reculons un peu plus, nous parviendrions à l'époque où a commencé la terrible solitude du du Créateur, la tristesse sidéral des temps sans encens et sans louange, lorsque la terre était vide et en désordre et que les ténèbres recouvrait la face de l'Abîme. [...]
Je vais me soustraire au destin de Sisyphe que le monde d'où je viens m'a imposé ; fuir les professions creuses, la course de l'écureuil dans son tambour, le temps mesuré, les métiers obscurs. Les lundi cesseront d'être pour moi des lundi des Cendres ; il n'y aura même pas lieu de se rappeler que le lundi est lundi, et la pierre que je portais passera à celui qui voudra se charger de son poids inutile.

Il avait raison mon ex député-maire que je croisais il y a peu dans ma librairie de quartier, qui me conseilla vivement la lecture de ce livre : il est encore plus lumineux que le Siècle des Lumières. Me reste pour la fin de mon séjour le Recours de la Méthode et je crois que j'aurais alors un bel aperçu de l'oeuvre d'Alejo Carpentier.

lundi 24 juillet 2017

Vacances



Il est trop tôt pour faire un compte rendu du livre qui repose sur cette méridienne mais déjà je peux dire que le passage où le narrateur décrit la 9e symphonie de Beethoven qu'il entend sur un vieux poste, dans une sorte de gîte d'étape non répertorié par le guide Relais et Châteaux, alors qu'il vient de traverser la Cordillère des Andes et que la nuit tombe sur ce coin de nulle part, est d'une beauté tragique qui à elle seule mériterait la lecture du Partage des Eaux d'Alejo Carpentier.
Mais qui donc est cet homme qui me conseilla la lecture de ces ouvrages que j'ai emportés dans mes bagages de vacances et qui prétendait ne pas aimer les récits de voyage ? Car c'est tout de même aussi un peu cela que ce livre.

dimanche 9 juillet 2017

Amen

La chanson du dimanche n'aura jamais aussi bien porté son nom.
Si vraiment bloguer c'est partager, et rien d'autre, alors cadeau.
Le final est sublime.

   

vendredi 7 juillet 2017

La culture aux cultureux


Je romps mon carême bloguesque par cet édito de mon réac préféré, Denis Tillinac, qui dit tout le mal qu'il pense de ces activités culturelles et autres animations socio-culs que l'on nous propose sur nos lieux de vacances.
Il va sans dire qu'en semblables circonstances, comme lui, je pratique ardemment l'évitement.

Pour le lire il suffit de cliquer sur l'image.



dimanche 2 juillet 2017

Message de service


Je m'aperçois à la relecture que mon billet d'hier soir qui se voulait iconoclaste aurait pu être mal interprété voire me faire passer pour ce que je ne suis pas.
Poubelle donc, et bon dimanche à tous.  

samedi 1 juillet 2017

Atelier non-mixte




Cette épreuve sportive (Dieu que le mot est juste) est proprement scandaleuse : rien que des blancs sur la ligne de départ, pas une gonzesse, et des mecs qui se signent ou embrassent la croix en franchissant la ligne d'arrivée. Je connais une sous-ministre à l'égalité femmes-hommes* qui serait bien inspirée d'aller y mettre son grain de sel.
Quant à moi je sais un endroit frais, au pays des cigales et de la farigoule où, volets clos aux heures chaudes, j'aurai plaisir à les regarder grimper les cols, un verre de chardonnay à portée de la main.

*Pfffff...

vendredi 30 juin 2017

On pénalisera


Pour comprendre ce qu'il convient de pénaliser on peut se contenter de la capture d'écran ci-dessous.
Mais on peu aussi suivre ce lien.


jeudi 29 juin 2017

Montmorency


Pourquoi Montmorency ?
Sans doute, certainement même, parce que voila bientôt 56 ans, par une belle journée ensoleillée de juillet, tandis que sur un autre mont s'éteignait Louis Ferdinand Céline, j'y vis le jour. Or donc, depuis ce jour béni des dieux, et bien que distante de chez moi que d'une petite trentaine de kilomètres, je n'avais encore éprouvé ni le désir ni la curiosité d'aller voir à quoi ressemblait la ville où je fis mes premiers pas. Paresse de la proximité sans doute qui toujours nous fait dire "une prochaine fois".
C'est aujourd'hui chose faite.



Montmorency conserve résolument un caractère provincial mais à cela s'ajoute un curieux mélange architectural que je crois assez unique. Comme toutes les villes provinciales elle a son "auberge du Cheval Blanc", ses kebab et ses Suédois (d'aucuns disent aussi Lyonnais) et même un tabac qui persiste à s'appeler "le Disque Bleu". Le Disque Bleu... C'est comme s'il s'était appelé "le Boyard", cela nous renvoie à un temps que les moins de vingt ans... La disque bleue c'était autre chose que le petit gris ou le caporal : c'était la gauloise de luxe. Mon père en fumait quand il avait fait des heures-sup.
Le curieux mélange dont je parlais plus haut s'observe dans la façon qu'ont les belles demeures bourgeoises aux jardins arborés de voisiner avec des bâtisses plus modestes, ouvrières ou paysannes, d'en partager l'espace sans frontières de classes, héritage peut-être de l'ancien régime dont l'on devine encore les parfums. La plupart des villes opèrent une ségrégation spatiale, pratiquent un entre-soi où l'insolente réussite rejette à la périphérie la misère et l'indigence. Ce n'est pas le cas ici. Au hasard des rues j'en ai vu de ces bâtisses qui menacent ruines quand elles n'en sont pas déjà. Bientôt dans leurs espaces libérés s'exprimera le génie des architectes de ce 21ème siècle en marche comme on peut déjà le voir ici ou là. Je peux me tromper, et d'ailleurs je ne rejette pas en bloc tout ce qui se construit aujourd'hui (bien des verrues du 19ème méritaient d'être rasées) mais il me semble qu'autrefois la mixité sociale (quand elle existait) n'engendrait pas tant de laideurs.



 J'ai poussé jusqu'à la collégiale Saint-Martin qui date du 16ème. Sorte de cathédrale en miniature avec de magnifiques vitraux, elle a en plus l'avantage d'avoir un parvis qui offre un point de vue exceptionnel sur la plaine en contrebas et jusqu’à Paris dont aujourd'hui, dans un ciel lavé par les pluies de la veille, on distinguait parfaitement les monuments, les tours de la Défense, celle de Montparnasse ainsi que la tour Eiffel. Peut-être est-ce ici que mon père nous emmenait mon frère et moi admirer, quand il s'en tirait, les feux d'artifices sur la capitale ? Nous habitions alors la ville basse.





Bref.
C'est une ville aux charmes étranges que j'ai découvert là, qui navigue dans plusieurs âges, adoptant parfois maladroitement une modernité qui bientôt aura raison d'elle, et je trouve que j'ai bien eu raison d'y naître un jour, quand elle était encore belle : elle convient à ma nature romanesque.
Avec tout ça j'ai oublié de vérifier si l'on y trouvait encore de ces petites cerises aigrelettes qui font sa réputation.
J'y retourne immédiatement.

NB : toutes les photos sont cliquables.

dimanche 25 juin 2017

Gros dégoût





Les incroyables clauses des contrats de mères porteuses.

Accès à l'assistance médicale à la procréation, tourisme procréatif, homoparentalité ? À l'heure des chamboulements dans la construction des familles, la Mission de recherche droit & justice - créée par le ministère de la Justice et le CNRS - vient de publier, après trois ans de travaux, un rapport sur « Le droit à l'enfant et la filiation en France et dans le monde », réalisé sous la houlette de la juriste Clotilde Brunetti-Pons, maître de conférences à l'université de Reims. « Aujourd'hui, la logique de marché domine ces évolutions, avance cette dernière. Nous sommes entrés dans une forme d'ultralibéralisme de la filiation. Le droit international de la famille a toujours cherché à lutter contre les trafics d'enfants. Ces évolutions balaient des années d'efforts pour les éviter. »
Un propos que le rapport illustre notamment au travers d'une étude sur des conventions de gestation pour autrui proposées par des sociétés étrangères, principalement aux États-Unis, et la revue d'ouvrages anglo-saxons de criminologie et de psychiatrie.
Élaborées par des avocats, ces con­ventions sont dans l'ensemble « très précises et très complètes ». En moyenne, les commanditaires débourseront entre 40 000 et 200 000 euros selon le pays où la gestation pour autrui est pratiquée, rappelle le rapport. Une somme sur laquelle 3 000 à 20 000 euros sont versés à la femme qui porte l'enfant. Les parents d'intention ont également la main sur la grossesse avec la possibilité de soumettre la mère porteuse « à un suivi médical et psychologique de son choix » ou encore d'imposer « une amniocentèse, un avortement, une césarienne, un cerclage ». Au-delà, « les clauses du contrat permettent aux commanditaires de définir le mode de vie de la femme enceinte », pointe l'étude. Comme la possibilité de continuer à travailler ou non pendant la grossesse ou l'autorisation de voyager.
Ces règles générales peuvent être accompagnées de listes pour le moins exhaustives d'interdits : « Ne pas mettre du vernis à ongles, ne pas porter de piercings (?) ne pas faire de sport, dormir convenablement, prendre telles vitamines, marcher suffisamment ou faire de l'exercice, ne pas assister à des funérailles, manger bio (?) ne pas utiliser de micro-ondes » Une intrusion « si forte » que les parents d'intention peuvent aller jusqu'à « encadrer, comme ils le souhaitent, la vie sexuelle de la jeune femme ».
Pour s'assurer du respect de ces obligations, la mère porteuse fait l'objet d'une « surveillance assidue », souligne cette étude. Une surveillance qui peut prendre la forme de visites de contrôle « diligentées par les commanditaires ou par la société intermédiaire » dans les États américains, tandis qu'en Inde les mères porteuses sont le plus souvent « tenues enfermées dans des cliniques spécialisées et soumises à un régime et à un emploi du temps strict » pendant neuf mois.
Après la naissance, hormis les sanctions financières prévues au cas où la mère porteuse refuserait de donner le bébé, « de nombreuses clauses de la convention ont pour objectif évident d'éviter que la gestatrice développe de l'affection pour l'enfant et essaye de le garder ». Comme l'interdiction de l'allaitement ou, au contraire, le tirage de lait de la mère porteuse dont la durée, la quantité ou les jours de livraison aux parents d'intention peuvent être circonscrits. Le contrat « va parfois jusqu'à interdire que l'enfant soit vu, touché, porté, a fortiori câliné » par la mère porteuse. Enfin, pour la remise de l'enfant, « une livraison pure et simple à la naissance sans aucun contact avec la mère porteuse et les parents commanditaires » est parfois prévue, tandis que d'autres contrats organisent des périodes de transition

Le Figaro du 21 juin 2017.


C'est aujourd'hui dimanche
Tiens, ma jolie maman,
Voici des roses blanches,
Que ton coeur aime tant
Va, quand je serai grand
J'achèt'rai au marchand
Toutes ses roses blanches
Pour toi, jolie maman....

samedi 24 juin 2017

Volubilis




Cette année, contrairement à la précédente, ma glycine ne m'a pas honoré de quelques grappes de fleurs, lourdes et mauves. Non. Elle qui se tient sagement et invariablement sur le balcon depuis près de dix ans, a eu cette fois-ci une autre lubie, une autre fantaisie : s'étendre et se répandre à raison de cinq centimètres par nuit, enlaçant amoureusement les fers du balcon, bien décidée semblait-il à le conquérir tout entier. Au début la chose m'amusa et je l'aidais même dans sa marche triomphante, la guidant dans la recherche de ses prises. Et puis je me suis interrogé : tout cela n'allait-il pas finir par lui être préjudiciable ? De quelle quantité d'eau allait-elle avoir besoin et n'allait-elle pas terminer l'été totalement épuisée ? Après quelques clics sur Google, j'appris qu'il était juste et bon de freiner ces ardeurs si l'on ne voulait pas se retrouver rapidement face à un fouillis inextricable. Mais j'appris autre chose que j'ignorais : ces tiges prolifiques sont dites (poésie du jardinier) volubiles tout comme la variété de plantes auxquelles elles appartiennent. Je me suis pris à imaginer des conversations à la fraîche sur l'eau trop chlorée, en quantité insuffisante ou le contraire, la paresse de certaines racines... Mais ce n'est pas tout !
Dans cette famille de plantes volubiles donc, s'opère une distinction assez amusante : la glycine par exemple, un brin réac probablement, est dextre, c'est à dire qu'elle ne s'enroule que sur sa droite dans le sens des aiguilles d'une montre ; à contrario le liseron, autre plante volubile, en bon gauchiste insoumis, s'obstine à ne s'enrouler que par sa gauche (on parle alors d'enroulement senestre). Et n'allez pas tenter de contrarier leur nature profonde : toujours, même si elles doivent en passer par des figures difformes, ces plantes reviendront dans leur sens commun.
Bref...
En conclusion il convient bien, non pas de leur tailler la bavette, mais de réduire leurs prétentions au strict minimum : 20 à 30 centimètres pas plus.
Ce que je fis sur le champ sans état d'âme.




Camus/Lebras


Pour une fois qu'on lui donne la parole (il était temps de réparer cet oubli, merci à Alain Finkielkraut de l'avoir fait), je m'en voudrais de ne pas la relayer ici :
L'un parle de ce qu'il connait, s'abrite confortablement derrière des chiffres et des statistiques, l'autre parle d'une chose plus immatérielle qui échappe à la science : l'âme des peuples.
Les deux semblent hélas irréconciliables.
Bonne écoute.


jeudi 22 juin 2017

La vie parisienne


Aujourd'hui j'ai pris le métro.
J'y fus un peu obligé.
Outre que ma vieille guimbarde n'avait probablement pas le droit de rouler en ce jour de pollution, que je ne le saurai jamais vu que j'ai négligé de me procurer la vignette qui m'aurait informé de mes droits,  elle était, coïncidence bienvenue, immobilisée dans un petit garage de banlieue, garage à l'ancienne où l'on pratique encore l'honnêteté, le diagnostic sincère et non faussé, le tarif étudié.
Donc j'ai pris le métro non pas aux heures de pointe comme Mado la Niçoise (ne soyez pas bégueules, regardez au moins les dix premières minutes) mais dans une de ces parenthèses calmes et rares où l'on a l'impression que la RATP ne fonctionne que pour vous.
En fredonnant "La Vie parisienne" j'ai pris cette petite vidéo :




C'est bien peu de chose, j'en conviens, mais fallait marquer le coup : demain je récupère ma chignole.

mercredi 21 juin 2017

Rompez !




Alors moi c'est peu dire que je ne suis guère Macron-compatible.
Mais je viens de regarder le discours de Président à l'adresse des musulmans à l’occasion du truc qui leur est cher et qui clôture la torture du jeûne.
Et c'était loin d'être si bisounours, en dépit du respect qu'il devait à la puissance invitante.
Que leur a-t-il dit en substance entre la datte et le fromage (avant en fait) ?
Il leur a dit que s'ils ne voulaient pas retraverser la Méditerranée avec un bon coup de pied au cul il fallait qu'ils se mettent dare-dare à l'Islam light, zéro calorie, compatible avec les mini-jupes et la pétanque-51. En gros.
En quelque sorte il leur a rappelé que l'invité n'était pas lui, ni nous, mais eux pour avoir poussé la porte de notre demeure un peu trop fort.
C'est un bon début je trouve.
A la fin on a entendu quelques applaudissements polis et Président a conclu :
- rompez !

Peut-être peut-on encore, pour se faire une idée et éventuellement doucher mes illusions, le réécouter ici.

Rajout du 22/06/17 :

Je trouve ça chez Causeur et du coup me sens moins seul : à l'évidence d'autres ont lu entre les lignes le discours de Président et en ont apprécié la tonalité.

mardi 20 juin 2017

Etre militant


Si nous voulions vraiment que les choses changent, nous serions tous comme ce jeune homme : nous irions porter la contradiction chaque jour là où la folie multiculturaliste fait sa propagande. Nous soumettrions à la question ces dégénérés qui ont fait vœux de trahison. Nous viendrions avec des camisoles pour les moins touchés, des pals pour les plus obtus.
Au minimum on peut faire comme lui : les filmer, enregistrer pour les générations futures leur hébétement face à quelques vérités énoncées.



lundi 19 juin 2017

L'odieuse routine




Fiché "S", 33 ans (Dieu est son maître mais c'est pas le crucifié), roulait en bon patriote en Renault Mégane avec dans son coffre tout un arsenal, armes de poing, kalachnikov, et bonbonne de gaz pour la pyrotechnique. La routine dans un pays en voie de libanisation bien avancée. Monsieur Molins désolé d’interrompre votre sieste mais vous avez encore une déclaration à faire. Au rapport !
Il va finir sur les rotules le proc...
Pendant ce temps une armée mexicaine tendance bobo très prononcée, cool, sympa, prenait d'assaut le palais Bourbon.
- tu sièges à quelle place toi ?
- j'sais pas on m'a pas encore donné l'info. Et toi ?
- tout là-haut à côté du gros Gilbert.
- Gilbert Collard ? Oh putain la lose !

A part ça je vais demander l'asile climatique au Groenland : je fonds comme un vieux morceau de saindoux.

samedi 17 juin 2017

Despotisme mou



Puisqu'on veut la faire taire ici ou là, et pour faire suite à mon billet d'hier au soir, donnons-lui encore, dans les limites de nos modestes moyens, la parole. 
Après-demain la télé sera redevenue ce qu'elle doit être : un désert pour l'intelligence.


C'est le principe du raisonnement par l'absurde : décliner les conséquences logiques d'une proposition pour en démontrer le caractère aberrant et donc l'invalider. Par exemple, un scrutin majoritaire uninominal en période de défiance du peuple envers les institutions et les partis, qui aboutirait à ce que 15 % des inscrits disposent de plus de 75 % des sièges à l'Assemblée nationale. Absurde, en effet. C'est pourtant le visage de notre démocratie. Une question s'impose : ce que nous appelons démocratie ne serait-il pas devenu le sympathique habillage d'une forme de despotisme plus ou moins consenti ? Certes, il nous est rappelé tous les matins par des médias soucieux de nous montrer le droit chemin que nous avons la chance infinie de ne pas vivre en dictature et qu'il nous faut donc applaudir à ce système qui garantit si bien nos libertés et droits fondamentaux.
Offrons-nous le frisson de quelques minutes hors des chemins balisés de la communion obligatoire. La démocratie serait donc une affaire d'institutions, et les nôtres joueraient bon an mal an leur rôle : exprimer la volonté du peuple. Qui peut écouter sans rire Benjamin Griveaux, porte-parole d'En marche ! expliquer qu'il n'y a aucun problème et que la démocratie consiste à ne se soucier que des votes exprimés (ou des survivants LR et PS se scandaliser d'un système qu'ils défendaient quand il les maintenait au pouvoir malgré une assise électorale de plus en plus restreinte). Les institutions ne sont qu'un outil, l'architecture permettant de traduire, dans une loi fondamentale qui tient compte de l'histoire et de la culture politique de chaque peuple, ses aspirations et ses choix. Celles de la Ve République ont visiblement atteint leurs limites.
Mais nous savons depuis Tocqueville que des institutions, si équilibrées soient-elles, ne sauraient définir à elles seules un régime démocratique. La démocratie est une pratique. Élire tous les cinq ans le prince pour mieux se rendormir une fois qu'il est acquis, couvertures de magazines à l'appui, qu'il marche sur les eaux, n'a que peu à voir avec cela. C'est bien le paradoxe de ce moment politique. La promesse du jeune prodige était un renouveau démocratique par la libération des énergies individuelles. Une forme de libéralisme tocquevillien qui prétendait rompre avec les pesanteurs de la sphère administrative pour rendre aux hommes la liberté dans les « petites affaire », seul vaccin contre le despotisme. Ainsi a-t-on vu ces « marcheurs» exaltés retrouver l'envie de participer à la chose publique et se porter candidats pour renouveler des élites sclérosées. Bouleversant.
Hélas, le bel élan démocratique n'a fait que nourrir l'ouragan jupitérien. Pourquoi ' Parce que la démocratie est avant tout un état social. Et parce que cette séquence politique a marqué la victoire du renouveau sans risque, de l'éviction des élites politiques pour mieux préserver les élites économiques. Rien à voir avec un réveil démocratique de la Nation tout entière.
Dans une société fondée sur le bien-être et l'extension indéfinie du domaine de la consommation, la plus grande peur est de perdre le peu que l'on a. La part des citoyens que leur statut social protège des ravages du libre-échange (désindustrialisation, destruction des structures traditionnelles?) consentira à bien des abandons pour préserver sa tranquillité. Surtout si, par ce choix, le miroir médiatique lui renvoie l'image valorisante de la modernité et de la résistance au populisme.
Une société authentiquement démocratique n'a rien à voir. Elle repose sur des institutions équilibrées, dans lesquelles le législatif ne serait pas inféodé à l'exécutif, sur l'articulation entre l'expression du peuple et le poids des corps intermédiaires. Elle repose surtout sur la reconquête par les individus de leur autonomie, la possibilité de maîtriser leur vie sans dépendre d'un système imposé ou d'une puissance extérieure. Elle repose sur l'idée que tout abandon de souveraineté individuelle et collective doit être consenti. En ce sens, une société où les paysans dépendent de quatre multinationales pour obtenir des semences n'est pas démocratique. Une société où l'attention des individus devient une richesse vendue par des fournisseurs Internet contre des espaces publicitaires n'est pas démocratique. Une société dans laquelle 25 % des enfants de 10 ans ne maîtrisent pas les savoirs fondamentaux n'est pas démocratique. Une société où les citoyens ont abandonné tout espoir de maîtriser leur destin collectif et de modifier un système économique qu'ils jugent injuste, au point de cesser de voter, n'est pas démocratique.
Ce n'est pas seulement une réforme institutionnelle qui renversera le despotisme mou, c'est une révolution économique et culturelle partant, non pas des sphères jupitériennes, mais de la base, c'est-à-dire de chacun de nous.

Natacha Polony.

Et puisque demain c'est dimanche :

Un peu Piaf, un peu Fréhel ou Damia, la chanson du dimanche proposée par un intervenant de ce blog :


vendredi 16 juin 2017

L'Europe en 38 minutes

De ces élections qui auront été épuisantes pour tout le monde il n'en sera donc rien ressorti. Elles s'achèveront dimanche soir avec la constitution d'un parlement de branquignols incapables pour beaucoup de s'exprimer dans une langue intelligible, de maîtriser un commencement d'idée cohérente. Quelques vidéos assez sidérantes circulent qui donnent un aperçu du vide abyssal de nos futurs représentants, de leur inculture politique. Cette inculture politique est pain béni pour ceux qui comptent bien poursuivre le projet dictatorial européen : il n'y aura guère d'opposition dans un parlement composé de semi-débiles.
Dans cette campagne électorale tout a été fait pour parasiter les vrais sujets, ceux qui nous concernent et concerneront nos enfants au quotidien : immigration, souveraineté, Europe.
S'agissant de l'Europe je découvre chez Grincheux Grave une vidéo, fort bien réalisée par un talentueux militant UPR (j'imagine) qui nous explique dans quelle dictature nous vivons. Je m'en serais voulu de ne pas la relayer ici.
Je n'ai pas voté pour Monsieur Asselineau mais je lui reconnais le mérite d'avoir élevé le débat au-dessus des costumes de F. Fillon.
Je ne suis pas convaincu, c'est peu dire, que les 450 députés LRM en seront capables demain mais je ne doute pas qu'ils représenteront parfaitement cette France crétinisée dans laquelle il nous faudra vivre malgré tout jusqu'au jour où elle aura totalement mourue.
Si vous ne voulez pas finir aussi con qu'un militant LREM prenez le temps de regarder cette vidéo.



jeudi 15 juin 2017

Le web expliqué par Barbara





Le modèle connectiviste semblait devoir apporter une ouverture sur le monde, de même qu'une optimisation radicale des standards de l'information. Après quelques années d'internet à haut débit, on voit déjà qu'il n'en est rien. Bien au contraire, on constate que l'utilisateur compulsif des plateformes de connexion vit dans un univers parallèle qui est en vérité une sorte de brouillard opacifiant et neutralisant. Le surfeur ne "ride" pas, il est juste manipulé.

La suite ici et un blog à découvrir. 


mardi 13 juin 2017

Camembert plus vidéo Michel Onfray


Joli camembert trouvé chez Incarnation (voir ma blog-roll).
Une fois n'est pas coutume, j'appartiens au camp des vainqueurs !



Michel Onfray qui comme moi et tant d'autres s'amuse à dire qu'il appartient aussi au camp des vainqueurs puis, plus loin, brandit le camembert proposé ci-dessus et en fait l'analyse :

dimanche 11 juin 2017

La fête des pères




Quand une femme belle à s'en damner vous dit un soir d'été "fais moi un bébé" comment dire non ? On s'exécute en se disant que ça ne marche pas à tous les coups. Sauf qu'entre nous ça marchait à tous les coups. C'est si simple et si compliqué de devenir père. Je le sais. Il y a 25 ans je perdais à jamais mon insouciance, le reste de ma vie restera définitivement suspendu à ce nouvel état, à ces mots lourds de conséquences : je suis père.

Bonus chanson du dimanche :

Avertissement !
Contrairement à ce que l'on pourrait légitimement penser ce morceau n'est pas de Chopin.
Mais c'est joli quand même.


vendredi 9 juin 2017

Tapiner

tapiner
Définition
Travailler, se prostituer, faire le tapin

Moi j'ai rien contre les tapins, bien au contraire.
Mais il y a un âge, je trouve, où il faut savoir s'arrêter.
Ou prendre le risque de dégoûter le chaland.

Elisabeth Guigou, 70 ans, faisant de la retape le 5 juin dernier à Pantin auprès des musulmans de Seine-Saint-Denis, derniers électeurs socialistes :


mardi 6 juin 2017

Nouveau jeu




- Salut Riton !
- Salut mon Pierrot... j'te paie un demi ?
- Pourquoi seulement un demi ? Non je déconne... tu joues à quoi ?
- C'est un nouveau jeu : miser sur le prochain attentat.
- Ah bon !? ... c'est quoi les règles ?
- Ben tu vois c'est assez simple : là tu choisis le pays où aura lieu le prochain attentat, puis tu sélectionnes une ville, ensuite tu coches une date dans les quinze jours prochains jours.
- Génial ! Et ça rapporte ?
- Ça dépend... ça dépend de la bonne volonté des terroristes. En gros tu rentres facilement dans tes frais.
- Mais c'est nul ton jeu !
- Pas tant, pas tant... tu vois, là, tu paris sur le nombre de morts, c'est le numéro chance. Si tu l'as c'est jackpot ! Tu peux enfin te barrer de ce pays de merde !
- Passe moi une grille. Et à la tienne mon frérot.

mercredi 31 mai 2017

Shit




On est mal barrés, moi j'vous le dit...
La main sur le cœur, comme l'Autre sur l'esplanade du Louvre le soir de sa consécration.

Bayrou like, Marlène Schiappa veut un buzzer et le King une task force...
Vous pouvez vérifier : on en a parlé dans la Newsroom sur CNews, comme dans BFM Story je crois bien aussi (j'peux pas être all over).
Mais tout cela fort heureusement échappe à nos chères têtes blondes qui, par ces temps de chaleurs prématurées, ont d'autres préoccupations : se rafraîchir.
Et pour y parvenir, ça coule de source, elles font du street-pooling .

Comment dit-on "on est dans la merde" en anglais ?

dimanche 28 mai 2017

Compte-rendu de lecture




Et puis soudain, comme fatigué par cette révolution qui semble ne plus savoir où elle veut en venir, la délaissant, Alejo accoste sur une île inhabitée, avec son personnage, Esteban, qu'il suit sur cette plage de sable blanc, accumulation de coquillages concassés, broyés par les millénaires, si fin, si blanc, que le plus minuscule des insectes y imprime les traces de son passage, glisse comme l'eau entre les mains*. Il dresse alors en de superbes pages, d'éblouissants tableaux géologiques et poétiques où l’œil peine à percevoir ce qui est vivant de ce qui est mort. A l'image de cette révolution dont les échos lointains, après le tournant de la terreur, ne permettent pas de distinguer ce qu'il reste des idéaux du début : peut-être que là-bas déjà, à des milliers de kilomètres, on rouvre les églises que l'on brûle encore ici. Cette révolution qui a apporté par delà les mers l'abolition de l'esclavage, aussitôt remplacé par le travail obligatoire ; la liberté pour tous, mais la guillotine pour les paresseux qui souhaiteraient ne plus se rendre aux champs couper la canne à sucre, s'imaginant déjà citoyens de la République ; la culture pour tous mais, à l'Opéra improvisé sur l'estrade de l'échafaud remisé pour l’occasion, un cordon sanitaire séparant les nouveaux riches de la populace. Contradictions, promesses non tenues de cette révolution insaisissable.
Quelques pages plus loin c'est une ode au métissage que l'on reçoit sereinement car elle n'est pas un ordre, une injonction, un catéchisme imposé à réciter la baïonnette dans les reins, mais une allégorie de l'aventure humaine sans cesse renouvelée depuis la nuit des temps, perpétuée dans cette Méditerranée caraïbe où déjà s'échouent sur les rivages du Nouveau Monde, les débris d'amphores de vins importés de la vieille Europe, comme les prémices d'une civilisation renaissante (Bernanos aussi a vu ça).
Plus loin on s'arrête sur une recette de cochons farcis de cailles, de pigeons ramiers, de poules d'eau, que l'on aimerait bien reproduire cet été. Nous manquerait alors quelques feuilles de goyaviers à jeter sur les braises. Pour le parfum.
Merveilleux livre, vraiment.

"Le Siècle des Lumières" correspond exactement au genre de roman que j’affectionne en ceci qu'il est aussi un travail d'historien (comme l'étaient à leur façon Zola et Balzac). Mais c'est le préfacier, Jean Blanzat, qui exprime mieux que je ne saurais le faire le travail d'alchimiste auquel se livre Alejo Carpentier, historien-romancier.
Ne jamais négliger les préfaces.

*Et comme je les connais ces plages...

Distorsion

 distorsion
nom féminin
(latin distortio, -onis)


Action de distendre un muscle, un ligament, de déformer le visage, etc.
Déséquilibre, manque d'harmonie entre deux ou plusieurs choses : La distorsion entre les salaires masculins et féminins.
Électricité
Déformation d'un phénomène périodique au cours de sa transmission.
Électroacoustique
Ensemble des défauts qui, dans la reproduction du son, altèrent un son entre sa source et l'oreille.
Statistique
Effet qui prive un résultat statistique de son caractère représentatif en le faussant systématiquement.


Dans l'exemple présenté ci-dessous les oreilles ont été épargnées.




jeudi 25 mai 2017

La Chapelle





Nous n'avons rien compris : à la Chapelle tout est normal, il n'y a rien à redire. La délinquance y est prospère, mais pour une fois que quelque chose prospère en France pourquoi s'en plaindrait-on ? Et puis dire que la délinquance ne vise que les femmes est exagéré : en fait elle vise tout le monde, dans un esprit très égalitaire, très républicain. D'ailleurs Chantal, fringante quinquagénaire (photo manquante malheureusement) n'a jamais été em... sinon par la misère et la saleté de son quartier.
Comme on le comprend beaucoup de bruit pour rien et il est regrettable de voir, comme trop souvent, certains journalistes au ventre creux, avides de sensationnalisme, faire leurs choux gras de non-événements.

Paris: rassemblement à La Chapelle
Par Le Figaro.fr avec AFP
NOUVEAU
Quelques centaines de personnes se sont rassemblées, jeudi, place de la Chapelle, dans le nord de Paris, pour défendre l'image de ce quartier populaire après la parution d'articles de presse faisant état de harcèlement de rue à l'égard des femmes.
"Il ne s'agit pas de nier, à travers ce rassemblement, les problèmes de sexisme ou de violence qui peuvent exister dans le quartier", a expliqué à l'AFP l'un des organisateurs, Romain Prunier. "Mais, contrairement à ce qui a pu être écrit, les femmes ne souhaitent pas déserter La Chapelle ! On ne veut être ni angélique, ni caricatural."
Une polémique est née en fin de semaine dernière, après qu'un article du Parisien eut fait état de harcèlement de rue à l'endroit des femmes, rapidement soutenu par une pétition.
Le quartier de La Chapelle, dans le XVIIIème arrondissement de la capitale, où la délinquance est réputée prospère, abrite par ailleurs depuis plusieurs années de nombreux migrants de passage.
"C'est vrai, beaucoup de gens stationnent là, ne font rien, parfois vendent de la drogue", constate Rabbani Kham, qui dirige une association d'intégration pour les Bengalis. "Mais dire que les femmes ne peuvent plus circuler, je trouve ça exagéré: s'il y a de la violence, de la délinquance, des vols de portables, par exemple, tout le monde est visé", estime-t-il.
"Beaucoup de nos compatriotes ont été battus par des délinquants", fait-il par ailleurs observer, en regrettant "la saleté du quartier" et "le manque de logements".
Le rassemblement s'est déroulé dans le calme à partir de 18H00, aux cris de "La Chapelle solidarité, pour tous, avec les sans-papiers".
De nombreuses femmes présentes, interrogées par l'AFP, ont fait part de leur "stupéfaction" après les articles parus dans la presse depuis une semaine. "Quelles femmes se plaignent? Ca fait 17 ans que je vis ici, il ne m'est rien arrivé!", affirme Chantal, fringante quinquagénaire, alors qu'Anita se dit "surtout agressée par la misère, mais pas les migrants".
Juliette, la trentaine, rencontrée dans une rue adjacente, tempère: "La situation n'est pas aussi caricaturale que l'article du Parisien, mais c'est vrai qu'on se fait souvent emmerder par des hommes massés autour de la station de métro, qui occupent l'espace public".
Vendredi, la ville de Paris et la préfecture de police avaient reconnu "un sentiment d'insécurité" pour les femmes dans le quartier, affirmant y avoir déployé "un dispositif dédié".

Source.

mardi 23 mai 2017

Le Siècle des Lumières





Depuis le début de ces travaux d'archéologie littéraire, Carpentier est ce qui m'est arrivé de meilleur.


La force des mots.
Ou comment une petite phrase de rien du tout m'a fait sortir de ma torpeur en cette chaude fin d'après-midi et pousser jusqu'à ma librairie acheter "Le Siècle des Lumières" d'Alejo Carpentier. Car enfin : si Didier Goux grand lecteur devant l'éternel peut écrire cela, c'est qu'il doit bien y avoir quelque chose d'exceptionnel chez cet écrivain. Quoi qu'il en soit ça m'a coûté moins cher que son Balzac : 8e80 exactement.
Anecdote amusante : dans la librairie en demandant mon livre, j'ai écorché le prénom de l'auteur. Un client derrière moi m'a repris et a cru bon d'ajouter que si celui-ci me plaisait je devrais absolument lire ensuite "Le Partage des eaux" encore meilleur selon lui. Je l'ai remercié pour son conseil avec une impression persistante que je connaissais l'homme aimable et souriant qui venait de me le prodiguer. Une fois qu'il fut parti j'en fis part à la vendeuse qui rigola :
- ben oui ça n'a rien d'étonnant : c'est notre député-maire ! *

*Monsieur Pascal Cherki.

lundi 22 mai 2017

Les non-dits


Quelle bande d’hypocrites tout de même... Tous ! Même Praud très décevant sur le sujet. La peur du dérapage, encore et toujours... On les sent enfermés dans leur carcan idéologique qui impose de ne rien nommer. Le multiculturalisme ne saurait être remis en cause. Et encore moins l'Islam. La palme revenant à cette espèce de bobo, parfaite tête à claques, qui prétend représenter son quartier.
Il faut à tout prix sauver l'utopie, et tant pis si on crève de l'utopie, tant pis pour les femmes. Et puis comme elle dit l'autre, c'est local n'est-ce pas, pas de quoi en faire un sujet national, dans son 7ème tout va bien. Pauvres types. Vos petites frontières illusoires derrières lesquelles vous vous imaginez protégés ne tarderont pas à sauter elles aussi. Vous vous apercevrez alors que les problèmes de Barbes sont aussi les vôtres, qu'ils vous ont rattrapés.


samedi 20 mai 2017

Les invisibles

L'autre soir, alors que le bon sens et les signaux de mon corps éreinté m'ordonnaient d'aller me coucher, j'ai malgré tout allumé cette fichue télé. J'en faisais rapidement défiler les chaînes, comme pour me conforter dans l'idée que je ne ratais rien, que l'audiovisuel français était bien ce désert si souvent décrié, quand je suis tombé sur ce documentaire. Je le pris en cours, en avais loupé les quinze ou vingt première minutes, mais ma télécommande est alors restée comme en suspension dans ma main avant que je ne la repose puis regarde la totalité du reste. Il y avait là des personnes plutôt âgées, des femmes et des hommes, un fermier, un berger, un ouvrier, venus témoigner, dans une langue fluide et noble (tous vraiment s'expriment dans ce film d'une façon remarquable) de ce sentiment universel qu'on appelle l'amour, de leurs premiers émois. Mais si l'on a coutume de dire que c'était mieux avant, que les années 60 et 70 furent des décennies enchanteresses, de toute évidence ça n'a pas été le cas pour eux. Ou du moins ce fut un peu plus compliqué : ils étaient alors (sont toujours), des lesbiennes, des pédés et cette époque de grande émancipation pour tous restait cruelle pour ces marginaux. A leur manière ils devinrent des combattants, l'époque les y obligeait.
Si vous êtes passés à côté de ce petit bijou, Fredi vous offre une séance de rattrapage.
A 1h38 vous serez sans doute comme moi submergé par l'émotion, par cette vieille dame qui retrouve la gare de sa jeunesse dont les murs ont tout vu, tout entendu, qui se souviennent...  On peut parler à une gare ! Elle entend ! Bien sûr que oui !
Tout ce film signé Sébastien Lifshitz  est rempli de tendresse et de sensibilité. Il dit aussi mort aux cons, aux ayatollahs de tous bords, et vive l'amour.
N'empêche que le lendemain j'étais encore plus crevé que la veille et qu'il me fallut bien aller bosser quand même.






                                                                           Sébastien Lifshitz.

mercredi 17 mai 2017

Rue Meynadier

Du temps pas si lointain où je faisais la quinzaine, je logeais dans une villa sur les hauteurs de Cannes. Une villa éloignée des déambulations bruyantes et démonstratives de la Croisette. Une villa avec un parc immense aux senteurs délicieusement exotiques, au calme à peine troublé par l'arrosage automatique, les cris des enfants jouant dans la piscine. Un rêve de retraité aisé en somme, qui n’espérerait plus rien qu'un rayon de soleil sur ses rhumatismes.
Mais comment résumer Cannes ? Peut-être en deux photos. N'y voyez pas de contradiction : dans les deux exemples choisis ça reste une affaire de fraîcheur.

Photos cliquables.


                                                Le marché Forville (janvier 2008).


                                           Le marché de la Croisette (mai 2007).

Et puis le soir, évitant les alentours encombrés du Palais, passant plus loin devant chez "Brun" (meilleure table pour les fruits de mer à Cannes), je remontais la rue Meynadier, cherchant, comme beaucoup de belles dames et de jeunes hommes bien mis, robes du soir, smoking et noeud papillon, mais pas un fifrelin dans la doublure du costume de location, la bonne formule, le menu "tout compris". De costume personnellement je n'avais pas besoin, c'était ma grande liberté.
Rue Meynadier chacun vient comme il est, s'assoit au petit bonheur la chance, un soir à côté d'une productrice sud-américaine gay venue avec ses protégées présenter un film pour la cause, le lendemain à la table d'un couple de restaurateurs Portugais enrichi dans la brandade de morue en banlieue parisienne qui s'offre un moment inoubliable, ou bien encore c'est cette jeune équipe allemande à la recherche du Graal avec un film hors compétition dans la catégorie "un certain regard" à laquelle il vous faut faire un peu de place. L'important dans la multitude nocturne étant de la trouver sa place, se restaurer enfin.
C'est sur une table de cette rue du vieux Cannes qu'un soir j'ai gribouillé, après avoir recommandé un blanc de Provence, ce billet qui traîne dans mes archives, mes impressions cannoises :

Ils sortaient du Palais. Deux jeunes hommes, deux jeunes femmes, robes de soirée, smoking et nœud-pap de location. Le film qu'ils venaient de voir avait pour titre "Mare Nostrum" ou quelque chose comme ça. Une histoire de migrants rejetés par la mer sur les côtes inhospitalières de la Sicile, aux portes de cette Europe-forteresse dont les dirigeants, se livrant à de navrants calculs, de honteux comptes d’apothicaires, s'interrogeaient sur la répartition du "fardeau". Un film bouleversant promis à de nombreuses variantes.
- Je suis bouleversée, fit l'une des jeunes femmes en s'asseyant sur une chaise en imitation rotin à la table d'un restaurant, qui se trouvait coincé entre un kebab et une crêperie, dont le menu proposait "moules farcies, daube provencale, 17euros ttc".
Un orchestre (ils étaient trois) de roumains nonchalants descendait la rue, jouant, fort bien d'ailleurs, sur leurs violons, leurs accordéons, les notes traînantes, dégoulinantes, sirupeuses du Parrain.
- nous sommes des salauds !
Elle était au bord des larmes, encore choquée de ce qu'elle venait de voir. Son voisin un rien profiteur lui caressait l'épaule qu'elle avait très dénudée. Les roumains déjà, sur un signal connu d'eux seuls, repartaient vers d'autres tables, vers le Suquet, sans une pièce, sans un regard.
- et nous en France ! Avec un gouvernement socialiste en plus ! Que faisons-nous devant tant d'injustice ?
Un Africain de 2m60 (il portait sur sa tête un empilement de chapeaux de paille, le festival cette année étant bizarrement très ensoleillé) arrivait à leur hauteur. Sur son avant-bras, en présentoir, il y avait une centaine de lunettes de soleil aux designs variés et, surtout, le dernier né de la technologie chinoise : une perche télescopique permettant de faire des selfies mais "de plus loin". Dans l'indifférence générale il se livra à une petite démonstration, peu convaincante il est vrai, puis d'un pas fatigué repris son chemin en s'interrogeant sur l'offre et la demande en côte d'Azur au mois de mai. Les blancs décidément étaient incroyablement compliqués.
Enfin le serveur vint à eux. Pensant bien faire la belle bouleversée écarta un peu sa chaise.
- ah non Madame ! Désolé mais vous ne pouvez pas faire ça !Tables et chaises doivent impérativement respecter cette limite.
Il désignait le caniveau central de cette rue étroite. A deux mains elle prit sa chaise et revint d'un mouvement brusque, qui fit joliment danser ses seins, dans les limites autorisées par la municipalité. Le serveur déposa alors devant eux quatre cartes plastifiées en précisant :
- nous n'avons plus de daube provençale.
Un roumain débonnaire sorti de nulle part, souriant, ventripotent, portant en bandoulière une sorte de clavecin sur lequel il jouait, fort bien d'ailleurs, les notes traînantes, dégoulinantes, sirupeuses du Parrain s'approchait d'eux. Elle posa les coudes sur la table, pris sa tête entre ses mains, éclata en sanglots.


mardi 16 mai 2017

Le président Paris Match





La France est bien le rocher de l'Europe, son Monaco, qui sacre régulièrement des rois sans couronne. Cérémonie à chaque fois retransmise en mondiovision, c'est bien le moins. Elizabeth est jalouse. De l'aube au coucher on commente l'avènement. Les journalistes accrédités s’interrogent sur le choix et le prix de la robe de Brigitte, sa longueur, sa couleur. Elle ne porte pas le chapeau mais elle est la reine. Clic-clac ! Lui descend les Champs en Command Car, à chacun son carrosse. Clic-Clac ! Demain dans Paris Match, Gala, les plus belles vues. Léon Zitrone tape du pied dans son caveau, il aurait tant aimé en être. Mais c'est à ce blanc-bec de Stéphane Bern, notre troubadour, qu'il revient d'écrire et de chanter l’histoire de Brigitte et Emmanuel, l'histoire de la France éternelle.
Dans le Cantal...
C'est où le Cantal ?

mardi 9 mai 2017

L'ode à la joie perdue




Il a choisi l'Ode à la joie, cette naïve chanson.
Cette chanson qu'on chante aux enfants traumatisés d'Europe.
Un chant funèbre, un chant d'euthanasie,
l'Ode à la joie perdue, l'hymne des vaincus.
Mais qui veut croire encore à ces paroles :


Joie discrète, humble et fidèle
Qui murmure dans les eaux
Dans le froissement des ailes
Et les hymnes des oiseaux.
Joie qui vibre dans les feuilles
Dans les prés et les moissons
Nos âmes blanches t'accueillent
Par de naïves chansons.

Tous les hommes de la terre
Veulent se donner la main
Vivre et s'entraider en frères
Pour un plus beau lendemain,
Plus de haine, plus de frontière,
Plus de charniers sur nos chemins
Nous voulons d'une âme fière
Nous forger un grand destin

Que les peuples se rassemblent
Dans une éternelle foi
Que les hommes se rassemblent
Dans l'égalité des droits.
Nous pourrons tous vivre ensemble
La charité nous unira
Que pas un de nous ne tremble
La fraternité viendra.

Joie immense, joie profonde,
Ombre vivante de Dieu
Abats-toi sur notre monde
Comme un aigle vient des cieux.
Enserre dans ton étreinte
La tremblante humanité
Que s'évapore la crainte
Que naisse la liberté

Joie énorme, joie terrible
Du sacrifice total
Toi qui domptes l'impossible,
Et maîtrises le fatal ;
Joie sauvage, âpre et farouche,
Cavalière de la mort,
Nous soufflons à pleine bouche
Dans l'ivoire de ton cor.

Joie qui monte et déborde,
Tu veux nos coeurs ? les voilà.
Et nos âmes sont les cordes,
Où ton archet passera
Que ton rythme nous emporte
Aux splendeurs de l'Eternel
Comme un vol de feuilles mortes,
Que l'orage entraîne au ciel.

lundi 8 mai 2017

Le socialisme est un phénix




Au-delà du tropique du Cancer on a cessé de croire en Dieu. Depuis Victor Hugo et George Sand on croit plutôt au surnaturel. On dialogue avec les morts, on convoque les esprits, on fait tourner les tables. C'est ce qu'a fait hier soir Macron au Louvre : sur fond de pyramide, symbole maçonnique s'il en est, il a réveillé le socialisme agonisant. Dans un discours d'outre-tombe, il a ranimé la flamme mitterrandienne. Avec succès apparemment. Les jeunes cons du Louvre d'hier soir sont les mêmes papillons aveuglés de la Bastille de mai 81. Ils deviendront vieux cons. Muray aurait apprécié la cérémonie du Louvre, écrit de belles lignes dessus, trouvé les filiations, les bonnes perspectives.
Le socialisme ne meurt jamais, le socialisme est un phénix comme les prochains jours nous le démontreront. Macron a, pour lui donner un électrochoc salvateur, l'énergie de sa jeunesse, la fougue de son sang neuf.
Il fait un beau sacrifié.



dimanche 7 mai 2017

Perdre




Qu'elle perde ce soir personne n'en avait jamais douté. Mais elle avait la possibilité de perdre avec panache, humilité, de prendre date pour de prochains rendez-vous.
Elle a choisi de perdre lamentablement.
Il aura suffit pour cela de deux petites heures, deux interminables heures durant lesquelles elle a offert à nos yeux incrédules le visage d'une hystérique, celui d'une poissonnière qui aurait abusé du Kir royal. Nous étions conviés à un débat de second tour, elle est monté sur un ring de catch. S'imaginait-elle que ses millions d'électeurs attendaient d'elle un spectacle de foire ? Mépris ! Fumisterie !
Elle a sans doute ce soir-là entamé le déclin d'un parti qui portait une autre voix, sabordé l'espérance d'une alternative. Tout ça pour ça...
Il reste une possibilité : que très vite les cadres du FN se réunissent en conclave, en séminaire, en congrès, que sais-je encore, et qu'ils se trouvent dare-dare un nouveau chef. Le nom de Le Pen devient une malédiction. Finalement je verrais très bien dans ce rôle NDA. Après tout n'a-t-il pas avec ses maigres légions et sous l’opprobre générale franchi le Rubicon, mis en accord ses idées et ses actes ? Son petit parti "Debout la France" pourrait être rebaptiser "Debout le Front !" (le point d'exclamation est à la mode), chacun y trouverait son compte et il ferait une belle OPA.
Et puis il présente bien, lui, sait poser ses arguments sans aboyer.

Mille Regretz






Mille regrets de vous abandonner
et d’être éloigné de votre visage amoureux.
J’ai si grand deuil et peine douloureuse
qu’on me verra vite mes jours terminer



Finalement :



Vous noterez qu'ils sont un peu en retard dans mon bureau de vote...
Moi vous me connaissez : j'suis un bon citoyen.
Comme mon bureau de vote se trouve de l'autre côté de ma rue, je suis allé signaler l'anomalie aux assesseurs. La dame m'a répondu :
- oui je sais, j'ai un problème de tampon.
Je n'ai pas souhaité vérifier.