mercredi 31 mai 2017

Shit




On est mal barrés, moi j'vous le dit...
La main sur le cœur, comme l'Autre sur l'esplanade du Louvre le soir de sa consécration.

Bayrou like, Marlène Schiappa veut un buzzer et le King une task force...
Vous pouvez vérifier : on en a parlé dans la Newsroom sur CNews, comme dans BFM Story je crois bien aussi (j'peux pas être all over).
Mais tout cela fort heureusement échappe à nos chères têtes blondes qui, par ces temps de chaleurs prématurées, ont d'autres préoccupations : se rafraîchir.
Et pour y parvenir, ça coule de source, elles font du street-pooling .

Comment dit-on "on est dans la merde" en anglais ?

dimanche 28 mai 2017

Compte-rendu de lecture




Et puis soudain, comme fatigué par cette révolution qui semble ne plus savoir où elle veut en venir, la délaissant, Alejo accoste sur une île inhabitée, avec son personnage, Esteban, qu'il suit sur cette plage de sable blanc, accumulation de coquillages concassés, broyés par les millénaires, si fin, si blanc, que le plus minuscule des insectes y imprime les traces de son passage, glisse comme l'eau entre les mains*. Il dresse alors en de superbes pages, d'éblouissants tableaux géologiques et poétiques où l’œil peine à percevoir ce qui est vivant de ce qui est mort. A l'image de cette révolution dont les échos lointains, après le tournant de la terreur, ne permettent pas de distinguer ce qu'il reste des idéaux du début : peut-être que là-bas déjà, à des milliers de kilomètres, on rouvre les églises que l'on brûle encore ici. Cette révolution qui a apporté par delà les mers l'abolition de l'esclavage, aussitôt remplacé par le travail obligatoire ; la liberté pour tous, mais la guillotine pour les paresseux qui souhaiteraient ne plus se rendre aux champs couper la canne à sucre, s'imaginant déjà citoyens de la République ; la culture pour tous mais, à l'Opéra improvisé sur l'estrade de l'échafaud remisé pour l’occasion, un cordon sanitaire séparant les nouveaux riches de la populace. Contradictions, promesses non tenues de cette révolution insaisissable.
Quelques pages plus loin c'est une ode au métissage que l'on reçoit sereinement car elle n'est pas un ordre, une injonction, un catéchisme imposé à réciter la baïonnette dans les reins, mais une allégorie de l'aventure humaine sans cesse renouvelée depuis la nuit des temps, perpétuée dans cette Méditerranée caraïbe où déjà s'échouent sur les rivages du Nouveau Monde, les débris d'amphores de vins importés de la vieille Europe, comme les prémices d'une civilisation renaissante (Bernanos aussi a vu ça).
Plus loin on s'arrête sur une recette de cochons farcis de cailles, de pigeons ramiers, de poules d'eau, que l'on aimerait bien reproduire cet été. Nous manquerait alors quelques feuilles de goyaviers à jeter sur les braises. Pour le parfum.
Merveilleux livre, vraiment.

"Le Siècle des Lumières" correspond exactement au genre de roman que j’affectionne en ceci qu'il est aussi un travail d'historien (comme l'étaient à leur façon Zola et Balzac). Mais c'est le préfacier, Jean Blanzat, qui exprime mieux que je ne saurais le faire le travail d'alchimiste auquel se livre Alejo Carpentier, historien-romancier.
Ne jamais négliger les préfaces.

*Et comme je les connais ces plages...

Distorsion

 distorsion
nom féminin
(latin distortio, -onis)


Action de distendre un muscle, un ligament, de déformer le visage, etc.
Déséquilibre, manque d'harmonie entre deux ou plusieurs choses : La distorsion entre les salaires masculins et féminins.
Électricité
Déformation d'un phénomène périodique au cours de sa transmission.
Électroacoustique
Ensemble des défauts qui, dans la reproduction du son, altèrent un son entre sa source et l'oreille.
Statistique
Effet qui prive un résultat statistique de son caractère représentatif en le faussant systématiquement.


Dans l'exemple présenté ci-dessous les oreilles ont été épargnées.




jeudi 25 mai 2017

La Chapelle





Nous n'avons rien compris : à la Chapelle tout est normal, il n'y a rien à redire. La délinquance y est prospère, mais pour une fois que quelque chose prospère en France pourquoi s'en plaindrait-on ? Et puis dire que la délinquance ne vise que les femmes est exagéré : en fait elle vise tout le monde, dans un esprit très égalitaire, très républicain. D'ailleurs Chantal, fringante quinquagénaire (photo manquante malheureusement) n'a jamais été em... sinon par la misère et la saleté de son quartier.
Comme on le comprend beaucoup de bruit pour rien et il est regrettable de voir, comme trop souvent, certains journalistes au ventre creux, avides de sensationnalisme, faire leurs choux gras de non-événements.

Paris: rassemblement à La Chapelle
Par Le Figaro.fr avec AFP
NOUVEAU
Quelques centaines de personnes se sont rassemblées, jeudi, place de la Chapelle, dans le nord de Paris, pour défendre l'image de ce quartier populaire après la parution d'articles de presse faisant état de harcèlement de rue à l'égard des femmes.
"Il ne s'agit pas de nier, à travers ce rassemblement, les problèmes de sexisme ou de violence qui peuvent exister dans le quartier", a expliqué à l'AFP l'un des organisateurs, Romain Prunier. "Mais, contrairement à ce qui a pu être écrit, les femmes ne souhaitent pas déserter La Chapelle ! On ne veut être ni angélique, ni caricatural."
Une polémique est née en fin de semaine dernière, après qu'un article du Parisien eut fait état de harcèlement de rue à l'endroit des femmes, rapidement soutenu par une pétition.
Le quartier de La Chapelle, dans le XVIIIème arrondissement de la capitale, où la délinquance est réputée prospère, abrite par ailleurs depuis plusieurs années de nombreux migrants de passage.
"C'est vrai, beaucoup de gens stationnent là, ne font rien, parfois vendent de la drogue", constate Rabbani Kham, qui dirige une association d'intégration pour les Bengalis. "Mais dire que les femmes ne peuvent plus circuler, je trouve ça exagéré: s'il y a de la violence, de la délinquance, des vols de portables, par exemple, tout le monde est visé", estime-t-il.
"Beaucoup de nos compatriotes ont été battus par des délinquants", fait-il par ailleurs observer, en regrettant "la saleté du quartier" et "le manque de logements".
Le rassemblement s'est déroulé dans le calme à partir de 18H00, aux cris de "La Chapelle solidarité, pour tous, avec les sans-papiers".
De nombreuses femmes présentes, interrogées par l'AFP, ont fait part de leur "stupéfaction" après les articles parus dans la presse depuis une semaine. "Quelles femmes se plaignent? Ca fait 17 ans que je vis ici, il ne m'est rien arrivé!", affirme Chantal, fringante quinquagénaire, alors qu'Anita se dit "surtout agressée par la misère, mais pas les migrants".
Juliette, la trentaine, rencontrée dans une rue adjacente, tempère: "La situation n'est pas aussi caricaturale que l'article du Parisien, mais c'est vrai qu'on se fait souvent emmerder par des hommes massés autour de la station de métro, qui occupent l'espace public".
Vendredi, la ville de Paris et la préfecture de police avaient reconnu "un sentiment d'insécurité" pour les femmes dans le quartier, affirmant y avoir déployé "un dispositif dédié".

Source.

mardi 23 mai 2017

Le Siècle des Lumières





Depuis le début de ces travaux d'archéologie littéraire, Carpentier est ce qui m'est arrivé de meilleur.


La force des mots.
Ou comment une petite phrase de rien du tout m'a fait sortir de ma torpeur en cette chaude fin d'après-midi et pousser jusqu'à ma librairie acheter "Le Siècle des Lumières" d'Alejo Carpentier. Car enfin : si Didier Goux grand lecteur devant l'éternel peut écrire cela, c'est qu'il doit bien y avoir quelque chose d'exceptionnel chez cet écrivain. Quoi qu'il en soit ça m'a coûté moins cher que son Balzac : 8e80 exactement.
Anecdote amusante : dans la librairie en demandant mon livre, j'ai écorché le prénom de l'auteur. Un client derrière moi m'a repris et a cru bon d'ajouter que si celui-ci me plaisait je devrais absolument lire ensuite "Le Partage des eaux" encore meilleur selon lui. Je l'ai remercié pour son conseil avec une impression persistante que je connaissais l'homme aimable et souriant qui venait de me le prodiguer. Une fois qu'il fut parti j'en fis part à la vendeuse qui rigola :
- ben oui ça n'a rien d'étonnant : c'est notre député-maire ! *

*Monsieur Pascal Cherki.

lundi 22 mai 2017

Les non-dits


Quelle bande d’hypocrites tout de même... Tous ! Même Praud très décevant sur le sujet. La peur du dérapage, encore et toujours... On les sent enfermés dans leur carcan idéologique qui impose de ne rien nommer. Le multiculturalisme ne saurait être remis en cause. Et encore moins l'Islam. La palme revenant à cette espèce de bobo, parfaite tête à claques, qui prétend représenter son quartier.
Il faut à tout prix sauver l'utopie, et tant pis si on crève de l'utopie, tant pis pour les femmes. Et puis comme elle dit l'autre, c'est local n'est-ce pas, pas de quoi en faire un sujet national, dans son 7ème tout va bien. Pauvres types. Vos petites frontières illusoires derrières lesquelles vous vous imaginez protégés ne tarderont pas à sauter elles aussi. Vous vous apercevrez alors que les problèmes de Barbes sont aussi les vôtres, qu'ils vous ont rattrapés.


samedi 20 mai 2017

Les invisibles

L'autre soir, alors que le bon sens et les signaux de mon corps éreinté m'ordonnaient d'aller me coucher, j'ai malgré tout allumé cette fichue télé. J'en faisais rapidement défiler les chaînes, comme pour me conforter dans l'idée que je ne ratais rien, que l'audiovisuel français était bien ce désert si souvent décrié, quand je suis tombé sur ce documentaire. Je le pris en cours, en avais loupé les quinze ou vingt première minutes, mais ma télécommande est alors restée comme en suspension dans ma main avant que je ne la repose puis regarde la totalité du reste. Il y avait là des personnes plutôt âgées, des femmes et des hommes, un fermier, un berger, un ouvrier, venus témoigner, dans une langue fluide et noble (tous vraiment s'expriment dans ce film d'une façon remarquable) de ce sentiment universel qu'on appelle l'amour, de leurs premiers émois. Mais si l'on a coutume de dire que c'était mieux avant, que les années 60 et 70 furent des décennies enchanteresses, de toute évidence ça n'a pas été le cas pour eux. Ou du moins ce fut un peu plus compliqué : ils étaient alors (sont toujours), des lesbiennes, des pédés et cette époque de grande émancipation pour tous restait cruelle pour ces marginaux. A leur manière ils devinrent des combattants, l'époque les y obligeait.
Si vous êtes passés à côté de ce petit bijou, Fredi vous offre une séance de rattrapage.
A 1h38 vous serez sans doute comme moi submergé par l'émotion, par cette vieille dame qui retrouve la gare de sa jeunesse dont les murs ont tout vu, tout entendu, qui se souviennent...  On peut parler à une gare ! Elle entend ! Bien sûr que oui !
Tout ce film signé Sébastien Lifshitz  est rempli de tendresse et de sensibilité. Il dit aussi mort aux cons, aux ayatollahs de tous bords, et vive l'amour.
N'empêche que le lendemain j'étais encore plus crevé que la veille et qu'il me fallut bien aller bosser quand même.






                                                                           Sébastien Lifshitz.

mercredi 17 mai 2017

Rue Meynadier

Du temps pas si lointain où je faisais la quinzaine, je logeais dans une villa sur les hauteurs de Cannes. Une villa éloignée des déambulations bruyantes et démonstratives de la Croisette. Une villa avec un parc immense aux senteurs délicieusement exotiques, au calme à peine troublé par l'arrosage automatique, les cris des enfants jouant dans la piscine. Un rêve de retraité aisé en somme, qui n’espérerait plus rien qu'un rayon de soleil sur ses rhumatismes.
Mais comment résumer Cannes ? Peut-être en deux photos. N'y voyez pas de contradiction : dans les deux exemples choisis ça reste une affaire de fraîcheur.

Photos cliquables.


                                                Le marché Forville (janvier 2008).


                                           Le marché de la Croisette (mai 2007).

Et puis le soir, évitant les alentours encombrés du Palais, passant plus loin devant chez "Brun" (meilleure table pour les fruits de mer à Cannes), je remontais la rue Meynadier, cherchant, comme beaucoup de belles dames et de jeunes hommes bien mis, robes du soir, smoking et noeud papillon, mais pas un fifrelin dans la doublure du costume de location, la bonne formule, le menu "tout compris". De costume personnellement je n'avais pas besoin, c'était ma grande liberté.
Rue Meynadier chacun vient comme il est, s'assoit au petit bonheur la chance, un soir à côté d'une productrice sud-américaine gay venue avec ses protégées présenter un film pour la cause, le lendemain à la table d'un couple de restaurateurs Portugais enrichi dans la brandade de morue en banlieue parisienne qui s'offre un moment inoubliable, ou bien encore c'est cette jeune équipe allemande à la recherche du Graal avec un film hors compétition dans la catégorie "un certain regard" à laquelle il vous faut faire un peu de place. L'important dans la multitude nocturne étant de la trouver sa place, se restaurer enfin.
C'est sur une table de cette rue du vieux Cannes qu'un soir j'ai gribouillé, après avoir recommandé un blanc de Provence, ce billet qui traîne dans mes archives, mes impressions cannoises :

Ils sortaient du Palais. Deux jeunes hommes, deux jeunes femmes, robes de soirée, smoking et nœud-pap de location. Le film qu'ils venaient de voir avait pour titre "Mare Nostrum" ou quelque chose comme ça. Une histoire de migrants rejetés par la mer sur les côtes inhospitalières de la Sicile, aux portes de cette Europe-forteresse dont les dirigeants, se livrant à de navrants calculs, de honteux comptes d’apothicaires, s'interrogeaient sur la répartition du "fardeau". Un film bouleversant promis à de nombreuses variantes.
- Je suis bouleversée, fit l'une des jeunes femmes en s'asseyant sur une chaise en imitation rotin à la table d'un restaurant, qui se trouvait coincé entre un kebab et une crêperie, dont le menu proposait "moules farcies, daube provencale, 17euros ttc".
Un orchestre (ils étaient trois) de roumains nonchalants descendait la rue, jouant, fort bien d'ailleurs, sur leurs violons, leurs accordéons, les notes traînantes, dégoulinantes, sirupeuses du Parrain.
- nous sommes des salauds !
Elle était au bord des larmes, encore choquée de ce qu'elle venait de voir. Son voisin un rien profiteur lui caressait l'épaule qu'elle avait très dénudée. Les roumains déjà, sur un signal connu d'eux seuls, repartaient vers d'autres tables, vers le Suquet, sans une pièce, sans un regard.
- et nous en France ! Avec un gouvernement socialiste en plus ! Que faisons-nous devant tant d'injustice ?
Un Africain de 2m60 (il portait sur sa tête un empilement de chapeaux de paille, le festival cette année étant bizarrement très ensoleillé) arrivait à leur hauteur. Sur son avant-bras, en présentoir, il y avait une centaine de lunettes de soleil aux designs variés et, surtout, le dernier né de la technologie chinoise : une perche télescopique permettant de faire des selfies mais "de plus loin". Dans l'indifférence générale il se livra à une petite démonstration, peu convaincante il est vrai, puis d'un pas fatigué repris son chemin en s'interrogeant sur l'offre et la demande en côte d'Azur au mois de mai. Les blancs décidément étaient incroyablement compliqués.
Enfin le serveur vint à eux. Pensant bien faire la belle bouleversée écarta un peu sa chaise.
- ah non Madame ! Désolé mais vous ne pouvez pas faire ça !Tables et chaises doivent impérativement respecter cette limite.
Il désignait le caniveau central de cette rue étroite. A deux mains elle prit sa chaise et revint d'un mouvement brusque, qui fit joliment danser ses seins, dans les limites autorisées par la municipalité. Le serveur déposa alors devant eux quatre cartes plastifiées en précisant :
- nous n'avons plus de daube provençale.
Un roumain débonnaire sorti de nulle part, souriant, ventripotent, portant en bandoulière une sorte de clavecin sur lequel il jouait, fort bien d'ailleurs, les notes traînantes, dégoulinantes, sirupeuses du Parrain s'approchait d'eux. Elle posa les coudes sur la table, pris sa tête entre ses mains, éclata en sanglots.


mardi 16 mai 2017

Le président Paris Match





La France est bien le rocher de l'Europe, son Monaco, qui sacre régulièrement des rois sans couronne. Cérémonie à chaque fois retransmise en mondiovision, c'est bien le moins. Elizabeth est jalouse. De l'aube au coucher on commente l'avènement. Les journalistes accrédités s’interrogent sur le choix et le prix de la robe de Brigitte, sa longueur, sa couleur. Elle ne porte pas le chapeau mais elle est la reine. Clic-clac ! Lui descend les Champs en Command Car, à chacun son carrosse. Clic-Clac ! Demain dans Paris Match, Gala, les plus belles vues. Léon Zitrone tape du pied dans son caveau, il aurait tant aimé en être. Mais c'est à ce blanc-bec de Stéphane Bern, notre troubadour, qu'il revient d'écrire et de chanter l’histoire de Brigitte et Emmanuel, l'histoire de la France éternelle.
Dans le Cantal...
C'est où le Cantal ?

mardi 9 mai 2017

L'ode à la joie perdue




Il a choisi l'Ode à la joie, cette naïve chanson.
Cette chanson qu'on chante aux enfants traumatisés d'Europe.
Un chant funèbre, un chant d'euthanasie,
l'Ode à la joie perdue, l'hymne des vaincus.
Mais qui veut croire encore à ces paroles :


Joie discrète, humble et fidèle
Qui murmure dans les eaux
Dans le froissement des ailes
Et les hymnes des oiseaux.
Joie qui vibre dans les feuilles
Dans les prés et les moissons
Nos âmes blanches t'accueillent
Par de naïves chansons.

Tous les hommes de la terre
Veulent se donner la main
Vivre et s'entraider en frères
Pour un plus beau lendemain,
Plus de haine, plus de frontière,
Plus de charniers sur nos chemins
Nous voulons d'une âme fière
Nous forger un grand destin

Que les peuples se rassemblent
Dans une éternelle foi
Que les hommes se rassemblent
Dans l'égalité des droits.
Nous pourrons tous vivre ensemble
La charité nous unira
Que pas un de nous ne tremble
La fraternité viendra.

Joie immense, joie profonde,
Ombre vivante de Dieu
Abats-toi sur notre monde
Comme un aigle vient des cieux.
Enserre dans ton étreinte
La tremblante humanité
Que s'évapore la crainte
Que naisse la liberté

Joie énorme, joie terrible
Du sacrifice total
Toi qui domptes l'impossible,
Et maîtrises le fatal ;
Joie sauvage, âpre et farouche,
Cavalière de la mort,
Nous soufflons à pleine bouche
Dans l'ivoire de ton cor.

Joie qui monte et déborde,
Tu veux nos coeurs ? les voilà.
Et nos âmes sont les cordes,
Où ton archet passera
Que ton rythme nous emporte
Aux splendeurs de l'Eternel
Comme un vol de feuilles mortes,
Que l'orage entraîne au ciel.

lundi 8 mai 2017

Le socialisme est un phénix




Au-delà du tropique du Cancer on a cessé de croire en Dieu. Depuis Victor Hugo et George Sand on croit plutôt au surnaturel. On dialogue avec les morts, on convoque les esprits, on fait tourner les tables. C'est ce qu'a fait hier soir Macron au Louvre : sur fond de pyramide, symbole maçonnique s'il en est, il a réveillé le socialisme agonisant. Dans un discours d'outre-tombe, il a ranimé la flamme mitterrandienne. Avec succès apparemment. Les jeunes cons du Louvre d'hier soir sont les mêmes papillons aveuglés de la Bastille de mai 81. Ils deviendront vieux cons. Muray aurait apprécié la cérémonie du Louvre, écrit de belles lignes dessus, trouvé les filiations, les bonnes perspectives.
Le socialisme ne meurt jamais, le socialisme est un phénix comme les prochains jours nous le démontreront. Macron a, pour lui donner un électrochoc salvateur, l'énergie de sa jeunesse, la fougue de son sang neuf.
Il fait un beau sacrifié.



dimanche 7 mai 2017

Perdre




Qu'elle perde ce soir personne n'en avait jamais douté. Mais elle avait la possibilité de perdre avec panache, humilité, de prendre date pour de prochains rendez-vous.
Elle a choisi de perdre lamentablement.
Il aura suffit pour cela de deux petites heures, deux interminables heures durant lesquelles elle a offert à nos yeux incrédules le visage d'une hystérique, celui d'une poissonnière qui aurait abusé du Kir royal. Nous étions conviés à un débat de second tour, elle est monté sur un ring de catch. S'imaginait-elle que ses millions d'électeurs attendaient d'elle un spectacle de foire ? Mépris ! Fumisterie !
Elle a sans doute ce soir-là entamé le déclin d'un parti qui portait une autre voix, sabordé l'espérance d'une alternative. Tout ça pour ça...
Il reste une possibilité : que très vite les cadres du FN se réunissent en conclave, en séminaire, en congrès, que sais-je encore, et qu'ils se trouvent dare-dare un nouveau chef. Le nom de Le Pen devient une malédiction. Finalement je verrais très bien dans ce rôle NDA. Après tout n'a-t-il pas avec ses maigres légions et sous l’opprobre générale franchi le Rubicon, mis en accord ses idées et ses actes ? Son petit parti "Debout la France" pourrait être rebaptiser "Debout le Front !" (le point d'exclamation est à la mode), chacun y trouverait son compte et il ferait une belle OPA.
Et puis il présente bien, lui, sait poser ses arguments sans aboyer.

Mille Regretz






Mille regrets de vous abandonner
et d’être éloigné de votre visage amoureux.
J’ai si grand deuil et peine douloureuse
qu’on me verra vite mes jours terminer



Finalement :



Vous noterez qu'ils sont un peu en retard dans mon bureau de vote...
Moi vous me connaissez : j'suis un bon citoyen.
Comme mon bureau de vote se trouve de l'autre côté de ma rue, je suis allé signaler l'anomalie aux assesseurs. La dame m'a répondu :
- oui je sais, j'ai un problème de tampon.
Je n'ai pas souhaité vérifier.

jeudi 4 mai 2017

Mauvaise




Oui, mauvaise elle l'a été, comme l'a été l'ensemble du débat d'ailleurs. Mais elle...
Je ne me fatiguerai pas à énumérer les raisons qui me font dire qu'elle a été mauvaise, ce serait trop long, et puis chacun les connait. Je retiendrai cette agressivité inutile, ce bégaiement fatigant, cette main constamment passée dans les cheveux, ce ricanement et cette désinvolture déplacés, l'imprécision de ses explications, l'impréparation visible. Elle aurait voulu se suicider en direct qu'elle ne s'y serait pas prise autrement.
Reste que moi qui n'ai que très rarement l’occasion d'être un électeur du second tour, cette mascarade assez répugnante me donne l'envie d'aller grossir le rang des pêcheurs à la ligne.
La farce s'écrira sans doute sans moi.

Rajout :
Un qui doit se mordre les doigts de s'être rallié à elle c'est NDA...