vendredi 31 mars 2017

A quoi servent les guerres ?




Syrie : Washington et Paris n'exigent plus le départ de Bachar El-Assad

Il peut bien rester finalement Bachar. Après avoir détruit l'essentiel de son pays, contraint à l'exode le quart de sa population, les occidentaux sont tranquilles pour un moment : pendant qu'il reconstruira sa Syrie massacrée il ne mijotera plus quelques attentats, ne lorgnera plus sur le Liban, fera ami-ami avec Israël. Il a tant de pierres à relever.
Mais plus jamais la Syrie ne sera la Syrie : elle rejoint ces nations fantoches qui ont à leur tête des présidents hologrammes.

Un discours de Macron ?


Voila :

                                 Merci à Incarnation.

mercredi 29 mars 2017

Avenue de Sibelle


Aujourd'hui comme depuis quelques jours nous avons eu sur Paris un temps exceptionnellement ensoleillé. C'est grâce (ou à cause) de ce fameux anticyclone qui périodiquement prend ses aises, là, perché sur l'Atlantique Nord. Mais en plus du soleil toujours bienvenu, ce 29 mars fut anormalement chaud. A tel point que je me suis fait la réflexion qu'au rythme où vont les choses nous pourrons bientôt mettre nos vieux dictons aux oubliettes :
Mars qui rit malgré les averses prépare en secret le printemps ? D'averses et de giboulées n'avons point eu.
Avril ne te découvre pas d'un fil ? Si aujourd'hui je l'avais pris au pied de la lettre celui-ci, j'aurais sué sang et eau durant ma promenade.
Mai fais ce qu'il te plaît ? Oui, oui... à la rigueur on peut le garder celui-là : il ne dit pas grand-chose.

A quatre pas de ma maison j'ai emprunté l'avenue de Sibelle la mal nommée (non pas qu'elle soit vilaine, au contraire, mais je ne vois pas très bien ce qu'elle a d'une avenue) puis suis entré dans le petit square tout parfumé de ses arbres en fleurs. Après l'avoir traversé (c'est vite fait croyez-moi) j'ai franchi la porte du jardin potager qui s'appuie aux contreforts de la voie du RER, celui qui traverse le parc Montsouris. C'est d'ailleurs le point regrettable de cet endroit charmant : sa proximité avec le bruyant cheval de fer.
Toujours est-il que j'y ai pris quelques photos :







L'entrée condamnée d'un tunnel (et sa canalisation) qui doit filer tout droit vers les réservoirs de Montsouris :


C'est tout pour aujourd'hui.

mardi 28 mars 2017

Les encouragements viciés de Maxime Tandonnet




Maxime Tandonnet, à la fois haut fonctionnaire et blogueur engagé, constatant le tournant pris dans cette campagne, trouve soudainement des vertus à l'abstention, se montre compréhensif à l'égard de ces électeurs paresseux tentés d'aller à la pêche le 23 avril prochain. Il faut dire que François Fillon, son candidat naturel, voit ses perspectives de gagner le second tour se réduire chaque jour davantage. Et c'est tout naturellement que M.T. se raccroche à ce sondage qui dit que 38% des Français sont tentés de s’abstenir aux élections présidentielles, soit une participation de 62% alors qu’elle ne descend jamais à moins de 80% ou 90% d’habitude pour ce scrutin. 
Ah quelle idée merveilleuse ! Si seulement...
Si seulement la populace dégoûtée, fatiguée, désorientée, pouvait rester au lit ce jour là à cuver son pastis ! Ne surtout pas la déranger ! Une fois tous les cinq ans c'est déjà trop ! Ça pourrait lui donner des idées, des migraines.
Moi qui pensais que posséder une carte d'électeur était le summum de la démocratie...
Mais M.T. doit faire le calcul suivant : moins il y aura d'électeurs dans les bureaux de vote, plus il y aura de chances de repêchage pour les candidats que l'on pensait perdus, et plus particulièrement le sien, l'abstention ne profitant que rarement (même s'il se dit que c'est moins vrai depuis quelques scrutins) aux partis dits populistes. Forcément si le peuple ne se déplace pas...
Alors pour encourager les glorieux indécis qui passent sur son blog, il les flagorne, leur trouve tous les mérites :

Mais non, le bon sens français est le meilleur barrage. Je les admire de tenir droit dans la tourmente et de ne pas céder au néant du vote protestataire et extrémiste ne conduisant le pays qu’au chaos(...)

(...)Mais dans un tel contexte, les Français ont du mérite de se tenir droit debout et je suis fier d’être des leurs.

Et il est fier d'être des leurs, c'est comme ça qu'il les aime les Français : couchés !
Mais lui ? Va-t-il s'abstenir ou ira-t-il voter ? Il votera bien sûr ! Comme il convient à tout citoyen de le faire.
Car pour moi un électeur qui renonce à user de son droit de vote n'est plus rien, rien d'autre qu'un serf acceptant le suffrage censitaire, qui s'auto-mutile en refusant de se prononcer. Le vote blanc participe d’ailleurs du même principe. Cet homme là dès lors n'a plus droit à la parole, puisque dans les rares fois où on la lui donne il refuse de la prendre. Il se condamne de facto à subir, accepte ses chaînes, ne compte plus.
Votons à gauche, très à gauche, à droite, très à droite, (pas au centre quand même, faut pas déconner) mais votons : cette élection est la nôtre.

Autrefois il y avait un slogan bien connu :
Elections pièges à cons !
Aujourd'hui plus que jamais j'affirme le contraire :
Abstention piège à cons !


lundi 27 mars 2017

Le vote machinal




Monsieur Macron laissez-moi vous dire que vous menez une campagne admirable, la meilleure sans doute qu'il nous ait été donné de voir depuis longtemps. Depuis le début vous ne nous dites rien, absolument rien, et c'est très exactement comme ça qu'il faut s'y prendre avec les Français qui ne veulent rien entendre. Bravo pour l'avoir compris avant tous vos concurrents, c'est apparemment la stratégie gagnante. Que vous soyez le surgeon du socialisme moribond auquel tous les dinosaures à la rose se raccrochent, personne ne semble le discerner. Plus c'est gros n'est-ce pas...Le Général avait eu dans le passé une comparaison animalière pour décrire les Français. Il s'était cependant trompé sur l'animal : les Français ne sont pas des veaux, ce sont des autruches.
Surtout ne changez pas de main comme on dit : j'sens que ça vient. Continuez comme ça et, foi de Fredi, vous serez le prochain.
Mais ne comptez pas sur moi pour y parvenir.

dimanche 26 mars 2017

La chanson du dimanche


Quand elle avait le cafard, et ça lui arrivait souvent, elle, la Parisienne égarée qui bovarysait dans un bled de campagne entre Beauce et Gatinais, ma mère se mettait à fredonner ça.
Et dans sa voix qui chantait juste il y avait encore plus de mélancolie que dans la version ci-dessous. C'était des souvenirs moqueurs, enfouis, de bals du côté de Joinville ou du quai de Grenelle qui revenaient lui dire : "te souviens-tu comme tu étais heureuse alors" ?
Dans ces moments-là toute la maison avait le cafard :






Mon cœur est un violon
Sur lequel ton archet joue
Et qui vibre tout du long
Appuyé contre ta joue
Tantôt l'air est vif et gai
Comme un refrain de folie
Tantôt le son fatigué
Traîne avec mélancolie

Dans la nuit qui s'achève
Mon cœur est plein de toi
La musique est un rêve
Qui vibre sous tes doigts
Sous tes doigts la caresse
Rend mon désir si fort
Qu'il va jusqu'à l'ivresse
Et meurt à la fin de l'accord

Mon cœur est un violon
Sur lequel ton archet joue

jeudi 23 mars 2017

20 millions...


Dans la petite vidéo qui suit, le Monsieur de Nexity tient des propos très intéressants sur le devenir de nos villes (mais nos campagnes seront-elles épargnées, comment pourraient-elles l'être ?). Dès la première minute il nous confie cette chose qui moi m'a fait sursauter : dans 20 ans nous serons 20 millions (je n'ose pas dire de Français) d'habitants de plus qu'aujourd'hui. Vingt ans... après demain pour ainsi dire. Je sais bien que la France est un grand voire un très grand pays mais tout de même ! Pour ma part je trouve que l'on s'y marche déjà pas mal sur les pieds, 50, 60 millions d'habitants me semblait un seuil raisonnable à ne pas dépasser. C'est déjà fait hélas.
Et puis ce chiffre réveille en moi une suspicion dont je préférerais me garder : je connais la fécondité admirable des Françaises mais je ne peux imaginer que si nous parvenons un jour à 100000000 d'habitants (au secours !) elles y soient pour quelque chose. Ce monsieur sans s'en apercevoir donne crédit aux théoriciens du "Grand remplacement", ce fantasme nauséabond dont je n'ai jamais vraiment douté en fait.
Je crois qu' Hamon a bien raison d'envisager un revenu universel pour tout ce petit monde....
Quoiqu'il en soit ce monde qui vient ressemble de plus en plus à un cauchemar : il était déjà devenu bien laid, il sera en plus trop plein.
Et c'est celui dans lequel devront vivre mes enfants.




 





mardi 21 mars 2017

Un suspect de plus en plus crédible



Dans l'affaire "Théo" je livrais ici une piste qui sur le moment a pu apparaître à certains farfelue voire insultante pour ce jeune*, victime certifiée dès la première minute, et sans contestation possible, de violences policières. Ces violences devenues hélas récurrentes, quotidiennes, qui sont un fléau pour notre démocratie, altèrent notre vivre-ensemble, font passer le Chili de feu Pinochet pour un refuge accueillant pour tous les persécutés de la terre.
Or que lis-je dans le Parisien d'aujourd'hui ?
Ceci :

S'agissant du pantalon, son témoignage évolue aussi. La magistrate note qu'il porte ce jour-là un jogging très lâche, au point qu'il laisse largement voir le caleçon. «Sur la vidéo, fait- elle remarquer, on voit que vous marchez en approchant des lieux, vous remontez votre jogging, et que vous le portez très bas. Est-ce exact ?» «Si tu ne serres pas ton pantalon avec le cordon, logiquement il se descend tout seul. Et puis je prends mes pantalons en XL, ce n'est pas ma vraie taille», concède Théo. Et de poursuivre : «Quand l'un des policiers m'a attrapé, mon pantalon a glissé.» «Ils tiraient vers le bas quand même, mais je ne pense pas que c'était volontaire, précise-t-il. Ils essayaient de me maîtriser. Et comme mon pantalon n'était pas bien attaché, il tombait.» Une certitude aujourd'hui : les policiers n'ont pas écarté volontairement le caleçon de Théo, ni arraché son jogging, ainsi que nous l'écrivions dès le 9 février.

Je concluais mon billet par ces mots :
 Mon hypothèse demande à être vérifiée car si elle devait s'avérer juste nous n'aurions plus un enfant pré-pubère victime de violences policières mais bien la victime consentante d'une mode aussi laide qu'absurde.

Il semblerait donc que ce qui n'était alors qu'une hypothèse se vérifie ces jours-ci.
Les jeunes un conseil : commencez par vous saper avec plus de goût et de respect pour votre personne, vous vous éviterez bien des problèmes (sauf bien sûr si vous avez fait du deal votre ordinaire...).

*Il se dit que depuis sa mésaventure, les carabins, toujours prompts à se poiler d'un rien, ne parlent plus de coloscopie mais de théoscopie...

dimanche 19 mars 2017

Le désastre Trump, celui du Brexit





Mais les experts, ces gens qui régulièrement se trompent sur à peu près tout, nous prédisent que ça ne va pas durer, que ça ne peut pas durer.
Forcément puisque ça va à l'encontre de toutes leurs prédictions cataclysmiques, à l'encontre du fameux "No alternative".
Mais le G20 a bien été obligé de retirer de sa déclaration finale samedi sa traditionnelle condamnation du protectionnisme économique, et aussi son soutien à l'accord de Paris sur le climat, reflétant les réticences du nouveau gouvernement américain sur ces deux sujets.

Réticences....
Voilà c'est ça : nous sommes réticents, voire même hostiles, n'ayons pas peur des mots (comme disait un bègue de mes connaissances) au programme imposé que nous n'avons pas demandé.
La troisième voie est en marche et les Britanniques comme les Américains nous montrent que d'autres choix sont possibles, que la mondialisation malheureuse n'est ni irréversible, ni une fatalité.
En prendre conscience et, plutôt que d'aller à la pêche dans une trentaine de jours comme je le lis chez des blogueurs désabusés : voter !

La chanson du dimanche


Retour en arrière.
Nous sommes un dimanche soir de mai 2005. Dans la matinée je suis allé voter "non" comme 55% de Français au projet imbitable de constitution Européenne qui s’avérera par la suite n'être qu'un désespérant traité commercial, contraignant et entravant pour les Etats Européens, un désastre pour leurs citoyens.
Il est 18 heures environ, j'écoute une radio, j'ai oublié laquelle, Fip peut-être mais ce n'est pas certain. Toujours est-il que les chansons et autres morceaux musicaux s'enchaînent sur la station quand arrive ce titre de Polnareff : "C'est une poupée".
18h30 : je m'aperçois qu'il me manquera quelques bricoles pour passer une bonne soirée électorale, sors et me rends d'urgence à l'épicerie la plus proche. Dans celle-ci aussi il y a un fond musical. Je suis dans les rayons quand arrive de nouveau la poupée de Polnareff. "Ils se sont donné le mot", pensais-je, hésitant sur un Côtes du Rhône médaille de bronze Orange 2004 et un Gigondas "réserve grande cuvée millésimé grand siècle vieilli en fûts de chêne recommandé par le guide du routard et plein d'autres idéal avec des grillades". Et puis je réalise d'un coup : ce soir ce sera "NON".
Merci pour la programmation et le message subliminal !
Le "NON" sera confirmé une heure et demi plus tard.

La poupée qui fait non:
Sans même écouter, elle fait non...non...non...non...
Sans même regarder, elle fait non...non...non...non...
Toute la journée, elle fait non...non...non..non...






vendredi 17 mars 2017

Atelier d'artiste



En visitant les archives de ce blog j'ai retrouvé ce petit texte qui date d'un temps pas si lointain où j'aimais encore écrire des billets et en rire. C'est pas si mal !
Comme je n'ai pas grand-chose à vous raconter* je le remonte ici, ça meublera.
Il y a encore deux trois bricoles que je vais sortir de la naphtaline, mais combien d'autres définitivement perdues dans un mouvement d'humeur. Pas des merveille bien sûr, pas des choses inoubliables ! Mais des choses amusantes, pétillantes comme je crois être devenu incapable d'écrire aujourd'hui.
Ça ne gratte plus.
Mais ce n'est pas grave : je ne suis pas un artiste.



Atelier d'artiste :

Le génie ça démarre tôt
Mais y'a des fois ça rend marteau.

Ça démarre tôt en effet. Ça se détecte à la petite école quand vous récupérez votre enfant les ongles et les mains encore tachés des couleurs manipulées l'après-midi en atelier d'art-plastique, que vous vous entendez dire par la maîtresse admirative :
- cet enfant a un tempérament d'artiste qu'il ne faut en aucun cas contrarier, mais au contraire encourager.
Pour l'heure la maman se demande surtout si c'était une bonne idée de choisir la chemise blanche de papa pour servir de blouse de travail.
Encourageons donc. Tous artistes ! D'autant que quand on voit ce que l'on voit, qu'on entend ce que l'on entend, la tentation est grande de se dire "pourquoi lui, pourquoi pas moi ?".
Plus tard, vers l'adolescence, le même enfant aura sa première guitare, puis deux guitares, un piano à queue et une contrebasse, des boites de couleurs, des rames de papier Canson, un hélicon et un stylo Dupont. C'est pourquoi nous avons la chance, en France, d'avoir un vivier d'artistes inépuisable. La Mairie de Paris a pensé à eux et met à la disposition des plus chanceux d'entre eux, pour une somme modique, des ateliers d'artistes afin que ces talents puissent s'épanouir à l'abri du besoin, des contraintes vulgaires et des froidures de l'hiver. J'ignore comment se déroulent les attributions mais l'on sait bien qu'elles sont du genre à éveiller les suspicions, les soupçons de copinage. Je sais en revanche que les heureux élus sont tenus, pour justifier de leur qualité d'artistes et être reconduits dans leurs locaux, de fournir une production constante et régulière. Le deal n'est toutefois guère contraignant.
Ainsi celui-ci décline-t-il à l'infini des codes-barre sur fonds monochromes. C'est sa façon de dénoncer le libéralisme, la société marchande. Il fait ça depuis vingt ans et ne redoute qu'une seule chose : que son message soit incompris.
Cet autre commet des aquarelles, des nuages dans toute la gamme des bleus. C'est très beau, très apaisant. Un jour, dans un mouvement d'audace qui lui ressemble peu, il s'est levé en bousculant sa chaise en arrière puis il a fait pleuvoir son pinceau à cinquante centimètres de la feuille à dessin. Le résultat ne fut guère concluant. De plus ça éclaboussait ses attestations de paiements Assedic qui traînaient à côté. Il a renouvelé l'opération mais cette fois à vingt centimètres. L'art c'est souvent une affaire de distance. Il fut satisfait du résultat. Ça mettait, comment dire...un peu d'énergie dans ses créations, on devinait très nettement que l'artiste avait franchi un cap, qu'il n'était pas loin de toucher au sublime. Depuis quelques temps il traverse une période révoltée. Il veut témoigner de l'agressivité de notre époque contemporaine. Les nuages sont devenus rouges.
Je tiens le dernier exemple pour un pur génie. Voilà un homme, salarié à quart temps d'une grosse boite de la banlieue ouest, qui a tout compris. Il a pris l'habitude de roder autour des chantiers de la capitale, de ramener de ses pérégrinations, à l'instar du Facteur Cheval ramenant des cailloux de ses tournées, des bouts de fil de fer rouillés. A l'aide de pinces, le plus souvent à mains nues, il en conçoit des "hommes marchant" qui ne sont pas sans évoquer ceux de Giacometti en plus maigres. Cette idée d'une accusation de plagiat le tourmentait sincèrement. Un matin qu'il jetait dans la poubelle de tri sélectif des emballages divers, il remarqua des piles de journaux, de Figaro, Libération. Il resta un instant en arrêt, tenant le couvercle relevé, contemplant les vieux imprimés. "C'est pas con ça", murmura-t-il le nez dans la poubelle. Il s'empara de tous les journaux et revint dans son atelier. Devant sa machine à laver le linge il préleva les pages qui lui semblaient les plus intéressantes, rejeta les pages saumon du Figaro, les comptes-rendus sportifs, hésita devant celles où figuraient les résultats du loto, bourra le tambour au maximum puis sélectionna le programme (programme court, ne pas ajouter de chlore). A la fin du cycle il récupéra un amalgame où s'enchevêtraient les pages du Figaro, celles de Libération, où les mots d'Ivan Rioufol se mêlaient à ceux de Laurent Joffrin dans une pâte consensuelle, réconciliés. Un frisson lui parcouru l'échine : "Putain le symbole ! Je tiens quelque chose".
Il retourna avec sa boule dégoulinante dans l'atelier, la déposa sur la table, la malaxa un peu comme l'aurait fait un boulanger avec sa pâte à pain, puis entreprit de garnir ses pièces de fil de fer. Il s'agaça des difficultés qu'il rencontrait au niveau des phalanges, des attaches des mains, travailla tard dans la nuit sur une demi-douzaines de pièces, alluma tous les radiateurs pour accélérer le séchage, se coucha épuisé.
Le lendemain il eut une vive déception : dans la nuit la pâte à papier s'était rétractée, avait formé des bourrelets irréguliers. Mais ce n'était pas le pire. Cela encore pouvait s'expliquer, passer pour un geste voulu. Il suffisait de bâtir un discours autour de la technique, de l'effet recherché. Non, ce qui l'attristait profondément c'est que l'ensemble dégageait quelque chose de terne, d'inachevé. Contrarié, maussade, il gagna sa salle de bains, commença à se raser. C'est alors que dans le reflet du miroir il aperçu derrière lui, posée sur une étagère, une bombe de laque l'Oréal oubliée par une ex quelconque. "Bon sang mais c'est bien sûr !", s'exclama-t-il. Dans son émotion il s'entailla le menton. S'épongeant vivement il se saisit de la bombe et couru à son atelier, vida la laque sur ses œuvres. Les couleurs s'en trouvèrent instantanément rehaussées, les contours prirent une patine vernissée du meilleur aloi. De plus, ce qui n'est pas négligeable, les "hommes marchant" avaient désormais un irrésistible parfum de salon de coiffure pour dames.
C'est un homme heureux qui partit ce jour là accomplir ses trois heures journalières de travail, le cou plein de mousse à raser séchée, avec un filet de sang dedans. Il est régulièrement exposé depuis, sa cote n'en fini pas de monter.
A ce stade et pour conclure, je veux dire une chose : ne nous laissons pas aller aux plus bas ressentiments, ne nous laissons pas gagner par la rancœur et la mesquine jalousie. Dans ces pépinières que tout le monde nous envie, se cachent certainement ceux qui demain feront la nique à ces authentiques escrocs que sont Jeff Koons et Anish Kapoor, seront la gloire et le rayonnement de l'art à la française.
Vive les ateliers d'artistes de la ville de Paris et vive la France !

* Ah si quand même : un pays où l'on parle chiffons pendant la campagne électorale est bien un pays de gonzesses.

mercredi 15 mars 2017

Comment osent-ils ?



« Le vote pour l’extrême droite est contraire aux intérêts de chaque Français, contraire au pouvoir d’achat et à l’emploi« , a ajouté François Hollande mardi, à l’occasion de sa visite dans le Loiret sur le thème de la formation et de l’accompagnement des demandeurs d’emploi.

Un million de chômeurs de plus en cinq ans, la loi El Khomri et tant d'autres petites misères portées au droit du travail, voter Hollande en 2012 a en effet été très favorable aux intérêts des Français. Ils en mesurent les bénéfices chaque jour et ne se sont jamais remis du renoncement de FH à être candidat en 2017.


On peut poser le problème différemment : qui se sent proche de BHL ? Et qu'est-ce donc "un Kurde démocrate" ? Ces Kurdes éparpillés sur trois nations, qui rêvent de refonder leur Etat perdu, ne caressent-ils pas en secret d'inavouables pensées xénophobes, nationalistes ?
Là, tout de suite, j'en vois deux qui auraient mieux fait de se taire.
Mais qui les écoute encore, que vaut leur parole ? Rien. Nada.


mardi 14 mars 2017

Jean-Marie Le Pen


Sur bien des blogs que je fréquente je vois souvent l'engouement que suscite MLP chez beaucoup de commentateurs. Mais c'est un engouement caché, avoué à demi-mots, presque honteux. Tellement honteux qu'il est rare sinon inexistant de voir relayé une interview d'elle ou de son menhir de père. Et bien pour ma part je le confesse : bien avant la fille j'ai eu une admiration sans borne pour le borgne dont les affiches électorales dans le village où j'étais enfant me terrorisaient. Il est pour moi l'homme politique du siècle écoulé, celui qui aura le mieux compris les enjeux de celui qui commence. Celui qui aura été l’infatigable lanceur d'alertes de ce que l'on nous présentait alors comme des fantasmes, des peurs irrationnelles.
L'Europe de Monnet à Maastricht ?
Il a tout dit sur elle, bien avant que des philosophes à la petite semaine commencent à s'y intéresser, à en discerner les conséquences, comme Philippe Séguin d'ailleurs, qui ne disait pas autre chose que lui. L'Europe de la prospérité, depuis, est bien devenue l'Europe de la paupérisation pour tous où plus personne ne saurait dire ce qu'est un Européen, où d'églises on fait des mosquées, où de paysans on fait des suicidés, où de travailleurs on fait des chômeurs.
L'immigration de peuplement, le grand remplacement ?
Avec Raspail et bien avant Camus il les voyait venir, les dénonçait comme un crime contre le peuple historique. Pour l'avoir vécue il la comprenait très bien l'image du Général, celle de l'huile et du vinaigre ; une suite ininterrompue d'attentats, du métro St Michel au Bataclan, des violences urbaines quotidiennes, une partition du territoire toujours à nos dépens (jusqu'à notre disparition ?), notre espace vital qui se rétrécie comme peau de chagrin, notre tranquillité, nos choix de vie malmenés chaque jour, lui donnent raison.
Ce paria que nous avons tant aimé détester voulait nous mettre en garde, avait tout vu venir, nous n'avons pas su l'entendre. Aujourd'hui il est vieux, ne brigue plus rien, pas même le Panthéon où pourtant il aurait sa juste place, lui le combattant de toujours de nos libertés.
Tant qu'il est encore là écoutons le encore un peu le menhir : il nous manquera bientôt.


     

Un souvenir




C'est le milieu des années 90, je suis à Marseille chez des amis. Au matin (mais il devait être midi bien tassé vu la soirée que nous avions passé...) je me rends dans la salle de bains afin de redonner un peu de fraîcheur à ce corps malmené par les excès de la veille. J'en arrive au rasage. Sur la tablette en verre sous le miroir est posé un flacon de parfum de grande marque en cristal magnifique, une oeuvre d'art décorée d'abeilles qui diffracte la lumière en arc en ciel sur les murs blancs. Allez va, me dis-je, je leur dirai, ils ne m'en voudront pas pour si peu. Pchit, pchit... et je repose le flacon. "Ah oui, pensais-je en enfilant ma chemise, c'est quand même autre chose...". Et de me regarder satisfait dans la glace. Rasé de frais, chemise bleu tendre, le cheveu soigneusement coiffé, je ferais tout à fait un invité présentable à Buckingham Palace. "Fredi : je serais la Reine d'Angleterre que je t’anoblirais de suite !" Mais déjà le parfum semblait se dissiper. Allez ! encore un peu ! Là, sur le revers de la chemise, pchit..., pchit..., et je rejoins mes amis au salon.
- je me suis permis de vous emprunter un peu de ce luxueux parfum, ce n'est pas si souvent que j'ai l'occasion de m'en mettre !
- celui du flacon aux abeilles ? Ah mais ce n'est pas l'original ! Il n'y en a plus depuis longtemps ! C'était un cadeau pour P. d'il y a au moins deux ans, mais comme le flacon est vraiment très beau je l'ai rempli avec une eau de toilette du supermarché...

lundi 13 mars 2017

Expressions populaires




Si le brouillard s'épaissit sur ce que sera l'après deuxième tour de cette présidentielle, au moins y voit-on plus clair sur le sens d'expressions populaires comme "tailler une veste" ou, plus chic, "tailler un costard".
C'est toujours ça de pris.

dimanche 12 mars 2017

La chanson du dimanche


Alors moi aussi je vais sacrifier à cette mode, assez reposante pour le blogueur (le septième jour il se reposa), de la chanson du dimanche.
Mais je tenterais autant que possible de suivre le fil rouge que je me suis choisi : la femme.
Car pour moi la journée de la femme c'est ou devrait être 365 jours par an : nous leur devons tant.
Et en cette période électorale quoi de plus naturel que de commencer par celle-ci :


vendredi 10 mars 2017

En attendant Godot

Peut-être le saviez-vous quand je l'ignorais, mais il se trouve en France un village au nom le plus court : Y dans la Somme.


Je connaissais pour y avoir séjourné pendant des vacances le village le plus haut de France, Saint-Véran, et le plus froid, Mouthe, un autre bien sûr que nous connaissons tous grâce aux facéties de Daniel Prevost, mais Y non.
Alors je suis parti à la recherche d'autres villages aux noms improbables et suis tombé sur Llanfair­pwll­gwyn­gyll­go­gery­chwyrn­drobwll­llan­tysilio­gogo­goch au pays de Galles qui signifie "l'église de sainte Marie dans le creux du noisetier blanc près d'un tourbillon rapide et l'église de saint Tysilio près de la grotte rouge". Le côté belge des Anglais à mon avis, je ne vois que ça, mais prévoyez tout de même une halte à la station-service pour rentrer son nom dans votre GPS...
Et sans doute l'aviez-vous deviné, c'est tout naturellement qu' "Y" et "Llanfair­pwll­gwyn­gyll­go­gery­chwyrn­drobwll­llan­tysilio­gogo­goch" se seraient un jour jumelés.
Voila, voila... En attendant Godot*, pardon... Macron. (Sauf si nous savons dire "non" à ce mec si boursouflé que lui a pris en toute simplicité les initiales de son prénom et de son patronyme pour baptiser son mouvement).


*Deux vagabonds, Vladimir et Estragon, se retrouvent sur scène, dans un non-lieu (« Route de campagne avec arbre ») à la tombée de la nuit pour attendre « Godot ». Cet homme — qui ne viendra jamais — leur a promis qu'il viendrait au rendez-vous ; sans qu'on sache précisément ce qu'il est censé leur apporter, il représente un espoir de changement. En l'attendant, les deux amis tentent de trouver des occupations, des « distractions » pour que le temps passe.

jeudi 9 mars 2017

Un peu de Soral ça peut pas faire de mal


Bon faut faire le tri aussi, hein... c'est toujours comme ça avec lui.
Disons que jusqu'à l’affaire Théo c'est très écoutable, très recommandable. Les quinze premières minutes environ. Le reste est à l'appréciation de chacun.
Il ne devrait pas parler aussi longuement : le verbe finit toujours par tuer le verbe.


Chevènement dans le texte





Mine de rien, le cours des événements a souvent donné raison à Jean-Pierre Chevènement. Il avait mis en garde contre le chaos que les interventions occidentale en Irak allait engendrer. Il avait prévu que l'euro ruinerait l'industrie française et creuserait de dangereux déséquilibres au sein même de l'Europe. Il avait encore anticipé, de longue date, le retour aux valeurs républicaines dont chacun se gargarise aujourd'hui.

C'est pourquoi la lecture de son dernier ouvrage n'est pas inutile. Dans cette somme de près de 500 pages, Chevènement ne livre pas seulement une synthèse de l'ensemble des analyses qu'il a déjà pu développer, étayées par une impressionnante érudition historique et géopolitique. L'ancien ministre âgé de 77 ans propose surtout une sorte de testament politique, lesté d'une série d'avertissements qui mériteraient d'être entendus.

Guerre civile
L'ancien ministre de l'Intérieur développe une analyse fine du terrorisme et de la manière de le combattre qui ne saurait se résumer aux réponses sécuritaires. «Si le chômage de masse n'explique ni ne justifie le passage à l'acte terroriste, il créé, avec l'excessive concentration de jeunes dont l'imaginaire ne coïncide nullement avec l'imaginaire national, l'humus où le terrorisme mondialisé a semé ses graines», avertit-il.

Le terrorisme islamiste vise ainsi à «exploiter les failles de la société française pour y semer et y faire fructifier les graines de la guerre civile». Chevènement ne masque pas son inquiétude: «Le télescopage du terrorisme islamiste avec la montée du Front national peut rompre l'unité du pays dans les années qui viennent». La poursuite d'attentats meurtriers mettrait à rude épreuve la résilience française.

«Des esprits faibles ou des groupes manipulateurs peuvent se laisser entraîner à des actions de représailles», prévient-il. L'auteur envisage que «s'enclenche alors une spirale de violences et de ressentiments lourds de menaces pour la paix civile». On ne peut ainsi exclure «la perspective d'affrontements étalés sur une longue période, un peu à l'image de ce que furent les guerres de religion en Europe».

Cette alarme rappelle celle qui avait été tirée par Patrick Calvar, directeur général de la Sécurité intérieure, le 10 mai 2016. Devant la Commission de la défense de l'Assemblée nationale, notant que «les extrémismes montent partout», il avait confié s'intéresser «à l’ultradroite qui n’attend que la confrontation» avant de conclure: «Cette confrontation, je pense qu’elle va avoir lieu».

L'ancien ministre se veut pourtant optimiste: «Le djihadisme a réveillé une force spirituelle». Dans l'adversité, le patriotisme français renaîtrait. Chevènement insiste sur la nécessité de situer cette menace dans le cadre plus vaste d'une «guerre intérieure qui déchire l'islam et dont les musulmans sont les premières victimes».

«L'islam fondamentaliste financé par l'argent du pétrole s'est répandu dans tout le monde musulman», rappelle-t-il. Mais Chevènement ne désespère pas de l'apparition d'une nouvelle «Nahda», c'est-à-dire d'un mouvement de réforme au sein du monde musulman. Le président de la Fondation de l'islam de France parie ainsi sur une renaissance qui ferait reculer le fondamentalisme et favoriserait la pleine insertion de cette religion dans la communauté nationale.

Pression migratoire
Les migrations seront l'un des grands défis du siècle, prévient l'ancien ministre de l'Intérieur. «Cet afflux migratoire en provenance d'Afrique ne peut que se poursuivre», estime-t-il en appelant à clairement distinguer le déplacement des réfugiés des migrations économiques afin de faciliter l'accueil des premiers.

«Les grandes migrations du début du IIIème millénaire peuvent-elles donner lieu à un métissage constructif ?» Chevènement pose les termes du débat d'une manière qui ne plaira pas à tout le monde. «La réponse à cette question n'est pas simple, parce qu'elle dépend à la fois de la vitalité biologique et culturelle de la société d'accueil et de l'attitude des migrants eux-mêmes, soit qu'ils aspirent à s'intégrer dans la société qui les accueille, soit qu'au contraire ils veuillent y importer non seulement leur religion mais aussi leurs mœurs, voire leurs lois».

Des esprits polémiques rattacheront sans doute cette phrase à la thématique du «grand remplacement» chère à l'écrivain d'extrême droite Renaud Camus, même si elle se situe dans la perspective d'un «métissage contructif» qui est à l'opposé de la vision de la mouvance identitaire. L'interrogation sur les capacités de l'Europe vieillissante à bien intégrer de futures vagues massives d'immigration est pourtant légitime. Elle est d'ailleurs posée dans des secteurs de l'opinion très divers: «si un pays n'a pas d'enfants, les immigrés entrent et prennent leur place», a ainsi estimé le pape François, le 14 septembre 2015, dans un entretien à la radio portugaise Renascença.

Tout en appelant l'Europe à donner l'asile à ceux qui fuient la guerre, le Pape leur a, par la suite, demandé de ne pas se montrer imprudents «en recevant plus de réfugiés
que l’on peut», soulignant que la constitution de ghettos est «très dangereuse». «L’Europe,
l’Allemagne en particulier, ne peut devenir un pays arabe», avait même déclaré le dalaï-lama, le 31 mai 2016, dans une interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Chevènement suggère, comme le pape, que l'accueil des migrants soit «proportionné à la capacité d'intégration». Il met en garde contre la constitution de «diasporas qui se laissent d'autant moins absorber que l'écart entre leur culture et la culture autochtone est plus grand». L'auteur propose donc de «canaliser les flux migratoires» dans des limites précises «en vue d'assurer la survie de nos sociétés en tant qu'entités politiques et culturelles constituées».

Là encore, la franchise du propos fera sans doute bondir certains. Mais le risque est bien réel que nos sociétés fracturées, en crise aussi bien économique (chômage de masse) que culturelle (école malade), éprouvent des difficultés croissantes à faire du «vivre-ensemble» autre chose qu'un slogan. L'intégration des populations d'origine immigrée est d'autant plus délicate, observe Chevènement, que nos sociétés sont confrontées à la montée de l'hyperindividualisme et du communautarisme. L'idéologie «libérale-libertaire», dont il se réjouit qu'elle arrive en «fin de cycle», lui semble avoir ainsi contribué à «ancrer un différencialisme de fait» destructeur de la cohésion nationale.

Face à ces dérives, Chevènement prône un retour à la rigueur républicaine qui sonne un peu comme une pétition de principes. «La laïcité et la démocratie sont une seule et même chose», rappelle-t-il très justement. Mais ces concepts ne vont plus de soi devant la résurgence d'un «certain irrédentisme de la conception religieuse». Comme le relève l'auteur, «Dieu ne transige pas si facilement». Hier comme aujourd'hui.

«La définition de la nation française n'est ni ethnique ni religieuse»,  avertit très clairement Chevènement. «Elle est politique». La France est ainsi, à ses yeux, nécessairement «multi-ethnique et multiconfessionnelle». Sa tradition républicaine serait un atout précieux pour préserver son unité dans ces nouveaux défis de la diversité «tant les facteurs de dispersion dans un monde ouvert où l'argent, l'hyperindividualisme et les communautarismes triomphent peuvent contribuer à sa dislocation». Encore faudrait-il que cette tradition puisse être revivifiée par un projet collectif rendant au pays une confiance en lui-même qu'il a perdue.

Chaos mondial
«Le tsunami d'une globalisation devenue à elle-même sa propre fin nous emporte tous», observe Chevènement. C'est bien, en dernière instance, ce dérèglement planétaire qui aggrave la menace terroriste et aiguise les pressions migratoires. L'auteur évoque la «gouvernance par les nombres» d'une finance mondialisée qui débouche sur «un monde inégal et incertain».

Nous vivrions à l'heure d'un «néo-féodalisme postmoderne», l'hégémonie des Etats-Unis étant simplement menacée par la montée en puissance chinoise. Chevènement situe «en Occident, et plus généralement dans la globalisation, la source principale du chaos qui nous emporte». Un rappel qui n'est pas anodin à une époque où d'aucuns estiment que le terrorisme islamiste est la principale menace qui pèse sur l'humanité.

L'auteur décrit sévèrement un «Saint-Empire euro-américain» qui se manifeste par une «domination souple, à géométrie variable, hiérarchisée, différenciée, laissant survivre quelques pans de souveraineté» dans les pays membres de l'Union européenne. Celle-ci ne serait, au fond, qu'un sous-ensemble de «l'Euramérique» car «les Etats-Unis sont le véritable fédérateur politique et militaire de l'Union européenne».

A cette «Europe germano-centrée» et qui ressusciterait la «vocation impériale ancienne des Germains», le gaulliste Chevènement oppose une «Europe européenne», union de nations réellement indépendante. Refondée par un nouveau traité, cette Europe vivrait à l'heure d'une «monnaie commune» et non plus unique. Libérée de l'influence américaine, elle oserait des partenariats aussi bien avec la Russie qu'avec l'Afrique.

C'est dire si l'aventure européenne prendrait un chemin différent de celui dans lequel elle se débat aujourd'hui. Eternel optimiste, volontariste têtu, Chevènement espère que tous les orages qu'il voit se lever à l'horizon précipiteront les mutations qu'il appelle de ses vœux. A tout le moins reste-il reste persuadé que la France, de par sa culture universaliste, garde un rôle décisif pour que soit relevé le vaste «défi de civilisation» de ce nouveau millénaire.

Source.

mercredi 8 mars 2017

La grande coalition





Encore un petit billet politique puis j'essaierai de passer à autre chose. Car à trop parler politique, on y perd peut-être pas son âme mais sa légèreté sûrement.
Je constate autour de Macron* un phénomène assez étonnant. Outre qu'il va voir se rapprocher de lui tous les socialistes qui ne peuvent envisager de suivre un candidat officiellement étiqueté "socialiste" mais qui se traîne à 13%, on observe des ralliements impensables jusqu’alors. Bayrou bien sûr, mais, plus curieux, lui viennent des messages de sympathie d'un vieux communiste (Hue), d'un autre marqué ordinairement à droite (Madelin), Villepin aussi et d'autres que j'oublie. Que peut bien vouloir dire tout ça sinon qu'ils sont en train de nous la créer sous nos yeux de presbytes la fameuse coalition à l'Allemande ? Si François Fillon devait ne jamais se relever du torpillage en règle dont il a été la victime, alors le grand parti qui réunirait les centres, les socialistes et quelques juppéistes aura pris forme, coalition qui resterait à confirmer en juin à l'Assemblée.
De facto le Front National serait pour le coup le seul parti d'opposition.
Fillon/Hamon out, victimes collatérales (au passage oubliées les primaires...) d'une idée maîtresse, obsessionnelle : faire barrage au Front National.
Tout ça pour ça, serait-on tenté de dire...
Quant à moi je crains d'être bientôt obligé de reconnaître, même s'il reste encore un peu de chemin à parcourir pour que tout cela se concrétise ou que nous le déjouions**, que je me suis planté du tout au tout en claironnant au soir du second tour de la primaire de droite que nous avions le nom du futur président.
Tant pis...

*A noter qu'à l'âge de 39 ans il ferait moins jeune que Louis XIV quand ce dernier pris les rênes du royaume de France :
Né Louis, surnommé « Dieudonné », il monte sur le trône de France au décès de son père Louis XIII, quelques mois avant son cinquième anniversaire.

**Les Français étant ce qu'ils sont, j'ai quelques doutes sur leur volonté de déjouer quoi que ce soit.

mardi 7 mars 2017

Macron



Ou le candidat que les socialistes se sont trouvés pour succéder à Hollande (car ce sera le leur et non Hamon n'en doutez pas), pour séduire les pauvres, les banlieues, à grand renfort de discrimination positive, de nationalité française pour tous...
Quand on songe que le Canard cherche des poux dans la tonsure de Fillon pour un prêt de 50000 euros*...
Il y aurait quelque chose de faustien, à confier notre destin à cet homme, quelque chose qui signifierait que nos fondations sont pourries, irrécupérables, nos charpentes vermoulues, que nous ne sommes plus que ruines laissées à l’appétit des termites.
Que près de 25% d'électeurs puissent fonder en lui quelque espoir, dont beaucoup d'ouvriers, de salariés, de socialistes sincères, laisse pantois, un peu désemparé.
Rappelons aussi à ceux qui ne veulent pas voir, que tous les mauvais coups portés aux classes populaires l'ont été, depuis 1981 et sans modération, par des socialistes qui se prétendaient les représentants des malmenés de la vie. Avec récemment, dans ce quinquennat qui s'achève et pour paravent, trouvaille inédite, le mariage pour tous en dissimulation de la loi El Khomri, ou la destruction de nos modèles familiaux accompagnant et masquant dans le brouhaha, la destruction de nos modèles sociaux. Du grand art... maléfique.
Toi qui envisages un bulletin Macron/Hollande, tu as encore 45 jours pour faire ton devoir d'inventaire, réfléchir deux minutes, te souvenir de la gauche caviar : sa compassion pour toi est voisine de zéro ; passé le 7 mai tu ne ne compteras plus, tu n'as jamais compté, ne l'oublie jamais.

Rajout de dernière minute : quand je vois les ralliements (Delanoë ce matin) à la candidature Macron, je me dis qu'en cas de victoire de ce dernier le changement sera pour plus tard...

*A lire ici. 

Marins d'eau douce




Il semble résolu à aller jusqu'au bout, alors ils disent "jusqu'au-boutiste", et dans leur bouche ce n'est pas un compliment.
J'entends et je lis que son obstination serait celle d'un forcené, son entêtement celui d'un suicidaire qui non content de courir à sa perte entraînerait sa famille politique avec lui. Je vois les choses différemment : je vois un homme qui persévère dans l'adversité, qui ne renonce pas aux premiers aboiements des meutes ( elles sont nombreuses et parfois inattendues), combat seul contre tous, démontre un certain courage. On voudrait nous faire passer ces qualités pour des défauts, alors que ce sont là les traits de caractère indispensables à un chef depuis que l'homme est l'homme. Mais c'est vrai qu'en cinq ans beaucoup se sont habitués à plus de mollesse de tergiversations, de compromissions. Y compris dans ce camp qui est le sien, qui a lui aussi mis le genou à terre depuis longtemps, renoncé à exprimer des idées fortes de peur de déclencher l'ire des censeurs, de cette gauche dans laquelle au fond beaucoup se sentiraient si bien, dont ils ont adopté les mots et le logiciel, où l'on carbure à l'eau tiède. Cette grande famille du consensus mou où l'on fait carrière en évitant de poser les questions qui fâchent, si grande cette famille, qu'elle peut accueillir des Estrosi, des Bertrand, des MKM, des Collomb des Juppé des Macron, des monteurs de marches du Festival de Cannes, des fêtards de la nuit du ramadan, tous ces VIP qui s'imaginent encore avoir un rôle à jouer mais qui au fond ne souhaitent rien d'autre qu'entendre jouer encore un peu les violons du Titanic, demandent une dernières fois un cure-dents et 30 secondes sur BFM.
Alors quand je vois François Fillon braver les vents contraires sans trembler, je ne pense pas qu'il est fou, orgueilleux, déraisonnable ; je pense qu'il a la trempe d'un homme d'Etat et qu'il n'a pas besoin des petits soldats qui se sont éparpillés sous la mitraille quand le devoir leur imposait de faire corps autour de leur chef.

samedi 4 mars 2017

Au Trocadéro




Monsieur Fillon :
Demain sur le Trocadéro on nous annonce du vent, de la pluie, et bien des désertions.
Beaucoup se gausseront des chaises vides, feront la comparaison.
N'oubliez jamais qu'un Trocadéro plein ne fait pas forcément la victoire, que d'autres par le passé s'y s'ont bercé d'illusions.
Tous ceux qui demain ne seront pas là, comme moi et je le regrette, seront malgré tout avec vous. Comme vous ils se moquent par avance des comptes-rendus télévisés, des images sans lendemain, ne retiendront que ce combat que vous menez contre cette mise à mort programmée.
Tenez bon !

Notes



 Si cette campagne électorale avait permis le débat, sans doute nous aurait-il été possible d'approfondir cette idée défendue par certains, à gauche mais aussi à droite, de revenu universel, idée qui soulève plusieurs observations.
Je ne suis pas un économiste mais il me semble que donner 500 (ou 700 ou 800) euros à tout le monde ou presque, revient à donner 0 à tout le monde.
La seconde c'est que cela accrédite l'hypothèse sinon d'une disparition, du moins d'une raréfaction du travail salarié. Mais alors quid du "travailler plus pour gagner plus", de la fin des 35 heures ?
Enfin, autre observation qui découle de la seconde, que peut bien vouloir dire l'expression "sauver le régime des retraites" si cela consiste à en reculer l'âge de départ tout en sachant que cela compliquera voire rendra impossible pour les salariés l’obtention de tous leurs droits, sinon qu'il sera sauvé par le versement de pensions amoindries ?
La vérité je crois, c'est qu'à une jeunesse sans avenir il faudra ajouter désormais une nouvelle catégorie de population : celle des seniors paupérisés.

Si publier des photos d'exactions de Daech peut entraîner la levée de l'immunité parlementaire d'une député Européenne, alors, nous autres fumeurs, devrions envisager une action de groupe contre l'Etat qui nous impose des photos horribles sur nos paquets de cigarettes, trouble notre quiétude quotidienne. Car enfin : ces images de Daech dans ses œuvres n'ont-elles pas la vertu, elles aussi, de nous mettre en garde contre un autre danger, un autre cancer, celui de l'islamisme ?

Au  Trocadéro ou ailleurs, bon week-end*.

*Si Fillon traverse la tempête, il me donnera presque l'envie de voter pour lui dès le premier tour. (J'ai dit presque).

jeudi 2 mars 2017

Les 40 salopards



Et encore la liste n'est pas close...
Tous les opportunistes, les carriéristes, dont Apparu est à mon avis l'une des figures des plus emblématiques, s'étaient ralliés à François Fillon après son éclatante victoire aux primaires. Juppéistes, sarkozystes, étaient tous devenus par la grâce du Saint Esprit fillonnistes. Jusqu'à aujourd'hui. Ils pensaient avoir embarqué pour une croisière sur la Méditerranée et se retrouvent en pleine tempête dans le détroit du cap Horn ; ils pensaient faire la guerre aux arrières et voient qu'ils leur faudrait monter au front. Alors ils désertent, ont le mal de mer, demandent à être débarqués, se découvrent les pieds plats...
C'est dans la tempête, au front, que l'on peut compter ses meilleurs alliés. En ce sens cette hémorragie a le mérite de la purge.
Si le Front National avait dû compter sur des petits soldats comme le seconde classe Apparu et ses semblables qui se chient dessus aujourd’hui, ces gens trop pressés, trop fragiles, il ne serait pas en tête des intentions de vote.
Alors si ça devait tanguer un peu plus, si les Révoltés de la Bounty en venaient à le jeter par-dessus bord, je n'aurais qu'un conseil à donner à François :
Rejoins Marine !
C'est le capitaine qu'il te faut et ses troupes ont le cuir endurci.

Que nous restera-t-il ?




Que nous restera-t-il quand Fillon, lâché par les siens, lessivé, renonçant au combat, jettera l'éponge ; quand la bulle, qui refuse son destin de bulle, aura encore grossi; quand on nous prendra gentiment par la main nous demandant de glisser, encore une fois par défaut, un bulletin Macron dans l'urne ?
Il ne nous restera plus qu'à nous rebeller une bonne fois pour toute, repousser la main de Judas, briser enfin ce fameux plafond de verre.

mercredi 1 mars 2017

Faut-il que les hommes s'ennuient





Une folle journée ont-ils dit, qui méritait bien des éditions spéciales. Elles étaient sur le pont, toutes nos chaînes info en continu, on tenait là du lourd, du décisif, et moi qui n'avais pas grand-chose de prévu en cette journée, je me suis laissé prendre au jeu. Allait-il renoncer ? Irait-il finalement au salon ? Quel insensé coup de tonnerre allait-il tomber sur cette campagne dont on se demande encore si elle a vraiment commencé ?
Puis vint le discours,  un discours de cinq minutes dans lequel il est venu nous dire, droit dans ses bottes, qu'il ne lâchait rien. Un court discours, très bien ciselé d'ailleurs (ce qui explique sans doute qu'il nous a fallu l'attendre une demi-heure de plus pour l'écouter) et bien malin le journaliste qui pourrait en extraire autre chose que la marque de la volonté ferme, de l'esprit combatif, un début de faiblesse.

Sur LCI il y avait quelques invités pour commenter la chose, dont un député qui dit à peu près qu'il était là pour rendre service, qu'il comprenait la difficulté de trouver quelqu'un, comme ça, au débotté, pour meubler la conversation en attendant l'heure de vérité. Et c'était ça, cela sautait aux yeux : nous étions au Café du Commerce où personne ne savait rien, ou tous en étaient réduit à des hypothèses, des supputations ; où chacun se désolait du climat délétère de cette campagne. Pour grignoter quelques minutes d'antenne on fit mine de se demander à qui tout ce capharnaüm pouvait bien profiter, mais comme on le savait déjà on ne s'attarda pas. Du Café du Commerce filmé, beaucoup moins drôle que celui où nous allions auparavant, avec la pub comme pause syndicale pour changer les chroniqueurs, les invités, et nous aller pisser. Du Café du Commerce à domicile, à regarder en pétant à loisir dans son canapé, sans Riton pour passer les cacahuètes, sans Gérard pour dire "c'est la mienne !"

Mais Fillon... Fillon...
Son problème à lui c'est qu'il est trop honnête, que rien ne glisse sur lui. C'est un catho que les accusations, les doutes quant à sa probité blessent, surtout si ces accusations touchent sa famille, ses proches. C'est pour cela qu'il lui a été impossible dès le début, contrairement à un Balkany, de répondre aux accusations du Canard par un bras d'honneur, d'ignorer les piques des journalistes d'un regard moqueur. Les éléments de langage bien rodés en pareille circonstance ne sont pas les siens : On ouvre une enquête ? Et alors ! Laissons faire la justice, je crois en la justice de mon pays ! Je suis convoqué chez le juge ? Foutaises ! Il ne m'a pas encore mis en examen que je sache ! Et quand bien même le serais-je, mis en examen, ne balayez pas trop vite ma présomption d'innocence. Tout ça il ne sait pas faire, c'est pas un maquignon. Et que lui reproche-t-on au juste sinon un népotisme bien tempéré, largement admis dans toutes les professions y compris celle de journaliste, de cinéastes ? Que ces derniers se découvrent des talents de procureur, eux qui vivent de ces pratiques sans jamais en être inquiétés, n'est-ce pas là une autre d'anomalie ? Demandons donc à Edwy Plenel ce qu'il en pense, du népotisme... Népotisme largement partagé par toute notre classe politique par ailleurs. Faisons une enquête fouillée ! Jetons aux chiens tous les profiteurs ! Je ne dis pas que c'est bien. Je ne dis pas que c'est mal. Je dis qu'il en a toujours été ainsi et qu'il en sera toujours ainsi.

Mais une édition spéciale....
Faut-il que les hommes s'ennuient.