mardi 28 février 2017

Votez Macron !

Non je déconne...
Vous ne m'avez pas cru j'espère !
Plus sérieusement :

J'aime beaucoup Pierre Jovanovic.
Ce n'est pas pour rien qu'il est dans ma blogroll, même si je ne comprends pas pourquoi son site ne veut pas s'actualiser. Jovanovic est de ces hommes qui n'auront jamais les honneurs du 20 heures : il est blacklisté à peu près partout. Ça se passe comme ça en démocratie, sans que plus personne ne s'en étonne.
Cette vidéo que je vous propose, vive d'intelligence, est sans doute la meilleure réponse aux Le Foll, Cazeneuve, Macron et compagnie qui s'emploient ces jours-ci à faire douter, à culpabiliser, les électeurs tentés par Marine Le Pen.
Car enfin si les agriculteurs sont ruinés, se suicident à la queue leu leu, si tant de Français sont au chômage, si les commerces de nos centre-ville ferment les uns après les autres, si nos banlieues s'islamisent et brûlent dans l'impunité, est-ce la faute de Marine Le Pen ? Ou bien de choix politiques, idéologiques et économiques décidés quand le Front National n'était encore qu'un groupuscule lanceur d'alertes à 2% d'intentions de vote ? La marche forcée vers cette Europe, notre patrie naturelle qui nous devient chaque jour un peu plus étrangère, dont nous vîmes bien en 2005 qu'elle ne serait plus la nôtre avec cet infernal traité mais celle de faisans qui ne s’essuyaient même pas sur le paillasson, n'a-t-elle pas sa part de responsabilité ?
Oui Messieurs : si notre rancune s'est cristallisée, ne demandant cependant qu'à s'étendre, vous en êtes les seuls responsables. Vous êtes comptables et coupables devant le peuple français de renoncements, d'abandons et de lâchetés en chaîne.
Il n'appartenait qu'à vous de sauver ce pays, vous avez fait le choix de le liquider.
Vous nous avez vendu du vent, de l'utopie destructrice, de l'avenir foireux quand vous ne pensiez qu'au votre ; vous n'avez plus de leçons à nous donner, encore moins à Marine, et je prie pour que les Français se rendent compte que voter Macron serait vous donner une nouvelle fois carte blanche pour poursuivre vos méfaits cinq ans de plus, cinq ans encore... méfaits dont la liste est déjà si longue.


lundi 27 février 2017

I want my socks back !




J'en ai marre, vraiment marre. Et je reste poli*...
Je n'arrête pas d'acheter des chaussettes et toutes disparaissent dans les jours qui suivent leur achat. Cet appartement c'est le triangle des Bermudes des chaussettes. Surtout des neuves bien sûr...
Et, évidemment, c'est quand vous êtes en retard pour vous rendre à votre travail que tout se complique : vous ne tombez alors que sur les vieilles, les trouées, les dépareillées, les pas lavées, les... J'ai acheté des milliards de chaussettes, des milliards !!! Et je n'en trouve jamais une de correcte à enfiler le matin ! Où donc se sont-elles volatilisées ? Mystère...
J'ai bien ma petite idée... il ne perd rien pour attendre ...
Mais ça ne peut plus durer, il faut que cela cesse dans les plus brefs délais ! J'exige la jouissance pleine et entière de MES chaussettes !
I want my socks back !
Sinon je vais sévir...
Ou me procurer un coffre-fort à chaussettes.

*Tiens à ce propos puisque l'on est dans les non-dit, saviez-vous que le célébrissime Théo se fait désormais appeler ThéO ?
Bon...

dimanche 26 février 2017

Je suis Paris




Cet après-midi je me suis offert une longue balade dans ce Paris où je vis et que je néglige trop souvent. Sous un ciel terne qui lui va si bien, j'ai parcouru ses rues et me suis souvenu. Souvenu de balades plus anciennes qui souvent se terminaient dans un bar kabyle ou dans un improbable dancing portugais, du parc des Buttes Chaumont au matin, qui prenait des allures de jardin tropical dans nos yeux enfiévrés, du chant des Lansquenets que nous entonnions à l'aube sur les boulevards encore endormis. D'autres encore, plus romantiques, plus amoureuses, plus sages aussi.
Ils auront beau faire, Paris restera cette ville déglinguée qui, quand on croit en avoir sauvé un quartier, commence déjà son inlassable travail de pourrissement. Les Halles en sont le meilleur exemple.
Mais j'aime cette ville. Moi le fils de ploucs débarqués à Paris il y a moins d'un siècle, je suis profondément, infiniment d'ici. Je suis le tailleur de pierres qui bâtissait Notre-Dame, Quasimodo aussi ; je suis le vendeur de perruches de l’île de la Cité, le Poulbot de Montmartre, le collabo de 40, le résistant peut-être, le marchand du marché noir, le boucher de la rue des Pyrénées, le proxénète de la rue Pigalle, le zazou de Saint-Germain...
Et, comme un autre, je crois aux forces de l'esprit, y'a pas de raison. Que je meure demain, il me sera absolument impossible de renaître ailleurs qu'ici.
Éternellement  je suis Paris.


samedi 25 février 2017

Tracts




On se demande souvent à quoi peut bien servir notre presse lourdement subventionnée que plus personne ne lit, tous ces magazines qui repartent à la broyeuse, paquets d'invendus, la semaine écoulée. En fait elle en a encore une de fonction ou, plus précisément, sa première page de couverture en a une : celle d'un tract que vous apercevrez 1000 fois dans la journée en passant devant votre libraire, le kiosque à journaux, le panneau publicitaire, les transports, sans même que l'on ait eu besoin de vous le tendre de la main.

LE PARTI DE LA FAILLITE  (Le Point cette semaine)

Personne ou presque ne lira "Le Point" mais Dudulle à la machine à café aura présent à l'esprit le titre et la photo du magazine. Ce qui l'autorisera à proclamer péremptoire "si elle arrive au pouvoir ce sera la faillite" !  Et n'essayez pas de lui suggérer que la faillite nous la vivons déjà, que les responsables sont encore au pouvoir : le message s'est ancré dans la tête à Dudulle comme une moule s'est accrochée à son rocher et il faudrait un pied de biche pour l'en arracher.

La semaine suivante on recommence:

AVEC ELLE CE SERAIT LA GUERRE CIVILE

Vous devinez ce qu'en dira l'infatué Dudulle à la machine à café...
Que les banlieues soient déjà dans un quasi état de guerre civile ne troublera pas un instant l'inébranlable Dudulle...

En troisième semaine alors, pour relâcher un peu la pression, vous titrez ingénument avec une photo avantageuse de Macron :

ET SI C’ÉTAIT LUI ?

L'exemplaire connaîtra le même sort que les autres, un peu moins peut-être car Madame Michu, énamourée, collectionne les photos de Macron qu'elle découpe dès qu'elle en a  l'occasion.

Alors vous me ferez remarquer que ce sont là des tracts qui coûtent fort cher, ce à quoi je vous répondrais que l'on s'en fout vu que c'est nous qui les payons.


vendredi 24 février 2017

Un suspect




Je voudrais revenir sur le dérapage de ce policier dont fut victime le jeune Théo qui n'en finit pas d'émouvoir la France entière et plus particulièrement sa jeunesse estudiantine toujours prompte à se lever pour les justes causes. Dans cette scabreuse histoire il me semble en effet que toutes les pistes n'ont pas été explorées. Par exemple je vois de plus en plus dans nos rues des jeunes déambuler avec des pantalons à un cheveu de leur glisser sur les hanches. Outre que c'est à mon avis une tenue peu élégante, une faute de goût manifeste, on imagine aisément ce qui peut advenir de ce pauvre pantalon dans une interpellation un peu musclée comme celle vécue par le très jeune Théo. Inutile de vous faire un dessin. Mais dans ce cas nous tiendrions un suspect : le pantalon qui, l'espace d'un moment, aurait abdiqué ses fonctions de protection et de pudeur.
Mon hypothèse demande à être vérifiée car si elle devait s'avérer juste nous n'aurions plus un enfant pré-pubère victime de violences policières mais bien la victime consentante d'une mode aussi laide qu'absurde.

jeudi 23 février 2017

L'espoir




J'y pensais l'autre jour en regardant des images du meeting de Macron : quelle différence au fond entre un meeting politique et le concert d'un chanteur de variétés ? Pas beaucoup en fait. Dans les deux cas nous voyons des enfants entrés par inadvertance dans le monde adulte venir se faire bercer un instant, vibrer autour de mots si forts si creux, oublier le fils qui file un mauvais coton, les résultats d'analyses qui ne sont pas bons, le Codevi qu'il va falloir casser pour finir le mois, vibrer à l'unisson comme dans une grande famille quand la notre se décompose. Foules sentimentales comme disait Souchon qui veulent entendre encore parler d'amour, cette chimère qu'ils ont entraperçu jadis dans les bras de leur mère ou vers 20 ans en même temps que les poussées d'acné, d'espoir aussi, même s'ils ignorent en quoi le placer. En politique "l'espoir" est sans doute le mot autour duquel depuis toujours se sont formées les formules les plus vides et pourtant les plus applaudies : faire vivre l'espoir, redonner sa chance à l'espoir, créer de nouvelles espérances, chantiers d'espoir, suscitons l'espoir ! Enfin y'a tout un catalogue, suffit de piocher ...  Au moins le chanteur de variétés doit-il se casser un peu la nénette (un peu seulement pour beaucoup) pour faire rimer "amour" avec "toujours" de façon originale : son fond de sauce est un peu plus compliqué à réaliser.
N'empêche...
En sortant du concert comme du meeting, de la parenthèse frémissante, onirique, on n'y coupe pas : faut bien se la coltiner de nouveau cette chienne de vie. Déjà le RER est en rade, le rêve est bien fini.
Après le 7 mai, quand les camelots auront rangé leurs tréteaux, leurs porte-voix,  il aura une drôle de gueule, l'espoir.

mercredi 22 février 2017

Un boulet nommé Bayrou




Bayrou, le sparadrap du capitaine Haddock qui se retrouve tantôt collé à la manche de Juppé, tantôt à celle de Hollande au gré du vent et de ses échecs électoraux, rejoint Macron aujourd'hui. Lui qui navigue dans la marre aux canards centriste depuis longtemps, allant de ses rives gauches à ses rives droites selon son humeur du moment, dans cette sorte de marigot qui n'en finit pas de s’assécher* qu'est devenu le centre de Mr Giscard et Mme Veil, s'imagine encore compter pour quelque chose. L'avenir, comme à d'autres récemment, risque de lui être cruel et je serais Macron je me méfierais d'un tel ralliement à sa personne : c'est le boulet qui l’entraînera dans sa chute, le chat noir qui lui portera malheur. Il porte la poisse. Mais dans le cas présent qui s'en plaindra ?

*Rappelons tout de même que les intentions de vote "Bayrou" dans les récents sondages se situent quelque part dans la marge d'erreur de ces mêmes sondages. Dit autrement il n'y a peut-être à ce jour personne qui avait l'intention de glisser un bulletin "Bayrou" dans l'urne si ce dernier avait cru bon de se présenter.

Bayrou dans toute sa sincérité :
(Merci Lenonce.)

mardi 21 février 2017

Je est un Autre



Je est un autre, mais si en plus "je" est l'Autre, alors que tout lui soit pardonné.
L'Autre majuscule est forcément beau, l'Autre majuscule ne peut qu'être bon, l'Autre majuscule faisait de l'art, vous n'avez rien compris à l'Autre.
L'Autre n'est pas comme cet autre qui s'est permis un écart, une blague douteuse, convoqué depuis devant la 17ème , dont les mots forcément honteux, puants, nauséabonds, repassent en boucle sur toutes les médias.
Selon que tu seras l'Autre ou l'autre...


C'est un Rubens...




... c'est une hippopodame
Avec un D comme dans marshmallow
Et si j'en pince pour c't'hippopodame
C'est qu'avec elle j'ai des prix de gros

Ah quel suspens sur mon hippopodame
Avec un D comme dans vas-y mollo
Les ressorts grincent sous l'hippopodame
Mais au-d'ssus j'm'sens bien dans sa peau

C'est pas une mince affaire c't'hippopodame
Avec un D comme dans gigolo
Lorsqu'elle me coince, mon hippopodame
Entre ses deux groseilles à maqu'reaux

Puis elle se rince vite fait l'hippopodame
Avec un D comme dans lavabo
Elle red'vient princesse hippopodame
Elle me refile mon petit cadeau

C'est un Rubens, c'est une hippopodame
Avec un D comme dans marshmallow
Et si j'en pince pour c't'hippopodame
C'est qu'avec elle j'ai des prix de gros


Photos là.

lundi 20 février 2017

L'intervalle interdit



L'Algérie, ses colonisations




Les dix premières minutes sont assez instructives.

Ici.

Ou encore là, plus beau encore (si on est pressé on préférera celui-ci).

Colonisez, colonisez ! ... qu'ils disaient.
Aujourd'hui ce serait un crime. Contre l'humanité en plus dites donc ! Alors on regrette, on fait part des tourments du peuple français devant ce passé qui ne passerait pas, on demande mille fois pardon pour notre histoire si mauvaise, si nauséabonde, on présente ses excuses au nom de gens qui ne lui ont rien demandé.
Mais, sans colonisation, pas d'Amérique, pas d'Israël, pas de barbus en Perse, pas de civilisation romaine, pas d'Andalousie si souvent montrée en exemple par les mêmes ! etc...etc... est-il nécessaire de le rappeler à Macron ?
Ignorant Macron (ou qui fait bien semblant de l'être), inconsistant Macron qui prend les électeurs pour des débiles, s'imagine que l'élection présidentielle est un jeu de télé-réalité auquel il suffirait de se présenter bien coiffé, bien maquillé, pour remporter la mise, que l'on peut raconter n'importe quoi pourvu que l'on ait l’œil qui pétille et le sourire Ultra Brite, qui est contraint lui aussi de présenter ses excuses jour après jour pour ses mots de la veille.
Les regrets, la repentance, les excuses, on en a un peu plein le cul comme pourrait dire Théo.
S'il ne comprend pas ça...
Baudruche Macron va...

S'il faut à perpète
Qu'à l'aube on regrette
Vaut mieux qu'on 'arrête
Mes petits oiseaux

Les oubliettes, S. Gainsbourg.





dimanche 19 février 2017

Île de la Cité 2040




Bienvenue à Paris Roissy-Charles De Gaulle !
Nous allons maintenant rejoindre la capitale via le Tube en trois minutes et cinq secondes. Pour le moment nous ne pouvons faire mieux mais nos experts travaillent d'arrache-pied à supprimer ces insolentes cinq secondes qui font honte au génie français. Durant le trajet nous vous demandons de bien vouloir vérifier la validité de vos passes : passe rive droite 1000 dollars universels, passe rive gauche 1500 dollars universels, forfait rive droite-rive gauche 2000 dollars universels, le tout pour dix heures renouvelables sur le site de la Mairie de Paris, l’Île de la Cité étant indifféremment accessible aux trois passes. Sur cette dernière vous gagnerez le parvis Zara-Notre-Dame en empruntant la passerelle LVMH. A ce propos nous ne saurions trop vous recommander là encore de vérifier que vos différents moyens de paiement électroniques, puces RFID, cartes sans contact, smartphones, sont bien à jour des dernières fonctionnalités.
Durant votre visite nous vous demandons d'avoir une attitude respectueuse des lieux, d'éviter toute manifestation bruyante : n'oubliez jamais qu'autrefois des gens vivaient là*.
Bon séjour !
*Paraîtrait même qu'il y aurait eu des marchés...

Île de la Cité 2040.

samedi 18 février 2017

J'arrive bientôt






En ouvrant mes fenêtres ce matin, je l'ai tout de suite reconnu ce parfum si particulier qui murmurait, "patience, ce ne sera plus long, j'arrive bientôt". Bien que fumant plus qu'il n'est permis, j'ai gardé cette sensibilité qui me fait détecter les moindres variations atmosphériques annonciatrices du basculement des saisons. C'est mon côté terrien hérité d'une longue lignée de paysans. Jetant un œil à ma glycine, à ses bourgeons bruns qui enflent, je compris que le message était partagé, que le secret n'en était pas un (comme c'est le propre des secrets qui ne doivent être confiés qu'à une personne à la fois). Puis je me suis rappelé que c'était l'anniversaire de ma belle et ce sont là des choses qui se fêtent malgré tout. Alors je suis descendu chez le fleuriste. L'ascenseur était en panne mais il m'en aurait fallu bien plus pour me mettre de mauvaise humeur en ce jour si particulier (qui m'a fait me souvenir d'un ancien rêve, rêves qui d'ordinaire s'oublient si vite).
J'ai choisi trois énormes boutons.
- elles arrivent d'Equateur ce matin, m'a dit la fleuriste en préparant le bouquet.
Je suis sorti avec mes fleurs, certainement un peu surprises et transies de se retrouver là dans l'air vif de la capitale, bien loin de la douceur équatoriale. C'est en traversant au carrefour que la chose s'est produite. Tenant fièrement mon bouquet je m'étais engagé sur les clous comme il m'arrive parfois de le faire quand soudain une voix forte sortie d'un haut-parleur m'interpella, impérative, menaçante :
- Monsieur ! Arrêtez-vous !
Je sursautais et, me retournant, je vis qu'une voiture de la Police Nationale était arrêtée au feu. Le policier assis place du passager baissa sa vitre et m'interpella en ces termes :
- nous avons notre charmante collègue qui les trouve très à son goût vos roses ! Si vous ne savez pas quoi en faire....
La charmante collègue, à l'arrière, se baissait vers l'avant et me saluait de la main. Hilares, pliés qu'ils étaient les pandores*, eux qui ces jours-ci n'ont guère de raisons de se réjouir, sont si souvent montrés d'un doigt accusateur quand tout le monde était "flic" il y a peu.
Je les saluais en levant bien haut les fleurs convoitées puis, plus loin, après avoir fait un crochet chez mon buraliste, c'est une femme d'une petite quarantaine qui, la croisant, me lança :
- ah Monsieur ... merci, merci ... ! Mais fallait pas ! Elles sont superbes...
!
Et je sais très bien ce qui flottait dans l'air ce matin, rendait les gens si aimables comme pris d'une ivresse légère : le printemps à eux aussi leur avait chuchoté ces mots que je croyais réservés à moi seul :
- j'arrive bientôt.
Et ce rêve donc.
Dans ce dernier c'était un matin semblable à ce matin. Je me réveille et sors de chez moi. Là un spectacle inouï s'offre à mes yeux incrédules : des papillons magnifiques, énormes, par nuées, aux couleurs prodigieuses ont envahi les rues qui, elles, n'ont comme à leur habitude que du noir et du gris, du sale, à proposer. Ils volent mollement, montent jusqu'aux sommets des toits, illuminent les arbres. Un audacieux se pose sur ma main, la recouvre presque entièrement de ses ailes puis la quitte pour le couvercle d'une poubelle. Interdit, n'osant plus faire un pas, mon regard va du ballet silencieux et multicolore à la foule pressée, indifférente, qui semble ne rien voir quand un homme arrive à ma hauteur.
- Monsieur : que se passe-t-il aujourd’hui ?
- comment jeune homme, vous ne savez pas ? C'est un phénomène assez rare il est vrai, observable une fois tous les deux ou trois siècles, et encore... il faut, pour qu'il se produise, un concours de circonstances bien précis, un alignement des planètes improbable, des taux de pression atmosphérique et d'humidité concordant, une température idéale au centième de degré centigrade près et j'en oublie... Qu'une seule de ces conditions vienne à manquer et rien de ce que vous voyez aujourd'hui n'est possible. Demain tout sera fini. Si vous voulez m'en croire nous avons beaucoup de chance de vivre ce moment. Bonne journée !
Il y a des rêves, des petites choses comme ça, insignifiantes, qui méritent que l'on s'en souvienne dans le tumulte des jours.

*Anecdote rigoureusement authentique il va sans dire.

mardi 14 février 2017

Le jeu du cadavre exquis



Ce sont deux commentaires laissés sous le dernier billet de Didier Goux qui, par association d'idées fort judicieuse (du moins il m'a semblé), m'ont remis en tête une vieille chanson de Serge Gainsbourg "Le cadavre exquis" :

Si l'on jouait au jeu du cadavre exquis
Histoire d'nous passer un peu notre ennui
Tu écris un mot n'importe quoi
Et moi j'en inscris un autre après toi

Et puis, partant pour mon labeur avec cette scie dans la tête, je me rendis compte que si comme beaucoup je connaissais ce jeu, j'en ignorais les origines. Plus tard, en quelques clics, mon ignorance fut comblée.
Ce sont les surréalistes qui vers 1925, imaginèrent dans un probable moment d'ennui en effet (pensez : les blogs n'existaient pas...), ce petit jeu fort sympathique, bien innocent. Mais les règles en sont un peu plus strictes que celles données par le beau Serge dans sa chanson. En effet il ne s'agit pas d'écrire n'importe quoi (ce qui n'aurait pas beaucoup de sens dans un jeu dont le résultat final en a déjà si peu) mais bien de construire une phrase en respectant ses règles :
Sujet - éventuellement adjectif - verbe - complément (ou prédicat comme dirait Najat).
Sauf, est-il besoin de le rappeler, que les joueurs ignorent ce qu'a écrit le précédent. A l'aveugle donc.
Dans la chanson de Gainsbourg ça donne, par exemple ça :

L'humour noir vient d'Afrique
Exemple Amin DiDi

La première phrase que les surréalistes auraient trouvé était celle-ci :

Le cadavre – exquis – boira – le vin – nouveau 

Les deux premiers mots donnèrent leur nom au nouveau jeu (à défaut d'un Beaujolais nouveau), jeu auquel, honte sur moi, j'ai souvent joué en ignorant tout ça.

Voila. C'était ma minute "le saviez-vous", vous.



lundi 13 février 2017

Atlantico


Cela nie le fait que c'est que c'est juste qu'il n'y a que peu de travail. 
ici.

Pascal Bruckner : D'abord il est important de noter que l'antiraciste contemporain est toujours à la quête d'un nouveau racisme. Si on le trouve c'est tout une carrière qui s'ouvre à nous. Ces associations antiracistes Ils ont été relayés par une pensée de gauche orpheline 
Là.

Et dans tant d'autres articles...
Ça devient pénible de lire Atlantico...

L'âge de Caïn



Alors voila ça c'est passé comme ça : nous étions réunis autour du feu sirotant un médiocre Côtes-du-Rhône, mon fils farfouillait dans notre bibliothèque quand il se tourna vers moi :
- c'est quoi ça papa ?
Il tenait dans ses mains un livre en ruines, offert par un ami ou acheté par moi-même sur les quais il y a une éternité, qui languissait depuis derrière une rangée d'autres livres.
- montre moi...
L'Âge de Caïn, Jean-Pierre Abel (René Château de son vrai nom), premier témoignage de la libération de Paris, les Editions nouvelles.
Je parcours ses pages annotées, surlignées par un inconnu, et tombe sur la 39 :

D'ailleurs, je me demande encore pourquoi on a arrêté et tondu les femmes qui ont été convaincues, ou soupçonnées, d'avoir fait l'amour avec des Allemands. Car c'est du racisme, et du pire. Avant guerre, on trouvait mauvais que les Allemands maltraitassent les femmes qui avaient fait l'amour avec des Juifs. Maintenant, on trouve bon de maltraiter les femmes qui ont fait l'amour avec des Allemands. Très exactement, c'est copier les nazis. C'est gober, tout cru, leur dogme du sang. Je trouve aussi que c'est placer le patriotisme un peu bas.

- tu permets que je le lise avant toi ce bouquin oublié ?
Il me permet. C'est un bon fils...
Mine de rien c'est un livre important qu'il m'a retrouvé là, un livre précieux, rare, remarquablement écrit.
En le lisant ce dimanche j'en ai patiemment recollé les pages arrachées qui menaçaient de s'envoler à jamais, risquant de rompre le fil de ce témoignage devenu introuvable (mais pourquoi diantre les livres essentiels ne sont plus réédités quand tant de m... sont publiées chaque année?) .
La force de ce livre tient aussi dans ces quelques mots du début de la préface : "Ce livre n'est pas un roman."

Mais qui était Jean-Pierre Abel ?

René Château, élève d'Alain au lycée Henri-IV, est admis à l'École normale supérieure. Ayant obtenu son agrégation de philosophie, il est nommé professeur au lycée de La Rochelle.
Homme de gauche proche de Gaston Bergery, membre de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen, initié au Grand Orient de France, il est élu en 1936 député de Charente-Inférieure sous l'étiquette du Parti radical-socialiste Camille Pelletan.
En 1940, il vote les pleins pouvoirs à Philippe Pétain. Sous l'Occupation, il entre à L’Œuvre de Marcel Déat, puis il est nommé à la direction de La France socialiste, quotidien qui deviendra La France au travail, et où il dénonce, en 1942, le « rôle des trois internationales : la capitaliste, la bolchevique, la juive » et s’en prend particulièrement à cette dernière. Mais il s'éloigne de Déat auquel il reproche ses positions maximalistes et, en 1943, il est exclu du Rassemblement national populaire (RNP). Il se consacre dès lors à sa Ligue de la pensée française, qui regroupe des intellectuels pacifistes de gauche, certes pro-allemands, mais rebutés par la nazification du RNP.
Il est arrêté le 30 août 1944 pour faits de collaboration et détenu à l'Institut d'hygiène dentaire et de stomatologie pendant soixante-seize jours par les Francs-tireurs et partisans (FTP). Dès la libération, cet immeuble avait été réquisitionné par les Forces françaises de l'intérieur (FFI) et transformé en centre de détention pour collaborateurs. Château rédige le récit de sa propre détention, qu'il intitule L'Âge de Caïn et publie en 1947 sous le pseudonyme de Jean-Pierre Abel. Il y critique sévèrement les méthodes employées par les forces de la libération envers les détenus, s'attaquant à ce qu'il juge être de l'épuration « sauvage ».

Et oui... c'était un socialiste... un socialiste à la mode des années 30 mais chut... il ne faut pas le dire aux socialistes de 2017 !

Ce livre j'aurais aimé vous le recopier ici dans son intégralité tant tout de ce que j'ai pu y lire me semble important, tant il participe à notre devoir de mémoire.
Je me contenterai de ces deux extraits, en regrettant de faire l'impasse sur beaucoup d'autres tous aussi "méritables" :

Le petit Godard.

Mais L'Hévéder et Guichet n'étaient pas au bout de leurs émotions. Dix minutes après, les F.T.P. ont amené Godard. Godard c'était le jeune homme qui s'était jeté du second étage, la veille, parce qu'on le torturait trop. Il n'était pas bâti à chaux et à sable, comme la patronne du café ou la femme du mécanicien-dentiste, enfin cette espèce de démente dont je viens de parler. Il n'avait que vingt ans. Mais il avait appartenu à la L.V.F., le petit imbécile. Et les F.T.P. n'aimaient pas ça. Ils l'ont battu et torturé plusieurs fois, là-haut, au second étage, avec je ne sais quelle science chinoise. C'était trop pour ce petit Godard de vingt ans. A un moment sans doute, il n'a pu endurer plus, de tout son corps d'enfant qui souffrait, qui saignait. Il a voulu échapper, n'importe comment. Il s'est jeté à travers la fenêtre, emportant au passage du bois, des vitres. Et ils l'ont ramassé en bas, les jambes brisées. Un d'eux l'a rapporté dans la salle, sur son épaule. Et les jambes de Godard  lui pendaient dans le dos, comme des choses mortes. Ils l'ont jeté sur une paillasse, dans un coin. Il est resté là, toute la nuit. Et ce fut une drôle de nuit. Personne n'a pu dormir. Les prisonniers, jusqu'au matin, ont entendu le petit Godard qui avait voulu fuir la torture, et qui n'avait pas réussi. Il a souffert toute la nuit d'autres tortures, par ses jambes brisées. Il criait de douleur. Il appelait sa mère. Ou bien il râlait longuement, comme s'il allait mourir. Nul ne l'a soigné puisqu'il devait être fusillé au matin. C'eût été du temps perdu. Les F.T.P. parfois, en passant, le traitaient de salaud, et lui ordonnaient de se taire. Au matin donc, ils l'ont amené jusqu'au mur, sur un brancard. L'Hévéder et Guichet ont vu qu'ils essayaient de le mettre debout, de le faire tenir, tant bien que mal, en l'appuyant au mur, pour le fusiller selon les règles. Mais le petit Godard s'est aussitôt effondré, sur ses jambes brisées. Alors ils l'ont remis sur le brancard et l'ont tué dessus. C'est ainsi qu'il a fini de souffrir le petit Godard...


Le mal de haine

Paix, mon cœur, paix !... Le voici qui tressaute quand je raconte tout ça. Et je m'échauffe. Et je m'indigne. Pour un peu je ruminerais des rancunes, des rages, comme un Bernard*. Mais il ne faut pas. Il faut que je demeure en paix, tout au dedans. Il ne faut pas que j'attrape le mal de haine, à mon tour... Certes, c'est un mal qui se prend facilement, comme la grippe. Un homme, en général, le prend du coup, dès qu'il respire en face de lui, le souffle d'un autre homme qui hait. Les F.T.P. , par exemple, ont pour la plupart attrapé cette maladie des Allemands, dans les camps de concentration, à renifler le ricanement de la Gestapo. Et les Allemands, à ce que je crois, avaient pris le mal de haine à humer l'odeur de la misère qui leur a été infligée, après 1918. C'est un mal qui remonte, ainsi, d'un homme à l'autre, d'un peuple à l'autre, jusqu'à Caïn. On a pas encore découvert de sérum ni de pénicilline contre cette contagion. Et il n'y a que le thaumaturge à la croix et aux clous qui ait, dans la terre aux Juifs, inventé une recette contre la haine, voici deux mille ans. Mais le mal devait être le plus fort. Il est revenu. Il n'a pas fallu longtemps...
Pourtant, j'ai idée que chacun peut s'en guérir, s'il veut bien. Il n'y faut d'autre médecine qu'un peu de gymnastique interne, qu'une accoutumance à ne pas se concentrer, à ne pas se contracter, à ne pas se tordre, en soi, comme un ver coupé, et qu'une mémoire bien entraînée à ne conserver que de belles images, et qu'un amour résolu de ce qui est beau, de ce qui est haut. Voila la médecine. Et si vous m'en croyez, appliquez-la. Car la haine fait vraiment mal. Elle ronge la chair, elle ronge les pensées, elle ronge le repos des nuits, elle ronge jusqu'à la pulpe des jours, qui deviennent tout faibles, tout gris... Les F.T.P. ne le disaient pas. Mais je suis bien sûr qu'ils devaient souffrir. Ils ne savaient plus rire. Ou bien il leur fallait du vin, des filles. Je ne veux, contre eux, d'autre vengeance que réfléchir à tout le mal qu'ils se sont fait, en nous haïssant, comme s'ils s'étaient eux-même griffé le cœur et toutes les sources de joie, du dedans, avec des ongles sans repos...


*Responsable de la prison qu'était devenu l'institut dentaire de l'avenue de Choisy à la libération.












L'institut dentaire de l'avenue de Choisy.

dimanche 12 février 2017

Y'a quelque chose qui cloche



                             
                                                       Paysan d'hier.



                                                    Paysan d'aujourd'hui.

samedi 11 février 2017

Scoop !




Dans ces temps d'incertitude où nous ne savons plus à quoi nous raccrocher, je veux ici vous livrer une information en béton armé :
le nom de notre prochain président se finira en "N".
Vous pouvez vérifier.

vendredi 10 février 2017

Thierry Levy



Thierry Levy, célèbre avocat au strabisme inflexible, vient de mourir. Il avait en son temps, aux côtés de Badinter, bataillé ferme contre la peine de mort. J'ai souvent dit que la peine de mort nous rabaissait au rang des assassins, et c'était aussi son avis. Voici comment il décrit le matin de l'exécution de Buffet l'un des derniers condamnés à mort de France :

 Leurs voix tremblent, la colère gronde comme ce matin du 28 novembre 1972 où Thierry Lévy est à la prison de la Santé. Claude Buffet et Roger Bontems vivent leurs derniers instants, condamnés pour la prise en otages mortelle d'une infirmière et d'un gardien de la centrale de Clairvaux. «C'était un rituel. Tard dans la soirée, j'avais reçu le coup de téléphone officiel me demandant d'être à la prison vers 4 heures. Je n'ai pas parlé à Buffet, mon client, auquel l'avocat général venait d'annoncer que son pourvoi en cassation était rejeté. Tout de suite, le cortège s'est formé. Dans ces moments, seuls les suppliciés avaient le visage digne d'êtres humains. Nous autres avions tous des gueules d'assassins, la tête humiliée de ceux qui savent qu'un acte abominable est mis en mouvement. La honte, c'était le sentiment le plus partagé.» [...]
[...]«Nous n'avons rien vu. Car, pour ajouter à l'hypocrisie de ce simulacre de justice, nous étions tous restés dans un local dont la porte vitrée donnant sur l'extérieur avait été masquée d'un voile noir. Je me souviens seulement d'avoir vu les trois marches vers l'échafaud»

Voila pourquoi je suis contre la peine de mort : je ne veux pas avoir une gueule d'assassin, personne ne devrait le vouloir. Et se cacher derrière un jury populaire (ou un rideau noir) ne change rien à l'affaire. D'ailleurs s'en trouverait-il un de jury, ou un juge, pour décider aujourd'hui de la peine capitale ? Existe-t-il dans notre pays l'homme qui accepterait d'être celui qui planterait l'aiguille dans le bras, ferait tomber la lame en notre nom ? Combien sont-ils réellement les forcenés de l'abolition de l'abolition, de "œil pour œil, dent pour dent" ?
Pour toutes ces raisons je pense, contrairement à MLP, qu'un référendum sur le sujet n'est pas nécessaire, qu'il faut définitivement enterrer ce débat d'un autre siècle.

mercredi 8 février 2017

Histoires de murs





Un fait rare : Mark Zuckerberg avait pris soin, jusqu’ici, de ne pas afficher trop ouvertement ses opinions politiques – malgré des soupçons d’ambitions électorales, qu’il a démentis – et s’était abstenu de soutenir un candidat pendant la campagne présidentielle américaine. Il avait toutefois laissé entendre, dans un discours en avril dernier, son aversion pour certaines idées de Donald Trump, sans pour autant le nommer : « J’entends les voix apeurées qui nous appellent à construire des murs. Plutôt que des murs, nous voulons aider les gens à construire des ponts. »

Source.

Quand Mark Zuckerberg décide de construire un mur autour de sa propriété à Hawaï, ce n'est pas un petit muret, mais un épais bloc de pierre.
Et tant pis si cela gâche complètement la vue de ses voisins.
En 2014, le fondateur du réseau social Facebook a acheté un terrain de plusieurs hectares sur l'île de Kauai. Pour avoir plus d'intimité dans sa villa de bord de mer, Mark Zuckerberg l'a entourée d'un mur mesurant près d'un mètre quatre-vingt de haut.
Bien que la construction de ce mur ne soit pas terminée, ce dernier est déjà très imposant et préoccupe la population de l'île. "C'est très oppressant, c'est immense (...) C'est vraiment triste que quelqu'un débarque, achète une grosse parcelle de terrain, et prive la communauté d'une vue très appréciée depuis des années", a confié un habitant au journal local de Kauai, The Garden Island.

Mais cette construction est visiblement légale, au grand desespoir des habitants, qui n'auront pour souvenir de cette vue, que leurs photos publiées sur Facebook.

Source.

mercredi 1 février 2017

Oh !!!


Fallait pas l'dire...



Ici. Avant probable correction.


Pour longtemps encore, nous sommes tous des paysans


Re-mar-quable !!!
C'était avant-hier, et c'était une autre civilisation : la nôtre.
Chers blogueurs qui passez par ici, ne passez pas à côté de ce film : il parle de vous, de nous, nous aide à comprendre comment notre cher pays est devenu ce qu'il est aujourd'hui...
L'histoire d'une expropriation en règle de gens aux accents rugueux que l'on assassina une seconde fois en quelques décennies. Une expropriation qui n'en fini pas et prend d'autres formes que chacun peut voir et constater chaque jour en croisant ceux qui prétendent remplacer ces belles gueules, ces têtes bien faites qui ne sont rien d'autre que nos ancêtres.
Je ne suis pas peu fier de vous le proposer sur ce blog.
(De plus il est très court : une heure seulement).

Il est quelque chose de pire que l'esclavage, c'est d'avoir des esclaves et de les appeler citoyens.
Pierre Poujade.